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Histoire
de TOTO
Deux
excellents articles, de notre confrère M. Ben Jacob, ont attiré
notre attention sur les implications possibles de l’Abbé Saunière
dans d’obscures affaires de rites funéraires d’origine
manichéenne et sur l’omniprésence d’une croix
particulière nommée Tau. L’usage qu’en faisait
M. Ben Jacob était à mon avis légèrement outré
puisqu’il assimilait le Tau à l’Ankh (ou croix égyptienne)
ce qui mériterait d’autres développements littéraires.
Entre parenthèses, qu’elle n’a pas été
ma surprise lorsque j’ai vu, en visitant la basilique de Vézelay,
un prêtre prêt à célébrer l’office
et qui arborait sur la poitrine la croix ansée des adorateurs d’Isis
; il me fit un grand sourire avant de disparaître !
Les lecteurs de M. Douzet auront compris que deux thèmes sont, entre
autres, récurrents dans les résultats de ses recherches :
l’Egypte et les miroirs. Or, qu’elle est l’image en miroir
de la syllabe TAU ? C’est AUT… En accolant ces deux syllabes,
on obtient TAU-AUT, soit TO-OT, autrement dit, le dieu égyptien Toth
! Dieu qui a soit l’aspect d’un ibis, soit celui d’un
babouin, un singe à tête de chien, ce qui donne, en termes
choisis, un « papion cynocéphale ». Ce papion est le
compagnon de route du Docteur Faustroll dans le très rabelaisien
récit d’Alfred Jarry : « Gestes et opinions du Docteur
Faustroll, pataphysicien ». Cet animal de roman ne pousse qu’un
seul cri que les lecteurs de cette revue apprécieront : « Ha-ha
». Cela peut évoquer l’AA, société secrète
à propos de laquelle M. Douzet a si bien glosé, « L’Amour
Absolu » roman du même Jarry, ou bien les « Arcana Arcanorum
» de la Franc-maçonnerie dite égyptienne, travail très
secret qui permet ce que l’ésotériste anglais Aleister
Crowley nommait le « passage de l’abîme ». Ce ‘passage’
s’avère être une haute expérience psychique dont
les effets sont analogues à ceux produits par l’absorption
de LSD: explosion de l’illusoire unité personnelle et collusion
avec le grand tout. Dans la géographie corporelle, cette expérience
est produite par le passage de l’Energie dans le chacra de la gorge
nommé Visuddha en sanskrit.
En
ce qui concerne la gorge, si j’ai des lecteurs peu attentifs, qu’ils
se reportent à la fin de l’ « Introduction » ci-dessus.
Pour utiliser des symboles plus familiers aux chrétiens, la montée
de cette énergie serpentine et ses effets - ci-dessus sommairement
décrits - sur la conscience ne peuvent être mieux schématisés
- un petit dessin valant mieux qu’un long discours - que par le serpent
d’airain dressé par Moïse dans le désert.
Et ce, sur un tau justement. J’ai utilisé plusieurs fois l’idée
de « miroir » - ne nous gênons pas - et, de même
que TAU a donné UAT, l’ombre projetée sur le sol d’un
tau donnera une barre horizontale surmontée d’une verticale,
un pal en quelque sorte. Le pal qui était justement la torture préférée
du Père UBU (autre palindrome) d’Alfred Jarry. Et également
celle de Vlad Tepes dit ‘l’empaleur’, alias Dracula. Ce
Tau inversé ressemble à s’y méprendre au marteau
du dieu nordique Thor, que portaient et portent encore en pendentif les
païens ou néo-païens qui se réclament de la lumière
du Nord. Autre marteau également, celui de Charles Martel qui a installé
sur le trône de France une dynastie qui n’est que l’ombre
portée au sol, dans le bas monde matériel, d’une dynastie
occulte, mérovingienne, symbolisée par le roi caché
Arsène Lupin.
N’opposons pas le Tau et le Pal, ce serait aussi banal qu’un
paletot. De même qu’un corps sans ombre est soit un vampire,
soit pour une femme le signe de la stérilité (voir «
La femme sans ombre » opéra de Richard Strauss), l’un
ne peut aller vraiment sans l’autre. De plus, réunis, le Tau
au-dessus et le Pal en dessous, on obtient la lettre I majuscule, c’est-à-dire
la troisième colonne du Temple, la centrale, la colonne vertébrale,
l’axe. Axe autour duquel s’enroule le S majuscule du Serpent
de l’Energie, en sanskrit Kundalini. Or, qui dit S majuscule et I
majuscule n’est pas très loin du « Supérieur Inconnu
», grade suprême du Martinisme que portèrent, entre autres,
René Guénon ou Emma Calvé. Doublé, ce S I, (sur
lequel a insisté récemment sur ce site, notre très
cher frère 000) donnera ISIS l’égyptienne.
Ou 1515, date impossible à oublier que les instituteurs enseignaient
naguère à leurs élèves: « -Marignan ?
-1515 ». Or, que faut-il comprendre derrière l’apparence
platement pédagogique ? MARIGNAN = MARIE + GNAN = MARIE + ANG + N
soit: Marie, la Notre-Dame des Templiers, ANG = Ange, est-il besoin d’en
rajouter, non ? Et, enfin, N qu’il convient de renverser comme sur
les tableaux de Signol (ou ailleurs…) ; or, l’N inversé
c’est la haine renversée c’est à dire l’Amour,
AMOR que les troubadours opposaient à ROMA.
Le Tau est aussi une béquille, la béquille chère à
Salvador Dali qui est l’auteur d’une « Tentation de Saint
Antoine » qui représente le saint en butte à ses visions
diaboliques, avec, entre autres, un éléphant porté
par d’immenses pattes grêles et chargé d’un obélisque
comme dans les illustrations du « Songe de Polyphile ». Dali
a usé et abusé des béquilles. Il est l’auteur
de l’article « béquille » dans le « dictionnaire
abrégé du Surréalisme » d’André
Breton et Paul Eluard.
En
revenant du côté de Carcassonne, on se souvient également
que Jules Doinel, fondateur de l’ « Eglise gnostique »,
utilisait le Tau en guise de crosse d’évêque gnostique,
évêque dont le nom était précédé
de « tau » ; par exemple, René Guénon,
encore lui, était « Tau Palingénius »…
Très important pour les gens coptes, ce Tau ! Un reportage de la
cinquième chaîne nous a montré, il y a peu, un reportage
sur la religion copte en Egypte : la crosse de leurs évêques
est un tau ; de plus, ils prétendent, comme tant d’autres,
détenir le Graal. Ce Graal est gardé jour et nuit par un moine
solitaire dont c’est la seule fonction et qui n’a aucun contact
avec l’extérieur. L’Egypte est proche du Désert,
où dans les premiers siècles de l’ère chrétienne,
les fameux « Pères de l’Eglise » méditaient
et professaient un christianisme primitif. Ce dernier - peut-on le dire
?...- serait l’ « Authentique » comme celui de Saint Antoine,
ce saint au cochon bien connu des visiteurs de l’église de
Rennes le Château et qui est à l’origine de l’Ordre
des Antonins. Le perspicace, mais peu bavard, M. Tarade, dans son bouquin
« Les chapelles alchimiques du sud-est », nous rappelle que
le « grand secret des Antonins » (éditions cheminements),
donc le Tau était un symbole particulièrement prisé
par un protecteur de l’Ordre : l’empereur d’Autriche Maximilien
Ier. Celui-ci le vénérait au point de le faire figurer sur
la monnaie sous la forme du Thaler dont la corruption a donné «
dollar ». M. Tarade n’est pas allé plus loin et n’a
pas comparé les symboles de ces deux monnaies le T et le $ avec un
S que mon clavier ne barre malheureusement pas deux fois comme il se doit.
Or, il faut savoir que ce S barré deux fois représente les
« colonnes d’Hercule ». Cette appellation est celle de
l’ancien nom du détroit de Gibraltar où se dressaient
jadis deux colonnes reliées par un phylactère (ou banderole)
sur lequel était inscrit « non plus ultra » signifiant
qu’il ne fallait pas aller plus loin, notamment sur « le continent
qui est de l’autre côté »… comme l’écrit
Platon dans son « Atlantide », d’une façon tout
de même stupéfiante qui n’étonne aucun historien!
Divers travaux ont montré, tout du moins à ceux qui ne souhaitent
pas rester aveugles, que l’existence de l’Amérique était
bien connue avant 1492, entre autres par les Templiers ainsi que le dévoile
l’écrivain Jean de la Varende, dépositaire d’une
lointaine tradition familiale dans son livre introuvable : « Les gentilshommes
». M. Santacreu, dans un éditorial de l’excellente revue
« Contrelittérature », quant à lui, a établi
un parallèle stupéfiant entre cette monnaie et les fameuses
défuntes tours jumelles de New York. Je ne reviendrai pas sur ce
sujet, alors lisez, lisez et cherchez, vous n’avez rien de mieux à
faire, mes amis !
Maintenant,
travaillons à faire une petite surimpression de ces deux symboles
: T et $ ; qu’obtenons nous ? Nous obtenons trois colonnes verticales
dont les deux extrêmes sont Jakin et Boaz de la tradition maçonnique,
les deux colonnes du temple, la colonne centrale est la colonne vertébrale
de l’« homme cosmique » ou Adam Kadmon de la Kabbale.
Quant au S, il représente, on l’a vu, l’énergie
serpentine qui éveille ce corps macrocosmique. Il est curieux de
constater que ce glyphe ressemble étrangement au symbole des…
Jésuites : IHS entremêlé comme il l’est parfois
et qui signifie « ieschoua » donc Jésus. On remarquera
que, déjà utilisé dans l’Antiquité, il
signifiait alors Iacchos, une divinité grecque qui ne serait autre
que Dionysos (ou Bacchus) jeune! Cela tombe bien car on a souvent rapproché
Jésus, Dionysos et Shiva… selon Sédir et Alain Daniélou,
par exemple ! Le symbole des Jésuites inscrit IHS dans une sphère
solaire qui représente évidemment un O. Notons que dans l’illustration
ci-jointe le feu soleil jaillit d’une croix de Saint-André,
deux bâtons entrecroisés, la manière la plus primitive
de faire du feu. C’est un peu fort ! Avec I H S O, on a Isis, Horus,
Seth, Osiris ! Toute la bande!
Et en plus, cela ressemble à la barque solaire des anciens égyptiens
! Avec Seth à la proue qui terrasse le serpent Apophis, le chaos
de la nuit. Quant à la croix, elle est supportée par le ‘H’
qui ne serait autre qu’Horus, le fils de la… sainte famille
comme dans… vous savez quoi ! Quant à Seth, le maudit, ne fait-il
pas penser à …Judas, le mauvais sans lequel rien ne peut se
faire ?
On
remarquera donc dans la première illustration que le soleil masque
incomplètement une croix de Saint-André ou « X
philosophale ». De la friction de ces deux bois mal ébranchés,
symboles de la Bourgogne, naît ce feu qui contient les divinités
; il leur est préexistant, ce « creuset ».
C’est vraiment un briquet, « briquet » qui est d’ailleurs
le nom des maillons du collier de l’ « Ordre de la Toison d’Or »,
d’origine bourguignonne puis autrichienne, empire que l’on cite
si souvent qu’il doit bien avoir quelque chose à faire dans
cette histoire ! « Tourne le charbon de ta courroie, fleuve Océan
qui encorbeille les Ixions païens aux X de bras philosophaux. »
écrivait Alfred Jarry. Ce X, il est aussi les tibias entrecroisés
des pirates ou des Maîtres Maçons mais sans le crâne.
Il symbolise par l’intellect qu’il faut bannir pour pouvoir
se « réaliser ». C’est l’homme sans tête
qui est « éveillé », l’acéphale qui,
les bras écartés, forme le… Tau.
Le
B.A. BA des OS
Nos
lecteurs, qui connaissent la géographie de Périllos, n’ignorent
pas qu’on y trouve un Mont des Oliviers. M. Tarade écrit qu’alchimiquement
parlant ce mont symbolise la phase de putréfaction, soit l’Œuvre
au Noir de l’opération alchimique. La Materia Prima doit mourir,
pourrir, pour que le processus s’enclenche ; c’est le «
Si le grain ne meurt… » évangélique.
Nos lecteurs n’ignorent pas non plus la légende du Babaos,
monstre mangeur d’enfants que le seigneur du lieu a pu tuer après
trois jours, avec trois flèches, trois serviteurs, trois chiens et
dont il a tiré trois côtes pour l’ornementation de divers
lieux dont l’église de Prats-de-Mollo. Prats-de-Mollo, c'est-à-dire
tout au bas de la colonne vertébrale de la France que constitue le
méridien de Paris, au sacrum quoi… l’os sacré…
Là où dort dans la physiologie sacrée tantrique le
serpent Kundalini enroulé… trois fois et demi sur lui-même
et qui fera toute la lumière quand il s’éveillera et
se dressera! Eve a été construite à partir d’une
côte (ou alors d’un côté pour les partisans de
l’hermaphrodite primitif) d’Adam… Qu’est-ce qui
se construit analogiquement dans la région à partir de ces
os de Babaos?? Récemment, des œuvres d’art plus ou moins
contestables ont été édifiées à Périllos
: des masses métalliques entourant un tombeau, pour rester dans notre
chère mythologie égyptienne ; rappelons que le fer est le
matériau qui constitue le squelette du terrible dieu Seth…
Tombeau ou berceau ? « Je suis un berceau qu’une main balance
au creux d’un tombeau, silence, silence » écrivait le
poète belge Emile Verhaeren.
Périllos, c’est le « péril des os » sans
doute pour les spéléologues imprudents (comme nous l’avons
vu assez récemment). Mais c’est aussi « li père
(des) os » ; ce père des os, ne serait-il pas le monstrueux
Babaos ? Et ce dernier, n’est-il pas à l’image de l’antique
serpent : le Python des grecs tué par Apollon, ou Apophys, que Seth
sur la barque solaire terrasse chaque jour ? Car c’est le dieu Seth,
généralement considéré comme mauvais, qui maintient
les débordements du grand serpent alors qu’il est généralement
et plus tardivement confondu avec lui. C’est lui, de la barque solaire,
sans se « mouiller » alchimiquement parlant, qui fait un travail
analogue à celui de Saint Georges.
Trois flèches… elles ne peuvent servir qu’à distinguer
les trois directions d’un espace orthonormé. Le monstre, c’est
le chaos ; son vainqueur l’a donc « fixé » et en
a fait un « centre » ; c’est le point zéro de l’axe
des abscisses et des ordonnées et le zéro, c’est l’œuf
! Je crois qu’ici, plus qu’ailleurs, la force serpentine analogue
à celle qui dort dans le corps humain et qui, pour la terre, est
nommée « Vouivre » est particulièrement disponible.
Comment cela peut-il se concrétiser ? Sans doute par une grande réserve
d’énergie primordiale disponible, une véritable mine
de materia prima… susceptible de régénérer celui
qui, comme le Comte de Saint Germain, n’avait pas à se réincarner
mais à se « remettre aux pieds de l’Eternel ou sous l’œil
du Pôle comme disent, dans le même sens, les initiés
musulmans » dixit René Guénon. Il n’est pas impossible
que l’on puisse là, plus qu’ailleurs, se « mettre
sous l’œil du Pôle ».
Trois
côtes… côte, côte, côte… cot, cot, cot…
quoi d’étonnant de la part d’Opoul ??? Une côte
de mammifère a une forme de spirale, trois formeront naturellement
un triskèle qui est une mise en rotation des soufre, mercure et sel
alchimiques autour de l’Axe immobile et polaire. Soulignons ici que
le sens de rotation, contrairement à ce qu’on écrit
fréquemment à propos de swastika et « sauwastika »,
n’a pas de signification bénéfique ou maléfique
particulière. La notion de « grill costal » évoque
également le feu qui couve en dessous. Nos contemporains voient trop
souvent, dans les os, une matière inerte et sans intérêt.
Ce n’était pas le cas de nos ancêtres, chrétiens
par exemple, qui vouaient un culte aux reliques.
Les analystes marxistes diront que l’intérêt économique
des ossements d’un Saint était primordial en amenant la prospérité
pour la ville qui les possédait. Ce n’est pas faux et explique,
en partie, la multiplication de ces os à un point tel que certains
Saints étaient supposés posséder plusieurs squelettes
! Ce constat fut dénoncé déjà à l’époque.
A vrai dire, le triskèle est plutôt représenté
à l’aide d’autres pièces anatomiques: des genoux
Le genou a été maintes fois évoqué à
propos de la statue de Saint Roch présent dans l’église
de Rennes le Château, et qui est toujours représenté
le genou dénudé. C’est la cuisse et le genou qui pour
les anciens égyptiens désignaient la Petite Ourse. Il existe,
en effet, une telle analogie de forme que le triskèle est dans ce
cas proche, mais non pas identique, au swastika. Il a de commun avec lui
la rotation autour de l’axe que constitue l’étoile polaire.
Nos détracteurs riront bien en affirmant que tout ceci ne tient pas
debout, puisque je passe allégrement des côtes aux genoux pour
les besoins de la cause… et ils auront raison. Je peux même
en rajouter dans le domaine articulaire en écrivant qu’Opoul
évoque l’épaule ; nous avons ainsi l’image d’un
grand corps démembré. L’idée qu’il faut
défendre n’est pas, en effet, une quelconque histoire des religions,
bien universitaire, avec son culte du document écrit et ses fameuses
« preuves » qui s’écroulent toujours avec le temps…
mais montrer à toute force et faire comprendre que tout travail initiatique
commence par une destruction du moi, un démembrement réellement
vécu en transe par les chamanes. Comme pour les freudiens avec leur
« meurtre du père », les anciens parlaient de la mutilation
de Chronos, ou pour les nordiques celle du géant Ymir. Evidemment,
il faut comprendre cette destruction comme un acte fondateur.
Il
est tout de même curieux ou révélateur que cette légende
du Babaos intègre des éléments qui renvoient à
ce que tout un chacun connaît du récit de la Genèse
: le serpent (ici le dragon) du Jardin d’Eden et la côte prise
à Adam. Suivons la dramaturgie: le dragon qui régnait sans
partage à la surface de la terre est pourchassé et finit par
trouver refuge dans les entrailles du sol. Voilà qui n’est
pas sans rappeler les théories de M. Ben Jacob sur le « petit
peuple » néo-reptilien réfugié au centre du globe!
Le seigneur de Périllos ramène à la surface trois côtes…
en faisant un décalque de l’épisode édénique,
qui veut que « prendre une cote » signifie : « créer
un être et une lignée à partir de »… On
pourrait conclure qu’il existe alors trois lignées issues de
l’union d’êtres humains avec des « gnomes ».
A ceci nous ajouterions que le fait qu’une de ces côtes subsiste
encore à l’EXTÉRIEUR de l’église de Prats-de-Mollo
signifierait qu’une seule lignée vit actuellement à
la surface du globe ou que ceux qui en sont issus doivent rester à
l’extérieur de l’Eglise ! Cette remarque formidable ne
nous fait-elle pas penser aux Cagots, cette catégorie sociale, et
sans doute bien plus que cela, particulièrement présente dans
les Pyrénées et rejetée par la population et les autorités
religieuses qui les accusaient d’avoir la lèpre… Nous
reviendrons sans doute plus loin sur le sujet en rappelant que ces malheureux
étaient obligés d’utiliser une porte spécialement
surbaissée pour qu’ils s’inclinent en entrant dans les
églises… et pensent, courbés sous le poids du fardeau,
d’être les descendants honteux de ‘monstrueux’ petits
êtres... Ils portaient sur leurs vêtements une « patte
d’oie » jaune qui peut être également nommée
patte de reptile puisque pour les reptiles les extrémités
sont également membraneuses. Je ne méconnais nullement le
symbolisme de l’Oie sur lequel il n’y a pas lieu de revenir
ici, mais, encore une fois, foin du réductionnisme ! L’un n’empêche
pas l’autre ! Alors, les Cagots étaient-ils sous la patte,
sous la domination des reptiliens, d’où leur rejet ? M. Ben
Jacob pratique l’ironie à haut niveau lorsqu’il va jusqu’à
dire que les Cagots, à l’instar des escargots, changeaient
de sexe ! Excellent ! Il aurait fallu également se demander s’ils
se consommaient à la catalane ou avec un beurre persillé.
Tout ceci a été développé par M. Ben Jacob dans
son ouvrage très intéressant intitulé «
Mu, le sacré dévoilé » ; pour faire
pédant, je dirai que M. Benji, si on le lit au premier degré,
pratique l’évhémérisme, ce qui est le propre
des matérialistes qui s’intéressent à ces questions.
Déjà, il y a cent ans, Lanz von Liebenfeld, ancien cistercien,
exposait ses théories « théozoologiques » selon
lesquelles les surhommes germaniques, véritables dieux vivants, avaient
cohabité avec des créatures simiesques, les « singes
de Sodome »… animaux de compagnie avec lesquels certains d’entre
eux s’étaient accouplés en donnant ainsi naissance aux
« races inférieures ». Evidemment, seuls les allemands
et autres aryens « purs » avaient échappé au métissage….
M. Ben Jacob reprend le même thème, mais, comme il l’a
avoué dans une interview à la « gazette de Rennes-le-Château
», il y a différents niveaux de lecture pour déchiffrer
son excellent travail. On a vu plus haut, avec les Cagots, qu’il avertissait
ses lecteurs qu’il fallait le lire au second degré parfois.
Ainsi, lorsqu’il expose en fin d’ouvrage la plus qu’absurde
théorie selon laquelle les anglo-saxons actuels seraient les descendants
des fameuses tribus perdues d’Israël, il ne faut pas prendre
cela pour argent comptant mais comme une juste critique de cette vision
du monde absurde qui sous-tend toute la politique dominatrice américaine.
En effet, ceux-ci, persuadés d’être le peuple élu
(à l’instar des nazis !) considèrent, avec élégance,
le « reste du monde » comme un ramassis d’êtres
plus ou moins inférieurs. Tout ceci a été récemment
étudié dans deux ouvrages que je vous recommande : R.GOBBI
« Un grand peuple élu. Messianisme et antieuropéanisme
aux Etats-Unis » - Parangon, Lyon 2006, ainsi que J-P IMMARIGEON «
American parano. Pourquoi la vieille Amérique va perdre sa guerre
contre le reste du monde » - Bourin, 2006.
Si on lisait au premier degré le texte de M. Ben Jacob, que verraient
en effet nos yeux effarés ? Ils verraient que les rois de France,
tout d’abord et avant tout les mérovingiens, étaient
issus en partie de la race maudite, souterraine et reptilienne. On déduirait
que les Templiers étaient leurs complices conscients et qu’ils
s’apprêtaient, lorsqu’ils furent anéantis, à
mettre en place en Europe un gouvernement à la botte des « Nagas
». Pour conclure, si on lit l’article de « France Secret
» qui fait de la communauté européenne une création
inspirée par les Templiers, que faut-il penser, sinistrement «
guidés » par ces théories délirantes? Simplement
que les américains devraient décidément mener une croisade
en Europe avec force bombardement dont ils ont le secret, pour exterminer
ces européens vraiment inférieurs et qu’ils ont toujours
détestés, à l’exception toutefois des Britanniques.
L’idéologie américaine profonde, cela est très
bien montré « en creux » par M. Ben Jacob, est analogue
à la délirante idéologie nazie et risque de créer
en Europe de graves problèmes dont le bombardement de la Serbie ne
fut qu’un avant-goût. Merci à M. Ben Jacob et à
son équipe d’avoir montré aussi ironiquement les dangers
pourtant réels que nous courons à court terme.
« Le Temps, c’est de l’Eternité pliée » dit Jean Cocteau… et si l’Eternité, c’était du temps plié ?
A suivre…
Prochain épisode : « Du sang dans le Canigou »