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D’étranges
découvertes à Périllos |
Des
statues anormales retrouvées sur ce territoire
Plusieurs
statues ont été découvertes à Périllos
au fil des années… Fort heureusement nous avons eu la chance
de pouvoir en récupérer quelques unes, toutes de formes, de
représentations et sans doute d’époques différentes.
Deux sont quasiment entières, bien que la plus importante ait été
retrouvée brisée et dont, malheureusement, il nous manque
deux ou trois morceaux pour la compléter.
Cette dernière, la plus haute, mesure près de 20 centimètres…
et semble être ce que beaucoup décriraient comme une sorte
de représentation d’une « créature extra-terrestre
». En effet, il apparaît une certaine ressemblance avec les
statues découvertes à Eridu (Sumer), datant de la période
d’Ubaid (4500-4000 avant JC). Ce type de statue est souvent décrit
comme « reptilien » et quelques auteurs les ont interprétées
comme des déités sumériennes antiques - qu’elles
ont également classifiées comme ‘êtres extraterrestres’.
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D’abord,
notons que la statue n’a aucun pied clairement identifiable, qui semble
absent sur ce secteur de la statue qui lui à servi de base.
Les deux mains de la figurine sont placées sur chaque côté
du ventre. Autour de son torse supérieur, on distingue nettement
un collier en relief, ou la base d’un masque ou casque muni de rivet
sur la collerette.
Le visage a deux oreilles prolongées, des yeux saillants, une arête
de nez qui va jusqu’au dessus de la tête, une bouche surdimensionnée,
avec de petites bandes au-dessus de la lèvre supérieure, suggérant
une moustache.
Il n’y a rien d’humain dans la face du personnage… et
tandis que certains peuvent qualifier d’ « extra-terrestre »
cette créature, nous dirions que son profil suggère qu’elle
soit plus animale que « ET ».
Ajoutons que cette réalisation est creuse et ouverte sous son ‘socle’.
Il est possible qu’elle ait été prévue pour orner,
et s’enfoncer sur une sorte de hampe, ou simplement creusée
pour en faciliter la réalisation et le modelage. Le matériau
qui la compose est une sorte d’argile d’un gris sombre légèrement
craquelé et souligné plus sombrement par endroit.

Une des autres statues est de type féminin: elle a un ventre prononcé et les deux mains tiennent ce que sont clairement des seins. Sa tête est absente ainsi que ses pieds ou bas de jambes qui sont tenus serrés. La facture de cet objet est assez soigné et morphologiquement bien représentée. L’auteur avait donc une connaissance de l’anatomie féminine suffisante pour les détails des seins et du sexe… et pourtant nous remarquons que le sujet est dépourvu… de nombril ! Faut-il comprendre que le sujet représenté soit suggéré matriciel (sexe) mais non issu d’une filiation habituelle (absence d’ombilic) ? S’agirait-il d’un personnage féminin du type ‘Eve’ capable cependant d’engendrer ?... où sommes nous en présence d’une divinité dont les particularités sont oubliées ? Le sujet est modelé dans de l’argile rouge avec une cuisson parfaite.
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Une troisième statue, plus petite mais entière et non détériorée semble masculine, et représentée une tête surdimensionnée sur l’arrière du crâne. Le modèle est plein et sans aucun orifice apparent. Ajoutons qu’il ne parait pas prévu pour tenir debout… Ses mains sont le long de son corps. Sa tête semble, là encore, porter un casque, l’arrière de la tête dépassant largement le prolongement arrière du torse. Le dos de la statue est orné de 14 trous, placés sur quatre lignes : une horizontalement sur la tête, deux verticalement le long des bras et une ligne verticale, suggérant l’épine dorsale. La terre utilisée est de couleur ocre terne ayant subi une cuisson de finition. La dimension de l’objet n’excède pas treize centimètres.

Enfin, il reste un quatrième sujet énigmatique. Ici les détails sont peu soulignés et ne permettent pas d’identification masculine ou féminine. En réalité rien ne représente le corps, des bras ou des jambes. On peut la décrire comme une sorte de barre, ou bâton, cylindre maladroit orné d’une tête à son extrémité. L’objet est trop fortement érodée pour distinguer avec précision les traits caractéristiques du faciès qui peut-être également celui, très vague d’un oiseau. La finition n’est pas de bonne qualité et non lissée.
Origines
?
L’origine
de ces statues se situerait dans « la vieille Europe », comme
en attestent les livres sur le sujet. La « vieille Europe »
est définie comme la région s’étendant de l’Italie
méridionale à l’ouest, au littoral de la Turquie à
l’est, Crète et Malte dans le sud et la Tchécoslovaquie,
la Pologne méridionale et l’Ukraine occidentale dans le nord.
Ce terme fait référence au nom d’une civilisation européenne
autochtone, ayant existé de 7000 à 3500 avant JC. Son apogée
date de 5000 avant JC, mais dès le 6ème millénaire,
ce peuple utilise des navires. Il utilise le cuivre et l’or pour des
ornements ainsi que des outils et semble même avoir conçu une
écriture rudimentaire.
De fait, nous notons immédiatement que ces statues doivent, en effet,
représenter ici les déités de cette culture antique.
En outre, nous notons que l’identification de ces statues serait en
relation avec la prétendue « culture de Vinca ».
La
culture de Vinca était une culture précoce de l’Europe
(entre le 6ème et le 3ème millénaire avant JC), s’étendant
le long de Danube en Roumanie, en Serbie, en Bulgarie et dans l’ancienne
République yougoslave de Macédoine, bien que des traces puissent
être trouvées également tout autour des Balkans. Elle
doit son nom de Vinca qui est une banlieue de Belgrade, où en 1908,
plusieurs objets façonnés ont été trouvés
lors des premières fouilles archéologiques de l’équipe
de Miloje M. Vasi. Après la première guerre mondiale, les
fouilles ont été reprises depuis 1924. Vinca a retenu l’attention
de la société archéologique européenne entre
1929 et 1931.
On peut dés lors dire formellement
que les statues trouvées à Périllos ne sont pas à
leur place. Il est plutôt rare de trouver ces statues en dehors de
la vieille Europe. En outre, la cachette de Périllos où on
été retrouvées ces représentations concerne
au moins quatre statues différentes, et non pas seulement une.
En conclusion, il est clair qu’il doit y avoir eu une bonne raison
pour laquelle quelqu’un – à une date non déterminée
– a décidé de laisser ces statues dans le secteur de
Périllos.
Comparaison
Comme
nous l’avons dit, les statues de Périllos sont caractéristiques
de la culture de Vinca ; du type de tête (considérée
comme un masque ou casque protégeant toute le crâne) au «
type de cheminée » (précédemment désigné
sous le nom de « bâton cylindrique ») de la statue, qui
est normalement décrite comme ornée par un « masque
d’oiseau ». Même le modèle, perçé
sur le dos, est typique des vieux dessins européens. Un exemple d’yeux
identiques peut être trouvé dans Crnokalacka Bara, au sud-est
de la Yougoslavie, aussi bien qu’à Medvednjak, au sud-est de
Belgrade.
La “statue de cheminée” est semblable à celle
trouvée à Porodin, près de Bitola, en Yougoslavie,
datée du 5000 avant JC.
Une statue de Youg tient ses mains dans la même position que celles
de la première statue.
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Interprétation
Selon Gimbutas, ce style d’antiques statues européennes montre un changement de culture. On y trouve notamment un désir que les statues soient habillées, non seulement avec un masque, mais également par des vêtures. Considérant que les statues étaient dénudées, le changement remarquable qui s’est produit en Europe, durant cette période, fut que quelques statues soient montrées habillées.
Le dispositif le plus frappant des statues est le masque ou casque. Pour citer Gimbutas : « l’artiste du Vinca a attaché un intérêt particulier pour le masque. Ce sont les aspects distinctifs et peu communs de ses masques sculpturaux qui rendent si unique la statuaire de Vinca. »

La statue en forme de cheminée est souvent interprétée comme une description de la déesse d’oiseau. Certaines ont été trouvées fixées au toit de certains types de tombeau. Ce sont les types de tombeaux de petite taille. La cheminée est typique, comme celle trouvée par exemple dans le monticule néolithique de Porodin près de Bitola. Elle est normalement décorée d’une déesse avec un bec, de larges yeux et décorée d’un collier. La divinité était censée étendre sa « protection » au-dessus du toit du tombeau, en conformité parfaite avec les descriptions égyptiennes postérieures d’une déité femelle – ange – étendant son aile en signe de protection.
Vers
Périllos
Les
objets façonnés ont été découverts dans
le secteur de la grotte de la Caune qui est une caverne impressionnante
et profonde dans la vallée entre Opoul et Perillos, au pied de Montalhou
Perillou, la plus haute montagne de la région (env. 800 mètres).
Que les objets façonnés aient été découverts
dans ce périmètre ne semble pas être une coïncidence.
Gimbutas elle-même souligne que le culte de la Vieille Europe est
très semblable à celui de la Crète.
Ici, nous trouvons également une vénération spécifique
aux cavernes, qui sont souvent identifiées aux dieux… spécifiquement
à Zeus. Ces cavernes sont souvent désignées sous le
nom du lieu de naissance ou du tombeau d’une déité,
bien que parfois on les trouve également comme endroit d’abri,
par exemple Zeus se cachant de son père. Des cavernes ont été
souvent interprétées comme vulva – le ventre –
de la Terre, et ainsi la présence des statues des dieux, ou étant
destinés à leur culte, était normale.
Gimbutas précise que les stalagmites, dans ces cavernes, ont été souvent choisis pour un culte spécifique. C’est le cas en Crète, mais il est clair que la caverne de la Caune à Périllos est également dotée de ce dispositif.
Un secteur vers la gauche en bas de la grande cavité (depuis l’entrée)
est celui où d’autres objets façonnés (pas forcément
antiques !) ont été récupérés. C’est
un endroit de la grotte où l’on trouve une très forte
concentration de croix de différents types (arbalétiforme,
cloisonnée, anthropomorphe), ainsi qu’une très impressionnante
concrétion en forme de tête (vu de profil) surmontant une sorte
de toge ou vêture.
L’homme de Tautavel (le plus vieil homme d’Europe) a prouvé
que ce secteur fut très tôt habité par nos premiers
ancêtres. Ce ne devrait pas être une surprise que La Caune,
comme la caverne de Tautavel à quelques kilomètres, aient
été choisies pour un culte très spécifique,
et ceci depuis plusieurs milliers d’années.
Une dévotion particulièrement forte, qu’il nous restera
à déterminer, du secteur a pu être la raison d’être
des statues de la Vieille Europe trouvées à Périllos
et ceci, naturellement, entrerait d’une manière logique dans
l’approche géographique sacrée que nous avons vue dans
la disposition des divers sanctuaires de Périllos… dont le
site de La Caune est un élément majeur.
Filip
Coppens & André
Douzet
Nos remerciements à Odile Martinez