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| Promenons-nous près de Villepinte |
En
visitant le village…
La
Société Périllos installe ses locaux dans de nouveaux
bâtiments… Cependant, les travaux de chantier peuvent également
rimer avec curiosité et visites sur son nouveau secteur.
Le hasard nous ayant de nombreuses fois gratifié de quelques découvertes
intéressantes, nous nous en sommes remis à sa bonne fortune
une fois encore.
Nous ne pouvions pas commencer par un autre lieu que le village de Villepinte
pour nos premières excursions de recherches. C’est donc tout
naturellement sur cette commune que s’ouvrent nos premières
investigations, plus particulièrement par la visite de l’église
du village.
Celle-ci, dédiée à St Jean le Baptiste, dut subir de
nombreuses réhabilitations car au fil des siècles et des guerres
de religions, elle fut une cible de choix en raison également de
son clocher pouvant servir de retranchement. Le duc de Joyeuse, combattant
le protestantisme auquel s’était rangée cette ville,
finit par détruire ce bastion potentiel, en mai 1591, à coup
de canons. Cette partie du bâtiment sera reconstruite mais jamais
ce clocher ne retrouvera sa hauteur d’antan ni sa beauté…
Une légende dira même que les habitants « ont vendu le
clocher pour cent escargots » sans que soit clairement expliqué
ce que les escargots viennent faire dans cette canonnade ou dans sa reconstruction…
Car il est bien évident qu’une centaine d’escargots ne
peuvent nourrir longtemps et abondamment une population toute entière,
même en état de siège !
Toujours est-il que les profondes origines de cet édifice remontent
aux heures les plus antiques, avec un culte reconnu à Diane, remplacé
par une chapelle édifiée par les moines de Sorèze qui
la veulent similaire à celle de Sainte-Madeleine de Pezens, et la
place sous le vocable de Notre-Dame de la Romenguière. Ajoutons que
durant la croisade contre le Catharisme, le village adhère à
cette cause car son seigneur, et sa fille, deviennent d’inflexibles
représentants de cette religion… à tel point que St
Dominique s’y déplace en personne pour extirper l’hérésie.
Le 14 mai 1490, le sanctuaire passe sous le vocable de St Jean le Baptiste…
Première
rencontre avec l’atelier Giscard
Nous
reviendrons forcément sur le passé historique de ce village,
son église, certains de ses bâtiments, ses seigneurs et éléments
insolites. Pour l’instant, nous entrons dans l’édifice
pour une première vue d’ensemble. La statuaire est dans le
plus pur style sulpicien et n’offre rien de particulier, du moins
à première vue, tout comme le chemin de croix en grandes ‘stations’
polychromes ressemblant relativement à celles sorties des ateliers
de Giscard de Toulouse.
Si ces décorations, sans doute de grand intérêt, sur
l’instant ne retiennent pas toute notre attention, celle-ci se trouve
tout à coup éveillée au moment de contempler l’espace
commémorant la mémoire des soldats morts pour la France lors
des grandes guerres. On ne peut manquer cet endroit où trône
en son centre Jeanne d’Arc brandissant son épée, entourée
de St Michel à gauche et St Georges à droite, terrassant leur
dragon, l’un de sa lance et l’autre le surmontant en tenant
son glaive… Au-dessous de ces personnages guerriers s’étale
largement une longue plaque de marbre portant les identités des hommes
ayant payé de leur vie la victoire de leur patrie… Rien à
dire de plus sur cette scène bien habituelle marquant par ce geste
la reconnaissance du village pour ses héroïques enfants…
Tout serait normal pour la circonstance si, au centre de cet ensemble, un
ornement n’attirait particulièrement notre regard, car c’est
bien du fameux monument aux morts dans l’église de COUIZA,
sorti des ateliers Giscard, dont il s’agit cette fois encore. Tous
les mêmes détails y sont bien représentés, jusqu’à
la couleur beige et la devise « je suis la résurrection et
la vie » qui y sont identiques. La seule différence se situe
dans l’encadrement de la scène qui, tout en haut, n’est
pas la même en raison du décor d’encadrement qui devait
être propre à chaque église selon la place disponible.
Certes, il ne peut s’agir que d’un simple hasard comme celui
qui nous permettait de trouver le même décor honorifique dans
l’église d’Armissan à propos des frères
De Chefdebien et dans l’église de Tarentaise dans le Pilat…
ceci est pour nous le troisième monument de cette sorte que nous
retrouvons… par le plus simple des hasards.
En
parcourant Sainte Eulalie aux Bois
Plusieurs
jours plus tard, à la demande d’un de nos auteurs travaillant
sur Clovis d’Ardentor et l’énigme
de Gustave Vison à Notre-Dame de Marceille, nous nous rendons dans
un autre petit village, Ste Eulalie (il en existe 11 de ce nom en France),
situé à peu de distance de Villepinte. Après avoir
rempli la mission photographique demandée, nous nous promenons dans
les ruelles de ce village sous le soleil. Nos pas nous conduisent vers l’église
non sans ne pas manquer d’observer un curieux calvaire disposé
avant la montée vers l’édifice. Il s’agit d’une
bien étrange sculpture montrant un personnage enlaçant un
fût de croix cassée. Sous la scène se lit la curieuse
devise : « PASSANT GEMIS ET PENSE ». On note que ce personnage
d’apparence masculine est en réalité une femme car par
endroit son long manteau laisse paraître une chevelure ondulée
dépassant la taille ! Cette femme, donc, lève la tête
vers le haut de la colonne tronquée en l’enserrant entre ses
bras. On pense alors qu’il peut s’agir, de manière surprenante,
d’une représentation de Marie Madeleine, parfois dans la même
posture au pied de la croix… Mais le plus curieux reste encore dans
la forme du visage particulièrement usé par les intempéries
et le temps. Certes, là encore, il ne peut s’agir que des effets
de notre hasard de service qui, cette fois, a quasiment donné à
ce visage les traits de celui de la « tête du Sauveur »
autrefois fixée à la façade du presbytère de
Rennes-les-Bains par l’abbé Boudet !
Nous voici à
présent devant une église des plus anciennes dans ses structures,
avec une tour-clocher rappelant celles de certaines églises catalanes
des Pyrénées Orientales.
Il s’agit là d’un édifice placé sous la
protection de Sainte Eulalie dont une statue rappelle sa bienveillance dans
le chœur, en opposition à Sainte Germaine, de l’autre
côté de la grande croix, derrière le maître-autel.
Une statuaire une fois encore intéressante mais sans effet immédiat
sur notre réflexion. On note qu’une chapelle dédiée
à la Vierge est ornée d’un autel en marbre des plus
remarquables possédant encore sa ‘pierre d’autel’
avec son sceau de cire, assez rare pour être signalé. Une vierge
en bois doré mérite l’attention car, si elle tient l’enfant
Jésus sur son bras gauche, elle tend son autre bras en regardant
sa main tenant une petite bille entre le pouce et l’index… comme
dans l’église de Palairac que nous connaissons bien! Les amateurs
compétents apprécieront le détail, n’en doutons
pas.
Seconde
rencontre avec l’atelier Giscard
En
revenant sur nos pas, nous arrivons dans le lieu traditionnellement réservé
à la mémoire des enfants du village tombés au champ
d’honneur… Un Saint Michel, de sa lance, à gauche, cloue
la bête au sol pendant que Jeanne d’Arc, à droite, représente
la forme féminine du sacrifice guerrier… Les deux personnages
encadrent la liste de ceux qui donnèrent leur vie sans compter. Au-dessus
des deux colonnes de noms, notre surprise est encore au rendez-vous du hasard
avec une autre représentation du monument aux morts produit par les
ateliers Giscard de Toulouse !
Cette fois, cependant, la représentation est polychrome… et
d’une si belle finition que l’arrière-plan laisse distinguer
clairement une ville en proie aux flammes des combats, ce qui se voit mal
sur les autres monuments d’un beige monochrome et mat… La signature
‘Giscard’ est parfaitement lisible à hauteur de la main
du soldat terrassé ainsi que la devise devenue habituelle : «
Je suis la résurrection et la vie ».
Avec cette réalisation, nous venons de retrouver un cinquième
de ces moulages produits par les ateliers toulousains devenus célèbres
dans l’affaire de Rennes-le-Château et de l’abbé
Saunière…
Un dernier détour, en repartant, par le vieux cimetière où
des noms, forts communs au demeurant dans cette région, nous rappellent
eux aussi cette affaire aux confins du Razès. Ainsi se trouvent,
dans ce royaume des morts, des familles Denarnaud, Nègre, Pomerède
et autres abbés aux accents sonnant clairs le souvenir de Rennes-le-Château
et Notre-Dame de Marceille…
Nous avons fait également une dernière découverte qui
pourrait bien nous ramener à l’Ordre du Temple… Cependant,
la fragilité, la rareté et l’intérêt d’un
tel vestige nous interdisent de donner la nature de ce vestige et encore
moins le lieu où il repose. Nous ferons tout d’abord une sortie
commune avec les adhérents de la SP afin qu’ils profitent de
la primeur de cette découverte ; ensuite, nous en ferons une étude
comparative et enfin nous la livrerons avec les précautions d’usage
sur les colonnes de notre site SP… en rappelant que ce sont les travaux
remarquables de notre ami Zéphyrin, sur le sujet de Gustave Vison
et Clovis d’Ardentor, qui nous ont conduits sur ces témoins
anodins ou… nettement plus imbriqués dans nos travaux actuels…
Décidément, les locaux de notre SP se trouvent bien entourés,
dans un pays au passé aussi riche que celui de cette région
sur laquelle nous reviendrons très prochainement.
André
Douzet