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Un vase pour Monsieur l'Abbé

 

 

La mémoire de la 'Salz'


Tous les chercheurs connaissent forcément le domaine de la Salse, ou Salz. Aujourd’hui ce domaine est devenu la tanière de ceux, et celles, qui firent des pieds et des mains pour finir par s’accaparer ces terres et bâtiments qui étaient à Jean de Rignie, décédé en 2001 si je ne me trompe pas. Berné, trahis par les uns, torpillé par les autres, trompé aussi par un peu tous et surtout par ces requins qui visaient ce site afin d’en faire leur possession et leurs choux gras. Jean avait eu trop confiance en les hommes du Razès et en leur parole. Surtout était-il confiant, à ces époques, où tous et toutes le moquaient de vouloir s’installer et conforter les derniers bâtiments restant de la surveillance du sel par les derniers gabelous. Il l’a fait sous les haussements d’épaules et les sarcasmes. Et puis la paix régnait sur ces lieux qu’il aimait et respectait, à sa manière, au possible.



Les ânes qui pètent de RLC


Autrefois des conférences, des réunions, des causeries se déroulaient dans ces bâtiments et nous y avons participé de nombreuses fois dans une ambiance des plus conviviales et chaleureuses. A cette époque, personne ne se disait pour ce qu’il n’est pas en se prenant pour un âne qui pètent et se prétendre ni plus ni moins que spécialistes de RLC, Marie-Madeleine et catharisme à la fois (et pourquoi pas Père Noël en même temps ?), pendant que les suivants nous expliquent que l’église de Saunière n’est en fait qu’une mosquée, synagogue ou igloo… Nous en passons et des meilleurs ! Quoiqu’il en soit, eut lieu la triste bataille du pot de terre contre tous les pots de fer s’achevant, comme il se doit, sous les coups dans le dos des charognards, par une cuisante défaite pour Jean et ses tout proches suivants. Pour nous ce genre d’opération est celle consistant à dire qu’à vaincre sans risque on triomphe sans gloire. Sans gloire oui mais avec une pompeuse et suffisante emphase dont il n’y a aucun lieu à être fier.


Fours à verre, stupidités et utiles méconnaissances

Les temps passent et l’oubli, à son habitude, a fait son travail. Jean est passé aux oubliettes, son travail sur les fours à verre a été lui aussi récupéré par les ânes qui pètent. L’air docte et crétin, ils nous imposent leurs litanies et finissent par tant nous saouler qu’au bout du compte ce sont ces ‘m’as-tu vu’ qui, sans la moindre honte, deviennent ‘inventeurs’ de ces découvertes faites par un chercheur sincère, honnête et désintéressé. Quand, sur le propos, ce ne sont pas des géobiologues et chamans d’opérette qui nous assènent, l’air évaporé, que ces ‘dômes de verre vert’ sont des énigmes archéologiques vieilles de 6000 ans, rien que ça !!!  Par chance, nous avons pu connaître Jean et en suivant ses dires et  pas, nous avons pu visiter des sites sur ce secteur qui, visiblement et heureusement ont échappé aux requins et messieurs ‘je sais tout’. C'est ainsi que tout ce qui n'était pas partie visible de l'iceberg de la Salz échappe encore aux voleurs de découvertes... mais pour combien de temps encore, c'est là que réside l'affligeante question. Ce sont plusieurs autres sites qui gisent, là dans d'épais fourrés, ici sous quelques tas de roches anodines et protectrices... ce sont quelques gisements qui, eux oui, datent de plus de 6000 ans mais pas là où on les attend. Et puis il y avait cette persistante histoire d'un dépôt, une galerie, un 'trou' que fait combler Jean avec l'aide de quelques derniers fidèles. Que reste t-il de ces témoignages des temps oubliés de ce secteur... 'Salien' peut-être ?


Recoins hospitaliers pour le bâtiment des gabelous ?

Toujours est-il que les recoins de ces bâtis prétendument 'de gabelous' (l'étaient-ils vraiment et seulement gabelous ces occupants? Dans le cas contraire, qui étaient ces gardiens et sur quoi veillaient-ils, sur ordre de quoi, qui, pour quelle raison ?) hébergeaient tant de 'choses' pouvant, pour le profane, se montrer tel un bric-à-brac que Jacques Prévert n'aurait certainement pas décrié.
Dans un décor, en quelques endroits dignes de l’imaginaire de monsieur Maurice Eugène Clément Jean Cocteau, sont entreposés des livres et éléments étranges. Ils ont été glanés au fil des ans dans des circonstances sur lesquelles un manteau de poussière couleur du temps, de ce temps qui s'était sans doute arrêté quelques instants... figé à une époque où, peut-être au cours d'une promenade digestive dont il avait 'le secret', monsieur l'abbé Bérenger Saunière, curé de Rennes-le-Château était venu se perdre dans ce secteur où tant d'autres se sont perdus au fil des avens ou des vestiges antiques. Au demeurant, qu'y aurait-il de si étonnant et mystérieux que notre prêtre soit venu se promener ici, lui qui souvent aimait à parcourir certains endroits peu éloigner de sa paroisse ?
Quoiqu'il en soit si ce n'est lui en personne, c'est avec une certitude formelle que ce soit une partie de sa personnalité RLCéenne qui se retrouve rangée là, on ne sait pourquoi ni par qui (encore que nous en ayons un doute profond), du temps de son vivant ou après sa mort.


Carton plein pour monsieur le curé de RLC


Quoiqu’il en soit, au cours d’un rangement, c'est dans un sombre repli du capharnaüm que sont remis à jour plusieurs cartons emplis de choses anciennes à l'apparence désuète. Tout serait passé inaperçu tout d'abord, et ensuite mis à la poubelle si parmi ce fatras certains papiers ne portaient pas un nom bien connu dans cette région, celui d'un certain 'Mr le curé Saunières' (on note l'orthographe avec un 'S' à la fin du nom)... Ce contenu sera soigneusement trié en attendant que son sort soit fixé. Ce dernier le sera vite et la rumeur sera doublée, l'été suivant, d'une petite expo dans un local de Renne-les-Bains d'objets provenant de ce carton 'sauniérien'. C'est là que votre serviteur  en prend connaissance dès la première heure du premier jour de cette présentation. C'est cette primeur, agrémentée d'un prix de vente proposé raisonnablement, qui nous permit de fermer la main sur ce petit ensemble.

Pour l'instant, ce sont les papiers qui sont en cours d'étude ainsi que quelques objets usuels dont on peut se demander pour quelle raison ils ont été choisis pour échapper au nettoyage par le vide. Parmi ceux-ci on trouve un vase que plusieurs 'connaisseurs' reconnaîtront pour en avoir entendu parler et pour deux ou trois qui eurent l'occasion de le voir à la Salz ou des dizaines lors de son exposition à Rennes-les-Bains.

Les deux personnes rencontrées lors de cette transaction pensent alors, et ont tout lieu de le faire, que ce ‘colis’ d’affaires de Saunière aurait tout à fait pu être déposé par Marie Denarnaud, pourquoi pas sur les conseils de Saunière lui-même. Un homme qui peut-être aux abois, sentant un certains nombre de choses lui échapper ou encore un état de lassitude accentué par les avatars d’une vie pour le moins tumultueuse, prend certaines mesures pour des éléments devenus pour lui des ‘éléments certains’… des éléments certains à un tel point qu’il les dépose en des endroits où nul ne pensera aller les chercher. Si tel est le cas, l’abbé joue et gagne car le contenu du carton échappa à tous les requins, ‘malin sans R’, charognards divers et avariés. Ensuite, ce sont des remontées de souvenances, des mots, des images… et surtout celles d’une Marie Denarnaud dont la mémoire est à présent livrée en pâture à de tristes nécrophages à masque de grotesques chercheurs. Mais le pire n’est-il pas que ceci se passe dans la plus parfaite indifférence de tous et chacun, chacune. A moins, bien entendu, d’admette que ces ténors bidons ne savent rien de l’essentiel de la suite des événements concernant Marie Denarnaud malgré les airs doctes qu’ils tentent de donner à un auditoire de gogos. Quoiqu’il en soit, on n’ose pas imaginer ce que serait devenu ce colis et son contenu, vase, objets et documents entre de telles sales mains. Au demeurant il est temps, à présent, de revenir à ce vase qui fut tenu entre les mains de l’abbé Saunière, de sa servante et vu par tant de visiteurs jusqu’à la famille Corbu à qui il échappe heureusement, sans qu’on sache comment et pour qu’elle raison, là encore. De ceci nous en avions parlé avec Jean-Luc Robin qui semblait savoir au moins l’existence de ces vases, dont un, pour lui, aurait été vu dans la maison d’un village tout proche de Rennes-le-Château. Il cherchait cet endroit quand la Camarde vint l’emporter à l’affection des siens et au moment de diriger RLC.


Un vase de Limoges

Ce vase en lui-même n'a rien d'extraordinaire sur le plan symbolique que nous pourrions attendre. A son revers, dessous, se trouve l'estampille couleur vert de chrome authentifiant son origine de fabrication à Limoges : on lit dans un phylactère LIMOGES et France ensuite, au dessous, avec sans doute les lettres d'identification de l'atelier de manufacture. Sur le devant, ce sont des grandes fleurs multicolores 'en jetée' pour la partie 'ventrue' et pour le haut, sous le col, une frise large et haute de trois fleurs dorées entre les anses, et aucun décor pour l'arrière. Pendant qu'au dos le bouquet est 'au trait' et simplement doré. Les anses sont toutes deux dorées, comme la base et le large col sont ornés de filet doré. C'est tout pour le décor. On sait par quelques factures que ce vase avait un jumeau qui, lui, a disparu, cassé nous dit-on. Celui qui nous reste dut être fracassé également car il est recomposé de près d'une vingtaine de morceaux. Alors qu’est-ce qui put valoir à celui-ci d’être rescapé et sauvé de la poubelle du domaine de la villa Béthanie au moment du nettoyage par le vide et le pillage ?



Un puzzle sans raison évidente

Devant un tel puzzle on se demande ce qui lui vaut un tel acharnement, ou traitement de faveur, à vouloir le reconstituer. On ne peut avancer l'hypothèse d'une valeur pour ce vase, mais elle ne tient pas longtemps car brisé en tant de morceaux, ce genre de pièce de Limoges de vaut plus un clou. Alors qu'est-ce put motiver une telle attention ? Et bien, on ne le sait pas et on ne peut penser qu'à un effet de mémoire ou de fétichisme exacerbé pour notre curé...

Etrangement, si le vase est quasiment reconstitué, on remarque que cette opération est faite sans le moindre goût ou précaution. De la colle a bavé en grosse quantité sur tous les points de rafistolage. A ceci on ajoute que seul le col n'a pas eu droit à ce travail. Pourtant les morceaux sont tous là, en attente, et entreposés, soigneusement pliés avec du papier journal dans le vase lui-même... Peut-on supposer le découragement après cette frénésie à vouloir lui redonner son aspect d'origine, ce serait assez étonnant. Nous pensions finir de recoller toutes les pièces... mais en somme, à quoi cela servirait-il au fond, puisqu’il est arrivé ainsi, de vouloir lui donner une autre apparence.

Ce puzzle dans sa boite en carton contenait ce vase reconstitué et divers petits objets comme un très vieux porte-monnaie, deux boites de faibles dimensions, de vieilles cartes de visites, quelques médailles de fer blanc sans la moindre valeur même si elles sont anciennes. A ceci s’ajoutent quelques courriers, des documents pour le moment confiés à l’étude et surtout une blague à tabac contenant encore un peu de son contenu, ainsi que pour finir des feuilles de papier à lettres à l’entête d’un hôtel de Biarritz.


Une bouteille en forme de vase, lancée à la mer salée ?

On notera que chacun de ces objets est d’une dimension qui lui permet d’être introduit dans le vase sans problème pour le goulot ainsi que l’ensemble des documents qui sont dans le format proche du ‘A5’ qui, une fois roulés dans le sens de la largeur entrent, eux aussi, sans encombre dans le même récipient.

Alors ? Alors le lecteur aura compris que de ces remarques, il n’y a qu’un pas pour supposer que ce vase contenait un certain nombre de choses qui lui furent confiées comme un naufragé confie espoir, peur et attente à une bouteille à la mer. De là, on peut supposer que les traces noirâtres parsemées autour de l’intérieur du col peuvent être les résidus d’une matière destinée à fermer hermétiquement (ou non) l’entrée du vase. Ce dernier fut-il cassé volontairement ou non reste la question importante. S’il fut fracassé volontairement c’est que son rôle était connu ou en tous cas supposé à raison au demeurant. S’il fut brisé par maladresse, le résultat reste le même. Son contenu fut, de fait, découvert et ce qui reste est, pourquoi pas, amputé des éléments essentiels. Mais pour nous ces derniers sont là… épars. Hé oui, car sinon pourquoi avoir tout laissé tel quel, à la postérité, si ‘on’ en a tiré la ‘substantifique moelle’ et souhaite, c’est bien humainement compréhensible, et qu’on veuille l’exploiter pour soi ? Le plus simple n’est-il pas de tout finir par jeter aux poubelles… sauf si cette casse est le fruit d’une simple maladresse et qu’on va simplement penser trois franc six sous de cette potiche à l’aspect pitoyable et dont seule la mémoire et l’image d’un homme exceptionnel put tenir hors de l’eau. Ca nous ne le saurons sans doute jamais. Pour nous, à cet instant, nous retenons simplement que ce contenu est fait de documents et d’objets dont l’anachronisme et l’incohérence ne peuvent que souligner qu’un message y est peut-être contenu… peut-être, et sans doute forcément.


Les impossibles de madame Marie Dénarnaud

Pour l’instant nous ne donnons ici que les images du vase qui est connu de deux ou trois personnes du fameux milieu RLCéen et de fait incontestable. Pour le reste, tout ce reste, fait des deux petites boites et documents il sera mis en ligne sur les colonnes SP une fois TOUTES nos études terminées afin que les pirates de tous poils ne puissent nous spolier une fois encore ou dénigrer ces travaux. Alors, seulement à ce moment nous verrons si ce qui a été dit dernièrement sur Marie Denarnaud est complet ou non, et surtout s’il n’est pas le fruit de ténors fainéants ne tenant pas à se fatiguer à chercher un peu de tangible en lieu et place de sottises du genre de ragots montrant une servante servile à messieurs Otto Rahn et Hasbourg et consort. Le problème serait de demander, à qui de droit, les dates des visites de l'Öbersturmfürher Rhan à madame Marie Denarnaud, ex-bonne de curé, ainsi que celle des impériaux membres de la famille de Habsbourg… Ben oui, car le problème restera que le secteur ne peut être occupé qu’à partir de 1941 au minimum et qu’à cette date le SS est mort… ça percute mais c’est comme ça ! Et bien d’autres choses à l’avenant, comme se demander pourquoi personne n’a jamais vu de voiture d’empereur ou d’officier SS. Mais comme personne ne dira jamais rien, et bien, un de ces jours on nous racontera que la bonne Marie hébergeait des extra-terrestres dont l’OVNI était planqué dans la crypte sous l’église… et tout le monde applaudira le scoop, devenu un sous scoop ou plutôt la soucoop. Mais au fait… qui va régler les sous-tasses de telles énormités ? Mais simplement les lecteurs et lectrices.

En attendant le reste de cette étude, les objets et documents seront mis, dès cette parution, à la disposition de ceux et celles du CERCLE.


A bientôt pour cette suite sur ces colonnes

André Douzet
Le 15 janvier 2012




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