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Question : J’aimerais savoir quelle est votre position éthique sur le sujet. Il me semble que vous prônez assez bien la position ecclésiastique... c’est à dire que vous épousez totalement cette position traitant d’hérésie le catharisme, les manichéens, etc.
Réponse : Nous n’avons pas de position éthique sur le sujet, ou bien notre position éthique est celle des simples historiens. Nous ne cherchons nullement à prouver que les Manichéens sont des hérétiques, mais si notre texte le laisse paraître, c’est plus exactement parce que nous nous sommes basés sur les comptes rendus ecclésiastiques du moyen-âge. Ce sont les seules sources d’informations de cette lointaine époque, et il faut bien admettre que ces Manichéens ne sont pas des Chrétiens comme les autres. D’ailleurs ils ne sont pas Chrétiens du tout, puisque leur origine remonte au moins à -3000 avant J.C… Il s’agit de la religion des Mages Chaldéens, dont Manès ne cachait d’ailleurs pas sa filiation, ni son origine. C’est une religion à part entière, beaucoup plus ancienne que le Christianisme, et qui est totalement différente. Or la religion des Mages Chaldéens s’est muée en Christianisme Gnostique, ou Christianisme Cathare, ce que l’on nommera Manichéisme, en réaction à un contexte peu favorable et de crise : Celui de l’Empire Romain, et du Christianisme naissant. Il aurait été impossible de maintenir une tradition Chaldéenne face à l’Empire, et à l’émergence d’une autre religion bénéficiant d’un appui étatique sans se muer en une religion para christique. Cela aurait abouti à un choc frontal, et à des mesures de répressions considérables. Ce qui signifie que la Manichéisme n’est pas une hérésie, car il n’est pas « participant » de la religion Chrétienne. C’est une autre religion simplement, au même titre que l’Islam, qui est considéré par les Rabbis Orthodoxes comme une hérésie, alors qu’elle reste simplement une autre religion, et non une déviation. Ce qui d’autre part donne une bonne idée de ce qui s’est produit au Moyen-Âge : les ecclésiastiques ont considéré que le Manichéisme était une hérésie, car ils ont été surpris de l’intensité de la différence de principes entre le Christianisme Romain, et cette religion. Certains supposaient une déviation de type hérésiarque, alors que d’autres pensaient simplement que cette religion avait des apparences de Christianisme, mais avait une origine différente de lui, plus ancienne, et plus orientale…
Question : Nombreux sont vos écrits et en synthèse vous n’apportez pas vraiment de “pierre” a l’édifice, et ceci est sans méchancetés aucune... personne ne fait de grief sur les recherches entreprises, mais sur la position éthique que vous y dégagez. Grande érudition, Grande connaissance des faits nom et lieux au niveaux historiques... mais peu d’évolution au niveaux même du sujet...
Réponse
: L’avancée est à notre sens spectaculaire : Avant d’apporter
les preuves et de supposer sur le pourquoi d’une telle concentration
d’argent vers Saunière, il était indispensable de planifier,
et d’éclaircir le terrain. C’est-à-dire qu’il
fallait impérativement donner et le contexte historique réel
de l’abbé Saunière, et ses liens avec une organisation
Manichéenne d’importance nationale, et plus…. On ne peut
travailler sérieusement sans une approche proprement historique de
l’affaire. Pendant plus de 50 ans on a cherché tout et n’importe
quoi, à cause justement de la mauvaise connaissance du terrain dans
lequel on s’aventurait ! Aucune solution n’est envisageable
sans une étude sérieuse de l’idéologie de Saunière,
de ses relations, du contexte dans lequel il se place, de sa famille, de
ses amis, et du clergé local ! Comment comprendre les mouvements
d’argents en provenance du nord, la raison de l’aménagement
étrange de son église, l’afflux considérable
de fonds pour la construction de sa villa, sans savoir au préalable
qui le finançait, et quels liens de confraternités pouvaient
donner une telle importance à cet abbé totalement inconnu
à son époque ? Il fallait aussi savoir pourquoi le Vatican
ne pouvait plus supporter ces mouvements d’argent, et pourquoi un
soupçon d’hérésie planait sur l’ensemble
de cette affaire (dans le procès du Vatican justement !). Nous estimons
avoir apporté la pierre d’angle du raisonnement de cette affaire,
car nous donnons par notre analyse la position géographique exacte
des mouvements d’argent, et le point commun de tous les donateurs,
et du groupe à l’échelle nationale qui finance l’abbé.
Jamais ce travail n’avait été fait, et il nous semblait
indispensable de fournir une étude sérieuse à ce sujet.
Maintenant on pourra toujours dire qu’il s’agit d’un détournement
d’informations, mais cela restera difficile à prouver, car
les éléments sont là, et tout le raisonnement est immédiatement
vérifiable. En réalité, c’est la vérité
vraie, sans jugement, sans concessions, sans but financier d’aucune
sorte. Juste un travail d’historien sérieux qui ne cherche
pas à trouver un trésor sans preuve, ou un prieuré
de Sion sans existence réelle ! D’autre part, l’abbé
a été resitué dans son contexte, à l’exclusion
des inventions postérieures. Or son contexte est celui d’une
région à forte imprégnation Cathare est personne ne
peut le nier, d’autant qu’en ce XIX siècle ce passé,
cette histoire trouvait une certaine renaissance…
Question : L’apport des symboles Tau babyloniens
de Baal etc. les différents signes sont exposés sans en donner
une quelconque définitions de la représentation....
Réponse : Ce n’est pas de notre ressort de juger de la signification de ces symboles. Nous constatons simplement qu’ils viennent de Perse, et de la religion Chaldéenne, et que tous les Pères de l’Eglise se recoupent en affirmant que Manès tenait sa doctrine des Mages Chaldéens… Nous ne voulions pas apporter un jugement ou faire le procès de cette religion en particulier, mais seulement retracer la migration et des Manichéens en France, et des symboles associés à cette doctrine. Laissons aux Manichéens, aux Cathares et aux Templiers le soin d’apporter une interprétation satisfaisante de ces symboles. Car après tout, ils sont sans doute beaucoup plus qualifiés pour cette tache que nous ?
Question : Les cathares a 1898 oui pourquoi pas, mais l’histoire montre bien une “évolution”. Remonter en dans les année 700 pour expliquer un fait en 1900 n’est pas trop ce perdre dans les méandres de l’histoire elle même?
Réponse : Sans doute effectivement, mais il nous a semblé que ce n’était pas le cas, car au Moyen-Âge, ou à la fin de l’Empire Romain, il est évident que tout ces groupes de Manichéens étaient parfaitement coordonnés et suivaient une même doctrine. Ne serait ce que parce qu’ils avaient une origine commune et un même maître : Manès. Or un certain nombre de siècles plus tard, en 1823, et 1898, tout les mouvements qui sont nés de ce groupe, le Carmel, la confrérie de la Sanch, les carmels de Vannes, de Bayeux, de Caen, de St Omer, les hôpitaux religieux du Nord et les monastères et autres, de Bruxelles, de Lille, de Cambrai, de Tourcoing, etc. sont toujours capable avec une grande rapidité de réaction, de se concerter, de dialoguer entre eux, et de réunir des fonds dans un mouvement synchronisé vers l’abbé Saunière. C’est en soi une preuve irréfutable d’une continuité, d’une survivance de liens quant à leur origine, idéologie, filiation. Tous ces mouvements sont capables de réagir en simultané pour une cause commune. Donc il n’y a pas eu « évolution réelle », ou séparation, ou oubli des divers groupes quant à leur origine, et appartenance au Manichéisme. Si non ils seraient dans l’incapacité de se concerter, ou d’entreprendre une politique financière commune sans passer par une voie publique, et médiatisée…
Question
: L’apport des églises du nord avec celle des églises
du SUD une simple envie touristique???
Refaire revivre la région... en ces fins d’impérialisme
et en ces début de réouverture a la religion.... pourquoi
pas, non
Réponse
: Cela nous semble improbable, car la voie privilégiée pour
une telle entreprise aurait été une médiatisation de
la stratégie, et n’aurait pas nécessité une dissimulation,
ou un procès de Vatican pour détournements de fonds…
Question : Ce que l’abbé Saunière aurait trouvé,
une fiole.... avec dedans des parchemins.... ? Sont-ils au Vatican... ?
Réponse : Il est possible que ce que vous cherchiez soit plutôt à la commission d’étude Bibliques… Dans tous les cas, Saunière a bien découvert quelque chose, et ce quelque chose fut sans aucun doute à l’origine de son entré dans le groupe de Manichéens de la Sanch…
Question : Denardaud etc. versaient des sommes importantes... qu’était il donné en échange, une terre dans le cimetière... ce qui coûtait peut être tout autant... comme un caveau ?
Réponse : Un caveau ne pouvait pas représenter des sommes aussi considérables. Et rien n’obligeait la famille de Marie Denarnaud à entretenir des relations financières avec l’abbé. D’autant que les religieuses du Nord, ou de Normandie ne connaissaient pas l’abbé, et ne voulaient sans doute pas obtenir aussi un caveau dans le cimetière de Rennes le Château. Il y aurait eu une crise du logement !
Question : Comment avez-vous été mis sur la piste de la confrérie de la Sanch? Comptez-vous prolonger ce travail assez copieux? Encore bravo car cette piste est nouvelle.
Réponse
: Pour être juste ce ne fut pas évident... Sur la base des
carnets de Saunière nous nous sommes interrogés sur la signification
et la provenance des dons dont bénéficiait l’abbé…
Tout le financement provenait d’hôpitaux religieux, de monastère,
de religieuses, de prêtres soit de la région proche de Saunière,
soit de Normandie, ou du Nord Mais déjà à ce niveau
il y avait un point commun entre les intervenants : Ils se cachaient de
l’Eglise Romaine pour financer Saunière. Au demeurant il y
avait donc dans l’affaire trois pôles de financement : région
proche de Rennes, la Normandie, et le Nord. La seconde question qui se posait
à notre esprit, était donc de savoir quel était le
lien entre ces religieux qui se cachaient pour donner de l’argent
à l’abbé de Rennes. Etant donné qu’il s’agissait
de prêtres, etc., nous nous sommes intéressés aux déplacements
des courants religieux. Et comme ces courants sont généralement
assez anciens, il nous fallait savoir de quelle façon on pouvait
connaître le déplacement des ordres ecclésiastiques
soit au Moyen-âge, soit à la Renaissance. Nous avons donc entré
dans un ordinateur les anciennes voies Romaines en France qui ont servi
pendant tout le Moyen-Âge aux déplacements de populations,
et au parcours de ceux que l’on nommait Cathares, Manichéens,
et autres Gnostiques ...Il faut dire que nous avions déjà
de fort soupçons à cause de l’implantation de Manichéens
à Rennes les Bains ! Et nous avons alors observé que ces voies
Romaines partaient directement d’Arles sur Tech (la voie Domitia)
et continuaient leur chemin vers la Normandie, passaient par Chartres, Bayeux,
Caen, et d’autre part Gisors, Rouen. Vers Orléans, les voies
se dirigeaient plus précisément vers Lille, Tourcoing, etc.
Bref les localités dont Bérenger recevaient de l’argent.
Il suffisait enfin de repérer la confrérie ou l’ordre
qui avait donné tous les autres structures religieuses du nord, et
de Normandie ! Les statistiques nous ont montré qu’il s’agissait
de La Sanch pour la Normandie, et il ne restait plus qu’à savoir
si Saunière ou son évêque entretenaient des liens avec
cette archiconfrérie ! Cela pour comprendre le contexte de Rennes
le Château, et l’appartenance de Saunière à un
groupe occulte. Nous avons aussi éliminé tout ce qu’on
disait sur Saunière pour avoir une vision simple de cette affaire.
Et nous avons regardé simplement ce qui se passait: Dans la région
proche de l’abbé, un seul courant de migration (celui de la
Sanch) s’était ensuite réparti dans le nord de la France,
et dans les zones et localités où Béranger puisait
son argent... Notre raisonnement était simple: il fallait que nous
nous basions sur des statistiques, c’est à dire une fréquence
d’éléments qui revenaient à intervalles réguliers
dans l’affaire. Par exemple les thermes, ceux d’Alet, de Rennes,
etc… ou La Sanch... ou les dons de la région du nord de la
France.
Ce qu’il est difficile de comprendre tient la dedans: pourquoi l’information
sur le monastère de Prouilhe n’a jamais été prise
en compte par d’autres? Car en 1899 c’est un tournant pour Saunière
car son argent vient à ce moment du nord de la France alors qu’avant
non...Or 1899 est la date de l’intervention de Léon XIII au
monastère de Prouilhe avec Billard!!! (Monastère fondé
par les dominicains de La Sanch) Léon XIII demande d’accélérer
les travaux et de centraliser les dons....avant pas. Donc Saunière
est bien lié à La Sanch et aux Dominicains! Curieusement,
en fait, toutes les infos qui existent dans des sites qui n’ont pas
de rapport avec Rennes-le-Château ne sont pas prises en compte comme Prouilhe,
alors que leur valeur est inestimable!
Question
: Je pense que les quelques points de détails critiqués montrent
tout le reste, c’est-à-dire toute la qualité de votre
travail. Vous terminez votre texte par la compagnie du Saint-Sacrement.
Pouvez-vous nous en apprendre plus sur ces liens avec l’affaire de
Rennes-le-Château? Nous sommes tout à fait dans une question
de géopolitique...
Réponse : Oui effectivement nous sommes dans une question de géopolitique ! Notamment parce que cette recherche sur Rennes le Château nous emmène très loin : par là on constate que des mouvements religieux d’une extrême ancienneté, de tendance visiblement Manichéenne, ont évolué, et se sont implanté dans l’Eglise Romaine, sans que celle-ci s’en aperçoive. En ce XIX siècle ces Manichéens existaient donc toujours, sous une forme ou sous une autre ! Et justement à propos de la compagnie du Saint Sacrement il nous est permis de constater qu’au moment de la découverte de Canada, ou plus exactement de l’arrivée des colons au Québec, cette organisation a joué un rôle déterminant dans la création de certaines villes, comme Montréal. On peut se poser cette question : Puisque La Sanch a été capable de générer autant de groupes religieux et que ceux-ci ont colonisé même le Québec, quel est le poids politique d’une telle organisation, que cela soit à la Renaissance, ou au XIX siècle ! Mais il ne faut pas oublier que la compagnie du St Sacrement n’est qu’un maillon de la chaîne, rien d’autre. C’est l’ensemble qui est intéressant d’analyser. Donc on peut dire une chose par rapport aux relations Rennes-le-Château/compagnie du St-Sacrement : ce n’est pas l’essentiel de l’affaire de Saunière. Cette institution n’est qu’un maillon de la chaîne de financement de l’abbé. Par contre ce maillon possède des ramifications un peu partout, et on peut dire qu’il a un poids certain en matière de Géopolitique.
Question
: Je continue la lecture de votre écrit d’Arles sur Tech de
Saunière et de ses collègues curés. Une plainte en
date 12 mars 1896 auprès du Préfet de l’Aude pour dégradation
dans le cimetière a été signée par Sarda.
Vous écrivez que ces deux curés étaient amis au sein
de la même congrégation, je vois mal deux relations se liant
par des plaintes …
Réponse
: “Une plainte en date 12 mars 1896 auprès du Préfet
de l’Aude pour dégradation dans le cimetière a été
signée par Sarda.” C’est une excellente question, et
qui n’est d’ailleurs pas en contradiction avec le texte sur
les relations de Bérenger et de la confrérie de La Sanch ou
de Sarda puisque les carnets sont formels (à partir de 1897, Saunière
est un ami de Sarda à partir de cette date !). On peut même
dire que cette question soulève deux autres questions : Saunière
était il Manichéen au départ, ou était il simplement
sous l’influence de sa servante (qui semble elle à l’origine
Manichéenne) et qu’a-t-il trouvé dans son cimetière
? Non seulement Sarda avait donc l’air, à l’époque,
en 1896, de se poser des questions sérieuses sur l’attitude
de Saunière, mais il va même jusqu’à déposer
une plainte contre lui pour dégradations de cimetière comme
s’il craignait que quelque chose soit découvert ! Qu’est
ce à dire ? Saunière ne devait pas être membre de La
Sanch avant 1896, car il n’y a pas avant de coordination entre lui
et Sarda. Ce qui n’exclu pas qu’il sache que La Sanch existe,
ou que sa servante l’initie, mais il est fort probable qu’il
ne connaissait pas les membres « influent », ceux qui détenaient
la tradition Chaldéenne, ou Manichéenne. Disons pour faire
simple que l’abbé n’était pas encore du nombre
des initiés… D’où le fait que nous pensons que
Saunière n’était pas à l’origine manichéen.
C’était un abbé de campagne plutôt royaliste,
et sans déviance particulière. Son comportement aurait sans
doute changé au contacte de sa servante. Mais justement l’apparition
de Sarda comme ami de BS ne se voit dans les carnets que vers 1897...il
devient présent à ce moment, voir même assez présent...car
Sarda devient l’un des principaux pourvoyeurs de fonds de Saunière.
Et il verse des sommes assez importantes avec une grande régularité.
Donc que s’est il passé entre 1896 et 1897 ou 1898 ? La plainte
porte justement sur une dégradation dans le cimetière…
Que faisait l’abbé au milieu des tombes, et surtout qu’a-t-il
trouvé ? Car il semble que sa découverte, crainte dans un
premier temps par Sarda, l’ai au contraire fait rentrer en contact
avec les supérieurs de La Sanch, et Sarda. D’où la future
amitié !
A notre sens, mais nous n’avons pas de preuve de cela, Saunière
a du trouver quelque chose soit dans l’église, soit dans le
cimetière...Sa démarche aurait pu être initiée
par sa servante Marie Denarnaud qui elle, était de la région,
et qui a des liens avec Arles-sur-Tech et La Sanch (Le petit Abdon élevé
par l’abbé -dans le texte-). Sarda connaissait cette chose
du cimetière, il s’est inquiété, et a déposé
plainte... Et il est possible qu’il soit entré en contact avec
Saunière à ce moment, et donc l’abbé aurait connu
le groupe grâce à cette découverte. Il semble aussi
que BS, qui était au départ un prêtre normal, ai changé
d’idéologie au contact de ce groupe, de cette société.
Donc beaucoup de question aussi, car nos documents (les carnets d’Octonovo)
font état de la situation seulement à partir de 1897.... Mais
avant quid?