Plan du site | Recherche | Forums | Publications | Actualités
Rennes-le-Château
« Ultimat », ou le tombeau d’Hérode |
C’est
dans l’église de Rennes-le-Château que l’on peut
observer une représentation de Marie Magdalena située sur
le devant de l’autel. Cette sainte y est figurée agenouillée,
presque prostrée face à une croix chrétienne qui n’en
est pas une, puisqu’elle est d’un bois vert.
Cette croix formée de deux troncs vivaces, est liée par une
corde ; elle nous figure, non la croix du vrai Christ qui est de bois sec,
c’est-à-dire purifié par le feu et par le souffle du
divin esprit, mais plutôt celle d’André, qui était
elle aussi de bois vert. Car Saint André mourut martyr, et fut crucifié
à Patras, en Achaïe (Arcadie ?), c'est-à-dire non loin
de la Thrace. André était de la ville de Bethsaïde en
Galilée, et fils de Jonas ou Jean. Il s’était tout d’abord
fait le disciple de Saint Jean-Baptiste, et s’était ensuite
attaché à Jésus parce qu’il avait entendu dire
que le Messie devait être l’agneau de Dieu. Après la
mort de Jésus sur la croix, il alla en Scythie jusqu’à
l’embouchure du Borysthène, puis enfin, vint près de
la frontière de la Pologne pour y prêcher. Quant à son
martyre en Achaïe, Saint Bernard en fit d’ailleurs un fort beau
commentaire : « Quand André vit de loin la croix qu’on
lui offrait, il ne changea point de visage ; son sang ne se glaça
point dans ses veines ; […] mais il s’écria : Je vous
salue, croix précieuse qui avez été ornée par
les membres de mon Dieu comme avec des richesses inouïes. Je m’approche
de vous dans de vifs transports de joie : recevez-moi dans vos bras. »
Mais ici, dans la figuration de ce martyre et comme dans la représentation
sur l’autel de Rennes-le-Château, les deux troncs de la croix
(d’André dans le cas présent) ne sont point cloués
l’un l’autre. Ils sont liés, et de bois verts. Que signifie
cela ? Saint André fut simplement crucifié sur une croix différente
de celle du Seigneur ; elle était de deux morceaux de bois vert,
liés par des cordes, et placés à la façon d’un
X comme on le constate dans tant de représentations de ce Saint.
« Lié » est ici un terme bien curieux, et désigne,
non comme pour le Seigneur, une crucifixion ordinaire, c'est-à-dire
par des clous, mais une crucifixion par une mort lente, où le corps
se voit attaché à la croix par des liens qui ne causent aucune
effusion de sang. Et si ce procédé entraîne une mort
par épuisement ou étouffement (dû à la position
du corps sur la croix, position qui empêche de respirer) il n’en
est pas moins très différent d’une crucifixion à
la Romaine. Sur un plan symbolique, on peut constater que la Magdalena a
les mains croisées en X. Et cela devrait vous faire souvenir que
le gisant de cette ville qu’est Gisors a, de même, les bras
croisés en X. Le X étant, comme précédemment
dit, la posture de la croix d’André, en cela fort contraire
à celle du Seigneur qui était formée de deux planches,
l’une horizontale, l’autre verticale, et assemblées à
angles droits. La Magdalena honore donc ici, non la croix du sauveur, mais
celle de Saint André.
La croix de Saint André
Et
le fait que les deux troncs de la croix soient liés, a ici toute
son importance : « lié » à la croix, ne traduit
pas l’idée de Pâques (la Pâque symbolise la crucifixion
du Christ). Chez les Juifs, la Pâque est en effet le sacrifice de
l’agneau que l’on consomme en ce même jour (Pâques).
Jadis le grand-prêtre du temple de Jérusalem répandait
le sang de l’agneau pascal sur l’autel. L’agneau doit
verser son sang pour les siens, pour son peuple afin de le racheter. C’est
ce que représente la vraie crucifixion du Seigneur, car le Christ
percé de clous a versé son sang pour la rémission des
péchés. Et le Christ selon la liturgie de l’Eglise Catholique
est « l’agneau de Dieu ». La correspondance est ici parfaitement
établie ! Mais pour André, il faut bien admettre que sa crucifixion
n’est nullement sanglante, et le fait d’être lié
à une croix et non cloué, n’occasionne point de lésions
suffisantes pour que l’on puisse dire qu’il ait versé
son sang. En cela, nous pouvons assurer qu’il n’a point imité
Jésus sur la croix, et que son martyre est fort étrange. On
pourrait dire qu’étant lié à cette croix en X,
il épousait tellement parfaitement sa forme qu’on ne pouvait
distinguer cette croix de son propre corps.
Mais que signifie cette crucifixion en X, et quelle est la signification
du nom d’André, pour que celui-ci se retrouve inséré
dans un bas-relief à Rennes-le-Château ? André, Andros,
veut dire en Grec ancien : l’Homme. Ne dit-on pas au sujet de la croix
d’André qu’elle porte pour nom : croix de l’homme
? Et la liturgie Romaine assimile ce nom d’Homme, au précurseur,
c'est-à-dire à Jean-Baptiste. On souligne en effet à
propos de Jean-Baptiste : C’est le vieil homme, l’homme ancien,
le précurseur, celui qui prêche dans le désert et annonce
la venue du Messie, sans l’être lui-même. Au demeurant
il faut se souvenir de ce que nous avons déclaré plus haut
: André était fils de Jonas ou Jean, c'est-à-dire peut-être
de Jean-Baptiste, et il s’était tout d’abord fait le
disciple de celui-ci avant que de devenir celui du Christ. Il y a donc un
lien évident entre Jean-Baptiste et André ; un lien tellement
dense que ces deux personnages portent le même symbole : l’homme,
le vieil homme. C’est alors que nous devons remarquer que Jean-Baptiste
fut assassiné par Hérode.
L’historien Flavius Josèphe a rendu témoignage aux vertus
du Baptiste, et, dit-il, « C’était un homme de grande
piété, qui exhortait les juifs à embrasser la vertu,
à exercer la justice, et à recevoir le baptême. Comme
il était suivi d’une grande multitude de peuple qui écoutait
sa doctrine, Hérode, craignant son pouvoir, l’envoya prisonnier
dans la forteresse de Machéra, où il le fit mourir par décapitation.
»
Le plus curieux reste qu’aux pieds de la Magdalena qui figure sur
l’autel de Rennes-le-Château, un crâne gît, celui
de Jacques le Majeur. C’est en effet que la tradition affirme que
la Sainte détenait cette relique. Or précisément Jacques
le Majeur est aussi connu pour avoir été décapité
par Hérode. Jacques fut Apôtre, fils de Zébédée,
et
frère de Saint Jean l’Evangéliste. Mais on ne sait exactement
à quels peuples il prêcha l’Evangile. Toutefois, nous
connaissons les circonstances de sa mort, et nous pouvons dire qu’il
périt décapité sous Hérode, et par son ordre,
l’an 44 de Jésus-Christ. On remarquera que le thème
de la décapitation revient ici assez souvent, et notamment au travers
d’un personnage qui semble la pratiquer régulièrement
: Hérode.
Saint Jean l’Evangéliste
Ajoutons,
pour ne pas sortir de l’église de Rennes le Château,
(dont la décoration a jailli de l’esprit de l’abbé
Saunière), que deux thèmes principaux se dégagent des
différentes œuvres et tableaux présents dans le lieu:
tout d’abord la récurrence des représentations truquées
de sacrifices, tels que des crucifixions mal dessinées ou dessinées
avec des erreurs.
En second lieu, la grande majorité des anomalies sont à constater
dans le chemin de croix, et particulièrement dans les scènes
de jugement (jugement de Pilate par exemple) et aussi dans ce qui suit logiquement
le jugement et la condamnation et la mort de Jésus : La Mise Au Sépulcre.
De tout ceci se dégage donc une impression marquante: On nous parle
d’un sacrifice particulier, d’une crucifixion perpétrée
par un juge qui n’avait pas l’habitude de crucifier à
la Romaine, ou qui ne voulait pas crucifier Jésus à la Romaine
mais d’une autre façon. L’idée suivante étant
que le personnage à rechercher pourrait avoir participé de
près ou de loin au jugement de Jésus et qu’en outre
ce même personnage, par la représentation continue dans l’église
(et dans les alentours) de tombeaux ou sépulcres, pourrait avoir
une sépulture à Rennes-le-Château ou non loin…
Sans entrer dans des détails qui seraient fort complexes et pour
tout dire ennuyeux, nous allons parvenir tout droit à la solution
de cette question : Qui a participé au jugement de Jésus,
et réside désormais pour son dernier sommeil, dans une tombe
en France, et vraisemblablement à Rennes-le-Château ?
Est-ce Pilate ? Non, car s’il est vrai que Pilate, après la
crucifixion, séjourna en France, et mourut sans doute près
de Lyon, ou en Suisse, ce dernier n’aurait pas de tombe au sens où
on l’entend. Les Hauts personnages Romains avaient en effet l’habitude
de faire brûler leur dépouille sur un bûcher, et de Pilate
il ne resterait donc plus que des cendres.
Nonobstant, il n’est pas de doute qu’il y ait une confusion
à Rennes-le-Château à ce sujet. On prétend d’ailleurs
que Jésus y serait enterré. Cette erreur provient du fait
que Jésus était Romain (Cf. : « Des origines du Christianisme
», et « Le Christ Romain »). Or étant Romain, il
pouvait être confondu avec un autre Romain, et Pilate étant
venu en France, à Lyon, et peut-être ayant séjourné
un temps à Rennes-le-Château, aurait fort bien pu être
confondu avec le Messie. D’ailleurs on retrouve des monts Pilat et
autres lieux de ce nom, un peu partout. (Pilate, ayant participé
à la crucifixion, était d’ailleurs l’objet d’un
culte chez certains Gnostiques qui voyaient en lui un Très Grand
Saint).
L'inscription
"terribilis est locus iste" (en bas)
Mais
pour tenter de répondre à la question précédemment
citée, il faut simplement regarder les mentions écrites portées
par Saunière sur son église. Cette démarche permettra
de déterminer à qui est consacré ce temple, en somme
il s’agit de déterminer sa dédicace pour connaître
le personnage qui en bénéficie. Deux mentions notables sont
à souligner : « terribilis est locus iste » et «
domus mea domus orationis vocabitur ». Autrement dit : « terrible
est ce lieu » et « ma maison sera appelée une maison
de prière », phrase suivie dans l’Evangile de : «
or vous en avez fait une caverne de brigands ».
C’est ici que nous devons prendre dans le bréviaire Romain
du Vème siècle, le commun de la dédicace d’une
église : « La cérémonie de la dédicace
du Temple de Jérusalem dura huit jours, et les juifs en renouvelaient
solennellement la mémoire chaque année. L’église
consacre de même ses temples (ici l’église de Rennes-le-Château)
par une fête qui avait autrefois un grand éclat. L’église
est la maison de Dieu, la porte du ciel, on l’appelle le palais divin,
elle est le tabernacle de Dieu parmi les hommes. » L’introït
de la dédicace d’une église est le suivant : «
terribilis est locus iste : hic domus Dei est, et porta coeli, et vocabitur
aula Dei ». « Ce lieu est terrible, c’est la maison du
seigneur et la porte du ciel et on l’appellera le palais de Dieu.
»
Remarquons que la dédicace d’une église est calquée
sur celle du temple de Jérusalem bâti par Salomon. Or, et contrairement
à ce que l’on prétend habituellement, « Terribilis
est locus iste » n’est pas un avertissement inscrit par Saunière
pour écarter les personnes inopportunes, mais simplement l’avertissement
que son église est consacrée à un haut personnage Biblique.
C’est La Dédicace De Son Eglise. Reste à savoir à
qui, justement, est dédicacée ce temple, qui est la maison
du Seigneur, et ce malgré que le Seigneur y soit vraiment mal servi
!
Prenons donc la suite du message de consécration inscrit sur l’église
en question : « domus mea domus orationis vocabitur », c'est-à-dire
: « ma maison sera appelée une maison de prière »,
phrase suivie dans l’Evangile de : « or vous en avez fait une
caverne de brigands ». Or en temps normal, la dédicace d’une
église est suivie de la lecture de l’Evangile de Saint Luc,
XIX, 1-10, à savoir le passage sur la maison de Zachée : «
Aujourd’hui, le salut a été accordé à
cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham ».
Mais
Saunière, lui, n’a pas suivi l’ordre de la liturgie,
car l’Evangile qu’il place pour sa dédicace est le suivant
: « domus mea domus orationis vocabitur ». Extrait de l’Evangile
de Saint Matthieu, Chapitre XXI : « Et Jésus entra dans le
Temple de Dieu, et il chassa tous ceux qui vendaient […] dans le Temple.
Et il leur dit : Il est écrit : Ma maison sera appelée une
maison de prières, mais vous en avez fait une caverne de brigands.
» Ce passage est en cela comparable à celui de Saint Jean :
Chapitre II, « Otez tout cela d’ici, et ne faites pas de la
maison de mon Père une maison de marché. […] Jésus
dit : abattez ce temple, et je le relèverai dans trois jours. Les
juifs lui dirent : On a été quarante-six ans à bâtir
ce temple, et tu le relèveras en trois jours ? »
Nous voyons bien que Saunière a interpolé les Evangiles du
jour de la dédicace d’une église pour nous faire comprendre
le sens de cette même dédicace. Il faut savoir encore qu’une
telle cérémonie s’accompagne toujours du transfert des
reliques du Saint ou du Haut personnage Biblique auquel l’église
est dédiée. Ce qui signifie en d’autres termes, dans
l’esprit de Saunière, que la dépouille du « Patron
» de l’église reçoit donc une sépulture
en ce lieu, ou non loin. Mais pourquoi donc l’abbé, qui connaissait
son bréviaire, a-t-il interpolé les Evangiles de la dédicace
?
Il y a une raison toute simple à cela : « Terribilis est locus
iste » traduit l’existence d’une dédicace, mais
« domus mea domus orationis vocabitur » est L’Explication
de cette dédicace ! Ce passage de Matthieu comparé avec celui
de Saint Jean sur le même thème, indique avec une grande précision
l’identité du personnage auquel l’église de Rennes
se voit consacrée. Il est dit, « Jésus entra dans le
Temple de Dieu », et aussi, « On a été quarante
six ans à bâtir ce temple », et encore, « La cérémonie
de la dédicace du Temple de Jérusalem dura huit jours, l’église
consacre de même ses temples ».
L’église
de Rennes-le-Château est ainsi consacrée, non comme une église
ordinaire, mais exactement comme le temple de Salomon. Mais plus encore,
il est dit : « abattez ce temple, et je le relèverai »
et « On a été quarante-six ans à bâtir
ce temple », et Saunière utilise ces passages de l’Evangile
pour signifier que son église est dédicacée à
celui qui a rebâti le temple de Salomon ! Mais il ne parle pas de
Jésus, qui dans l’Evangile considère le temple comme
le temple de son corps (qui est donc mort et a été placé
sur la croix), et que ce même Jésus rebâtit par sa résurrection.
Non, Saunière avec son habitude de détourner les Saintes écritures,
insinue que son église est dédicacée à Hérode
qui mit, tel qu’il est écrit dans la Bible : « quarante-six
ans à bâtir ce temple ».
Jean-Baptiste
avant Hérode
Rappelez-vous que « ce trésor est aussi la mort ». C’est ce que l’on dit à propos du secret de Rennes-le-Château. Or le temple de Salomon et d’Hérode est un corps mort, selon ce que j’ai dit dans « le Christ Romain » ! Mais pour ce qui est des 46 années de construction du Temple : C’est en effet que le temple de Jérusalem, avant l’avènement d’Hérode, était fort abîmé et que par endroits il n’en restait plus que des ruines. Or Hérode s’engagea à reconstruire le Temple. Il fit venir Dix mille ouvriers, sous la direction de mille prêtres, et employa aux travaux le bois le plus précieux et les pierres les plus fines. Ce temple fut alors d’une grande magnificence. Il fallut près de neuf années et demi pour achever le gros du travail, mais il restait encore à construire les appartements du temple, aussi on continua longtemps à y travailler après la dédicace faite par Hérode. C’est cela qui fait dire à l’Evangile : « Il y a quarante-six ans qu’on bâtit le temple ».
Alors
la région de Rennes-le-Château serait-elle le temple d’Hérode,
et Hérode lui-même en serait-il la relique indispensable à
toute dédicace ? Or voici ce que nous savons d’Hérode
: Il y eu exactement trois Hérode différents. Le premier fut
Hérode l’Ascalonite, surnommé « le grand »,
et Iduméen de nation. Extrêmement cruel, c’est lui qui
fit rebâtir le temple de Jérusalem, et qui avertit de la naissance
du Sauveur, ordonna le massacre des premiers-nés de Judée.
Ce massacre porte désormais le nom de massacre des saints innocents.
Hérode fut pour cela qualifié par les Pontifes Lévites,
de Pharaon, (Pharamon) car il avait imité le Pharaon d’Egypte
qui avait jadis ordonné le meurtre de touts les premiers-nés
d’Israël, en espérant pouvoir faire disparaître
dans leur nombre Moïse. Cet Hérode mourut rongé par les
vers, environ un an après la naissance de Jésus Christ, mais
selon certains historiens, cela n’est pas certain car on situerait
sa mort plutôt deux ou trois ans suivant la date admise.
Le troisième Hérode, (nous sautons le second pour mieux l’examiner
ensuite) fut l’Agrippa (surnom), fils d’Aristobule, et petit-fils
d’Hérode le Grand. Il fit mettre à mort par décapitation
Saint Jacques, et fit emprisonner Saint Pierre. Mais ce Roi fut ensuite
frappé de Dieu à Césarée pour avoir agréé
les flatteries de certains hérétiques. Il mourut bientôt
d’une maladie pédiculaire, l’an 42 de Jésus-Christ.
Enfin,
le second Hérode est un personnage qui doit retenir au plus haut
point notre attention : Hérode Antipas, est le fils d’Hérode
le Grand, et c’est lui qui fit trancher la tête de Jean-Baptiste.
Ajoutons que c’est encore à lui que Pilate envoya Jésus,
pendant sa passion, pour le faire juger comme relevant de son tribunal.
Hérode Antipas, se montra pendant sa vie fort cruel, et une telle
conduite ne pouvait être récompensée que par une fin
peu enviable. C’est ainsi que Caligula, l’Empereur de Rome,
lassé des intrigues que ce Roi méditait, le fit reléguer
en France. Hérode partit donc vers cette contrée en compagnie
de son épouse Hérodiade, et vint s’installer à
Lyon pendant un certain temps. Mais, très vite accablé par
la misère, il semble s’être déplacé, et
on perd dès lors sa trace, si ce n’est que nous savons qu’il
mourut dans le sud de la France.
Marie
Madeleine, dans l'église d'Opoul (ancient statue de Perillos)
Pourquoi ne serait-il donc point inhumé dans la région de Rennes-le-Château ou de Périllos ? Rien ne permet, en effet de contredire cette opinion. D’autant que le diable Asmodée veille à l’entrée de l’église de Saunière, et que ce daemon est connu pour avoir gardé les trésors de Salomon et de son temple. Or Hérode, le père de celui qui fut exilé en France, ayant rebâti le temple de Jérusalem, devait avoir pour emblème et serviteur ce même diable.
La
solution serait-elle en ces quelques lignes ? Le raisonnement semble ferme
et ne prête point à de fortes contestations. Reste à
savoir lequel des trois Hérode gît dans un tombeau près
de Rennes-le-Château. Nous penchons pour le second Hérode,
mais rien n’est certain car les historiens ecclésiastiques
ont souvent bien du mal à faire la différence entre ces personnages
et la confusion est facile.
Nonobstant, il nous reste à préciser un point : Hérode
est un Iduméen. Qu’est-ce à dire ? Les Iduméens
sont les descendants d’Esaü, autrement nommé Edom, ce
qui donna par déformation linguistique Idumée. Ils ne sont
pas Juifs, mais plutôt Arabes, attachés à la branche
d’Ismaël. On les nomme aussi Hittites, ou Héthiens. Nous
lisons d’ailleurs dans la Thora, au chapitre X, que Cham, patriarche
des peuples ne buvant point de vin, eu pour descendance : Cus, Nimrod, Mitsraïm,
Canaan, et Heth. Notons que c’est de ce Heth que sortirent les Hittites
nommés autrement Héthiens, et auxquels Esaü s’allia,
et ce notamment par mariage. Hérode l’Iduméen est donc
un arabe, mais assez particulier.
Ajoutons que la première demeure des Iduméens fut l’Orient
de la mer Morte, dans les montagnes de Seïr. Ensuite ils s’installèrent
au sud de la Palestine, près de l’Arabie et de la Perse. Le
Seigneur, le Dieu d’Israël défendit alors aux Hébreux
d’attaquer les Iduméens Hittites et de mettre pied dans leur
pays (Deutéronome, Chap. II V. 5). Mais David en fit la conquête,
et se maria avec leurs femmes. Salomon fit de même, et son sang et
son esprit en furent ainsi changés, selon la Bible. Toutefois ils
demeurèrent ennemis des Juifs et sous le règne d’Ozias,
le prophète Amos leur fit, de la part de Dieu, de terribles menaces.
Jérémie les prévint ensuite que la colère de
Dieu s’abattrait sur leurs têtes et de fait, Nabuchodonosor
les fit tomber sous son joug et leur royaume fut dévasté.
Toutefois, ils profitèrent de ce que les Juifs étaient en
captivité à Babylone pour s’emparer d’une partie
de la Judée méridionale. Et c’est peu de temps avant
la destruction de Jérusalem par les légions Romaines, et juste
avant qu’on perde leur trace définitivement, qu’un Roi,
Hérode, sortit de leur souche.
Hérode
Encore
une chose avant de vous laisser à votre somnolence : Hérode
avait, avec ses Hittites, engendré une secte : les Hérodiens.
Les commentateurs de l’écriture Sainte ne sont pas d’accord
au sujet d’eux, Tertullien et Saint Jérôme ont cru qu’il
s’agissait d’une secte qui reconnaissait Hérode pour
Messie. Et cela semble tout à fait juste, surtout si l’on considère
qu’Hérode pourrait être le prototype de l’AntéChrist.
Casaubon et Scaliger déclarent d’autre part que Jésus
appela les sectateurs d’Hérode : « le levain d’Hérode
». Cette qualification dans la bouche de ces commentateurs donne à
penser que les partisans d’Hérode étaient les auteurs
d’une opinion dangereuse, d’une sorte d’hérésie
caractérisée. Il faut se souvenir que les Hérodiens,
détestés des Pharisiens, étaient attachés au
temple de Salomon, rebâti par Hérode le Grand, et l’on
peut se demander s’ils n’ont pas quelque chose à voir
avec les templiers d’Hugues de Pagan, ainsi qu’avec la secte
des Ophites ?
Et pour conclure, nous déclarerons qu’Hérode le Hittite
étant mort en France, et s’étant fait l’image
de Pharaon par l’assassinat des premiers-nés de Judée,
il fut inscrit comme premier Roi de France sous le nom de Pharamon. Sans
aucun lien de parenté, les Mérovingiens prétendirent
ensuite qu’ils étaient de la même lignée…
Isaac Ben Jacob
POST-SCRIPTUM: Certains diront toutefois que l’église de Rennes-le-Château est dédiée à Marie-Madeleine. Mais c’est en oubliant qu’il en existait une autre, dans le même village, que l’on dit savoir dédicacée à Jean-Baptiste. Or ce même Jean-Baptiste fut décapité par Hérode, et Marie-Madeleine ne servirait dans ce cas que de trompe-l’œil. L’approche de ce texte est conforme à la doctrine Rabbinique, conforme à celle de l’Eglise, enfin, conforme aux travaux des savants Israéliens. |