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Le prétendu jugement de l’abbé Saunière

 

Résumé…

En résumé, sur les charges 1 et 3, bien que Saunière n'ait pas été condamné pour ‘trafic de messes’, la Cour le déclare d’abord coupable de négligence pour la tenue de sa comptabilité en matière de demandes de messes… Ensuite, il est également reconnu coupable du fait de désobéissance pour avoir continué à solliciter des messes malgré l'interdiction de son évêque. Enfin, il lui est ordonné de se retirer dans une maison de retraite, pour y exécuter des exercices spirituels, ceci pendant une période de dix jours, dans les deux mois suivants le procès. La seconde sentence s’avère moins dure que la première suspension d’un mois… et aurait dû satisfaire Saunière.
Cependant, ce ne sont pas les charges 1 et 3 ou le trafic de messes, qui posent le vrai problème. Le grand problème est la seconde charge : Saunière ne pouvant pas justifier, sur le champ, de ses revenus, la Cour remet la fourniture des preuves à plus tard. Saunière est prévenu que, dans le mois suivant, il doit présenter le détail de ses comptes. Bien que le tribunal admette que les 200.000 francs que Saunière a dépensés en travaux de bâtiments ne sont pas issus du trafic de messes, mais de dons faits par de riches pratiquants, la Cour exige des détails supplémentaires.
La situation était, sur le plan légal, compliquée, car la Cour plaidait que l’argent avait été donné à Saunière en tant que prêtre de la paroisse et non en tant qu’individu. C’était en fait un stratagème pour insister sur la responsabilité de ses actes en tant que représentant de l’église et non à titre privé.
En conclusion, il est déclaré étrange que Saunière ait attendu son jugement pour préciser la taille des sommes ‘données’ investies dans les travaux de construction, même s’il est jugé que ce n'était ni le temps ni l'endroit pour examiner les motifs de ces revenus ou l'exécution de la charge qui pèse sur l’accusé.

Saunière fait face

L’abbé Saunière fait face à l’injonction d'expliquer son revenu… et surtout son importance : 200.000 francs, soit près de trois millions d’euros d’aujourd’hui.
Il est clair que n'importe qui serait subjugué d’entendre que le prêtre d’une petite paroisse oubliée aurait dépensé trois millions d'euros pour quelques travaux de bâtiment. Comment aurait-il obtenu cet argent ?
Quelques chercheurs sceptiques ont tenté de démontrer que cette somme colossale provenait entièrement du trafic de messes. Ceci signifierait que 200.000 personnes aient envoyé, à Saunière, une myriade de petits mandats pour lui demander des messes. S'il avait commencé en 1885, et poursuivi jusqu'en 1910, il aurait reçu 8000 commissions par an. C'est vingt demandes journalières sans interruption !...
Bien qu’alors certains puissent souhaiter croire ceci, le tribunal reste crédule. La cour accepte un nombre important de messes commandées sous réserve que Saunière ait pu toutes les honorer.
En théorie, la Cour pourrait accepter d’admettre que le revenu total de Saunière provienne de la vente de messes… mais en quantité raisonnable et acceptable. Or, personne ne peut croire qu'un prêtre, même s’il demande de dire des messes par le biais de plusieurs revues religieuses, reçoive vingt demandes par jour… soit près de 8000 par an !!! Le tribunal devine que dans cette affaire il y a un problème réel… Mais il refuse d'être l’institution qui aurait le pouvoir, et le droit, de fouiller dans les finances personnelles de Saunière.

Le combat continue

C’est maintenant à Mgr de Beauséjour de jouer… Le 17 novembre, l’abbé Saunière est informé, par courrier de S. Bonnades, de Couiza, qu’il dispose de 10 jours pour faire appel. Il le fera, mais en date du 30 novembre. Ce retard, dont il connaît les conséquences, reste encore un petit mystère, car Saunière sait que son appel ne peut être retenu et que le jugement est donc définitif en date du 28 novembre.
Avec cette étape au détriment de Saunière, c’est un nouvel échange de courriers qui se déroule… comme de coutume, depuis le début de cette procédure à rebondissements. L’abbé apprend officiellement que, dès le 5 décembre, il ne lui ait plus permis de célébrer la messe… Il sait, également, que le 17 décembre est la date limite pour produire ses comptes… il laisse passer, là encore, le délai. Le jour suivant, Saunière, apparemment sur conseil de son avocat, envoie une lettre à Rome, pour demander un autre appel contre le jugement. La Congrégation du Sacrement juge le cas peu clair, et le 14 février 1911, en forme de réponse, renvoie un "lectum recursum". Il y est essentiellement signifié que Rome ne peut dénouer la situation présentée. La décision du tribunal de la Cour de Carcassonne fait officiellement foi dans ce jugement.

La période suivante est faite de retards et ajustements de la situation en raison du fait que, par exemple, le 9 mars 1911, G. Cantegril, de la Cour de Carcassonne, note que Saunière présente un certificat médical du docteur Roché, déclarant que la santé de l’abbé ne lui permet pas d’entreprendre la retraite à laquelle il est condamné pour les charges 1 et 3.
Malgré tout, il écrit une lettre, le 13 mars 1911, pour argumenter au sujet de la seconde charge. Saunière y déclare qu’il ne peut fournir les seuls documents pouvant le disculper (reçus et certificat de l’enregistrement d’hypothèques de ses propriétés), prétextant qu’il les a égarés.
Quant aux factures qui prouveraient les dépenses d’un montant de 200.000 francs, il tente de soutenir qu’il n'a pas jugé utile de garder celles qui avaient plus de deux ans. Au total, il envoie 61 documents et demande leur retour, car ils lui semblent indispensables sur le plan administratif. C'est une phrase qui paraît énigmatique ! Il déclare aussi qu'il espère effectuer sa retraite dix jours avant Pâques, au Grand Séminaire de Carcassonne.

Les incroyables revenus de l’abbé Saunière

En bref, Saunière indique, dans sa défense, qu'il ne peut pas vraiment montrer qu'il a dépensé 200.000 francs pour ses réparations, comme Huguet avait allégué devant le tribunal. Il a quelques documents pour le prouver, mais il ne les a pas tous conservés. Mais ce n'est ni le seul, ni le principal problème de Saunière.
L’abbé Saunière pourrait avoir prétendu qu’il avait dépensé 200.000 francs, alors qu'il n’en aurait, peut-être, seulement dépensé 50.000. Peu importe finalement, pour le tribunal, ce que Saunière a fait de cette somme, la question demeurant : d’où provient cet argent ?
Saunière a expliqué ce problème dans une lettre du 25 mars à Cantegril, où il prétend que l’argent provient de revenus divers, à savoir: les fonds de la caisse soumise à la générosité des visiteurs de Rennes-les-Bains, une loterie en 1887, la générosité de son frère, la vente d’un ensemble de 33 cartes postales, la vente de sa collection de 100.000 timbres-poste, la vente occasionnelle de meubles, ses conférences guidées sur l’histoire de Rennes-le-Château.
Il est clair que Saunière tente de « faire feu de tous bois »… Devant à tous prix justifier l’origine de cette somme colossale… tenterait-il de faire croire qu’elle provient de la vente de cartes postales, ou du tronc de l’église ?
Admettons que la somme provienne des quêtes pendant les messes dites chaque semaine sur une période de 25 ans, cela signifie que ces collectes auraient rapporté environ 150 francs de l’époque par messe. L’église de Rennes-le-Château comprenant seulement 80 sièges… quel fidèle pouvait payer 30 euros actuels pour suivre une messe chaque semaine... alors que l’abbé Saunière demandait à des inconnus l’équivalent de 15 euros pour une messe privée ? Visiblement, la Cour n’a pas mis très longtemps pour arriver à la même conclusion !
Le 4 avril 1911, Charpentier déclare que l’argumentation très incomplète n’est pas convaincante, et demande à prendre connaissance des documents ayant permis de calculer un revenu annuel de 1200 francs… que Saunière argumente fermement par le fait d’avoir reçu 23 francs par semaine pour des messes. Charpentier demande également à prendre connaissance des dates concernant les donations importantes qu’affirme avoir reçu l’abbé de son frère. Charpentier déclare que les ‘dépenses’ de Saunière justifient seulement une somme globale de 36.000 francs et non 100.000 francs comme le prétend l’accusé.

Egalement, Charpentier déclare que le "décompte de la dépense" de Saunière est une série de documents portant sur la somme totale de 36.000 francs et non 100.000 comme le prétend l’abbé… et encore moins de 200.000 francs, montant estimé de ses travaux de construction.
Mais avant d’aborder les derniers 100.000 francs ‘disparus’, la Cour voudrait découvrir ce que sont devenus les 64.000 francs manquants qui représentent la moitié du revenu sur lequel Saunière s’est expliqué. Pour l’heure, seulement un cinquième de la somme est clairement justifié… ce qui signifie que l’équivalent de 2,5 millions d’euros reste encore dans l’ombre…

Le tribunal ayant décidé que les éléments fournis sont insuffisants, le 8 avril 1911, l’abbé Saunière exprime sa déconvenue face à cette conclusion qu’il conteste en expliquant de nouveau qu’il n’avait pas estimé indispensable de conserver les fameux documents de revenus manquants. Il déclare cependant que les donations de son frère se sont faites entre 1895 et 1903. Que cette réponse soit vraie ou fausse, elle concorde en tous cas avec les allégations de l’abbé… ce qui n’aurait été le cas s’il avait daté les dons de son frère en 1906… postdatant alors les travaux de bâtiments permettant à la Cour de mettre définitivement Saunière en échec ! En conclusion de sa défense, ce dernier s’interroge sur le fait qu’il doive, en tant que prêtre, se soumettre à de telles demandes détaillées, qui normalement sont seulement exigées en cas de commerce en faillite !

Un changement de tactique de Mgr de Beauséjour

Face à l’enlisement de cette situation, Mgr de Beauséjour se rend compte qu’il doit changer sa tactique. Par conséquent, le jour suivant, le 9 avril, une commission d'enquête est créée pour résoudre la deuxième charge : la source de revenu de Saunière.
Saunière, finalement, accomplit la retraite religieuse imposée au monastère de Prouilhe… Cependant, la commission l'informe qu'elle veut l'interroger en personne, à Carcassonne, avant son départ. Saunière, naturellement, une fois de plus, refuse de se soumettre aux injonctions du tribunal…
Nous disposons d’une lettre de Saunière, envoyée à Marie Dénarnaud durant ce séjour de pénitence. Datée du 25 avril, la lettre commente la routine quotidienne à Prouilhe, la nourriture servie, et surtout la présence d’une femme plutôt belle, qui semble agrémenter plaisamment son séjour. Ce qui est intéressant, dans ce courrier, ce ne sont pas les descriptions de cette femme, mais deux autres paragraphes.
Le premier concerne, en termes… peu élogieux… son évêque : « On m’a annoncé que l’évêque de Carcassonne doit venir à Prouilhe. Heureusement que je serai parti la veille et que je n’aurai pas à contempler ce si peu intéressant personnage qui n’a de beau que son nom ».
Ensuite, dans le second, il dit à Marie qu'il sera à Limoux à 16 h, afin d’y faire des emplettes. Ce sont des préparations pour leur voyage à Espiens prévu vers la fin mai… Ainsi, nous voyons Saunière avoir le temps d’aller faire des achats dans Limoux avec Marie, mais pas celui de paraître devant la commission à Carcassonne.
Pour souligner ce point, précisons que le 27 avril, il envoie de Prouilhe, à la commission du Tribunal, une lettre par laquelle il refuse de paraître en personne. Il y évoque le fait que les convocations répétitives sont sources de lourdes épreuves et d'efforts incessants pour un homme qui souffre d'une défaillance cardiaque. Il précise toutefois qu’il va répondre aux questions par lettre séparée.
La commission ne prend plus guère au sérieux les promesses de Saunière. Elle lui demande, en plus à présent, de justifier les 52.000 francs qu’il prétend avoir perçus de ses locataires… qui n’étaient autres que les parents de Marie Dénarnaud. Le tribunal veut savoir la durée et le tarif d’une location qui rapporte une telle somme… jugeant que pratiquement 800.000 euros est un revenu très élevé pour une location… de quelques pièces dans un vieux presbytère !
Le 9 mai, Saglio, président de la commission, refuse les explications de l’abbé Saunière concernant les factures pour une somme de 150.000 francs sur ses dépenses.
Saglio voulant toutefois en savoir davantage, Saunière, le 14 mai, lui répond sèchement qu’il n’est plus disposé à se soumettre à d’autres interrogatoires !

Un tribunal qui veut tout savoir…

Le 27 mai, il y a une nouvelle tentative de la commission à laquelle, le 2 juin, répond l’abbé, en expliquant qu’il se sent traité comme quelqu’un en faillite… et qu’il est humiliant pour lui d’avoir à persuader la commission de sa solvabilité et que de ce fait le diocèse ne sera pas embarrassé par un scandale financier. Il reconnaît avoir dépensé beaucoup d’argent pour ses travaux de bâtiment, mais il en avait les moyens et n’a pas laissé de dettes à ce jour. Mais le point sur lequel revient sans cesse la commission est que Saunière avait cet argent en tant que prêtre dépendant de l’évêché et non au titre de particulier. L’abbé Saunière juge évidemment qu’il n’est pas et n’a jamais été l’un des subalternes de l’évêque et estime qu’il était légitime et de bon droit d’utiliser à son gré l’argent dont il disposait.

Une autre demande du tribunal pour davantage de détails est envoyée le 14 juin. Saunière répond le 20 juin, en réitérant ses affirmations au sujet de sa solidité financière, comme confirmé par le certificat de l'enregistrement d'hypothèque, que tout commissaire peut consulter. Une autre requête de détails arrive le 7 juillet, à laquelle Saunière répond le 14 juillet, en déclarant que le total des coûts du bâtiment de la villa Béthanie est de 90.000 francs. Il précise que le travail, commencé en 1901, est accompli en 1903, mais que le domaine entier était au nom de Dénarnaud. Il semble qu’avec cette ultime précision l’abbé Saunière donnait à la commission « un bâton pour se faire battre ». Il n'y a plus eu aucune autre demande de détails ; la commission a commencé à écrire son rapport.

Le verdict final

Le 4 octobre, le rapport de la commission est remis à l'évêque. Il établit que la commission n’a pas pu obtenir de Saunière les informations qu’il était tenu de fournir. Seulement 36.000 sur 193.000 francs sont expliqués. Les 150.000 francs restants sont justifiés seulement par une liste de 7 articles, avec les chiffres de correspondance fournis sans documents. Le tribunal juge insatisfaisante l’argumentation de Saunière qui estime suffisant d’affirmer qu’il n’a pas de dettes… alors qu’il est accusé sur la défaillance de sa comptabilité. En conclusion, la commission déclare qu'elle n'est pas allée à Rennes-le-Château pour confronter Saunière, pressentant que ce serait une perte de temps.

Avec le rapport, les travaux de la Commission sont finis ; une nouvelle sommation est préparée le 30 octobre 1911. Saunière est invité à comparaître devant l'évêque le 21 novembre, pour entendre le verdict sur la deuxième charge du 5 novembre 1910. Le verdict est que Saunière a décidé lui-même de l'utilisation des fonds qu'il a reçus, plutôt que de solliciter l’avis et le consentement de son évêque. En outre, il a employé une partie de l'argent pour la villa Béthanie. Ce domaine étant sur la propriété de Marie Dénarnaud, il fait construire sur une terre ne lui appartenant pas, ni à lui, ni à l’Eglise, et par conséquent, les bâtiments ne reviennent ni à lui, ni à l’évêché. Ceci est considéré comme un problème sérieux, car l'argent provenant du diocèse enrichit un particulier, au détriment de la communauté religieuse.

Chronique d’un jugement attendu

Le 5 décembre, la Cour tient sa session, en l’absence de Saunière ou de son représentant. Il est déclaré obstinément désobéissant et jugé comme tel.
La Cour affirme que 36.000 sur 200.000 francs ont été dépensés pour l'église et le calvaire ; le reste a été dépensé pour des constructions coûteuses, sans but utile, sur une terre qui ne lui appartient pas, et pas à son nom. Il est déclaré coupable de gaspillage et d'abus de fonds à son bénéfice personnel. Il est condamné à une suspension de trois mois ‘a divinis’, mais définitive s’il ne restitue pas tous les biens en question à l'Eglise. Le verdict est sans appel.
C'est un jugement très sévère, que selon quelques interprètes Saunière a finalement mérité. Mais Saunière n’est pas stupide ; il a compris que sans vérification de ses finances, la cour va faire une telle conclusion. De plus, si sa santé diminue, ce n’est pas forcément à cause des tracas causés par son jugement, mais peut-être en raison… des énormes quantités de nourritures fines qu'il a mangées et des qualités du vin et des liqueurs qu’il a bus chaque jour. Le fait qu’il marche avec une canne à cause d’une chèvre et qu’il ait perdu l'usage d'un oeil n'a rien à voir avec ce verdict, mais plutôt avec son style de vie.
Saunière ayant six mois pour s’exécuter, il adresse un appel à Rome par l’intermédiaire de Huguet. La Congrégation de Rome rend son jugement en octobre 1915 ; l'évêque lève la sanction de suspension, mais Saunière ne sera jamais rétabli…. Il meurt 15 mois plus tard, le 22 janvier 1917.

Un secret financier jamais dévoilé

En conclusion, Saunière a été jugé coupable de négligence et de mépris, mais gracié en dernier recours par l'intervention de Rome. Pour la première condamnation, il a fait la retraite imposée par l'évêché. Il n'était pas, comme certains l’affirment, coupable du trafic de messes et personne n’a, alors, cru que ce puisse être son unique source de revenus. Ce que chacun voulait savoir, et que Saunière n’a jamais voulu indiquer, était la véritable provenance de sa fortune... Etait-ce simplement parce que notre prêtre était si obstiné et détesté de Beauséjour qu'il l’ait défié coûte que coûte ?... Peut-être et on ne peut pas éliminer cette hypothèse...
Nous savons maintenant que Saunière tenait des comptes détaillés de ses revenus et dépenses. Ses prétendus "carnets" ont été le sujet d’analyses détaillées depuis qu'ils ont été découverts il y a quelques décennies. Ils étaient exactement le type d'information que la commission cherchait à consulter. Aussi pourquoi Saunière n'a-t-il pas voulu présenter ces documents à la commission ? Était-ce par simple entêtement, ou y avait-il quelque chose dans les livrets qu'il ne voulait pas révéler à la commission? Ou craignait-il, en montrant ces livrets, que la commission les utilise pour des recherches plus précises et interroge les donateurs à l’origine de sa fortune…
Cette dernière question semblerait être la conclusion la plus logique : Saunière a protégé ses commanditaires ; il n'a pas voulu indiquer pourquoi ces derniers lui octroyaient de telles sommes d'argent. Il est clair que ce n’était pas pour des messes, les sommes excédant largement ce que Saunière demandait pour de tels services. Mais pourquoi donnaient-ils tant d'argent à Saunière ? Que pouvait-il faire en retour ? C'est une question qui a pu être à l'origine du harcèlement de Beauséjour.
De Beauséjour, en plus d’avoir réalisé que 2,5 millions d’euros avaient échappé à son diocèse, s’est rendu compte qu’il avait été tenu à l’écart de la raison pour laquelle Saunière avait obtenu tout cet argent.

Et même si de Beauséjour avait été dans le secret de ces transactions et sache qui fournissait tant d’argent à Saunière… aurait-il su, alors vraiment, ce que les commanditaires attendaient en retour ?
En ce cas l’évêque aurait su la vérité ce qui lui aurait évité de « prêcher le faux pour savoir le vrai » en traînant Saunière devant un tribunal pour le faire parler.
La question finale demeure entière : qu’a pu faire Saunière pour ses commanditaires. Le tribunal religieux ne l’a jamais découvert ...

Filip Coppens
Le 13 octobre 2005