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Société Périllos ©

Vingrau
(2ème partie) - Le pas du Cheval ou de la Lune

 

Un fait divers qui ne l’est pas tant que ça

Ce secteur du fameux du « Pas » ou « trou » du Cavail » (Cheval), comme nous l’avons déjà vu, se dispose au point de rencontre et de communication de deux versants. L’un donne sur le secteur de Vingrau et le second sur celui de Périllos.

Ce dernier endroit nous intrigue terriblement car il se situe quasiment à l’aplomb de l’Oriole et plus particulièrement, pour nous, à vue au dessus des rares vestiges du Couvent de Sainte Cécile. Certes, si la distance à ‘vol d’oiseau’ n’est pas très longue entre ces points (environ 1,500 km), la parcourir sur le terrain est toutefois un peu plus long. Cependant, si le dénivelé impose une certaine attention il n’y a pas de difficulté majeure à suivre le sentier existant. Celui-ci, au demeurant, est fréquemment parcouru en période estivale par de nombreux promeneurs ou plus insolite, nostalgique, encore par des randonneurs accompagnés de mulets bâtés. Ces animaux au pied sur en lieu escarpé étaient, sans doute, forcément déjà utilisés pour le transport et l’échange de marchandises d’un versant à l’autre…

Rappelons que cet étroit franchissement, taillé naturellement dans la lame rocheuse de la ligne de crête, permet un considérable raccourci en évitant à l’usager de se détourner pour les mêmes destinations jusqu’au ‘pas de l’Echelle’. Si ce dernier passage fut aménagé par les romains pour circuler d’une vallée à l’autre, et mieux encore d’un pays à l’autre, c’est sans doute tout simplement en raison des liaisons entre le secteur de Rivesaltes et celui de Tautavel ouvrant ensuite sur les vallées desservant naturellement le contrebas du Razès.

Cette voie, on le remarque dans les commentaires historiques conséquents, était essentiellement utilisée par les légions romaines en ordre de marche et, tout naturellement ensuite, par les différents envahisseurs ou bandes guerrières médiévales qui se succédèrent en déferlant sur la contrée. Le petit fort de Vingrau n’étant pas vraiment fait pour contenir ou endiguer une horde militaire décidée à en découdre, il faut ensuite attendre le château de Tautavel pour rencontrer enfin un verrou de défense de ligne assez puissant pour un siège ou un contrôle plus… musclé, des déferlements soldatesques. Rappelons encore une fois que la place forte de Tautavel était placée sous le commandement de François de Périllos nommé en octobre 1348, châtelain à Tautavel par le roi d’Aragon qualifiant honorifiquement son vassal de « delecto et carissimo ».

Au demeurant, le territoire des Périllos empiétait largement sur le versant de Vingrau et, pour cette raison, nous portons toute notre attention sur ces endroits sous leur domination, qu’ils ne pouvaient ignorer dans les détails, les habitations et les lieux de cultes attenants comme le prouve leur donation, en 1198, à Fonfroide des prairies du col Combals et le ruisseau de Génégals.

Les balises de l’interdit…

Ruines St Cecile

Plusieurs de nos correspondants s’engageaient à tenter de parcourir ce secteur à la recherche de vestiges ou traces laissées par ceux, celles, pratiquants cette région depuis des siècles. Une borne de séparation était à cette occasion retrouvée, ses coordonnées GPS relevées… ainsi qu’avait été pratiqué, à toute fin utile, le moulage de ses principales inscriptions. Ceci se plaçait forcément sur le plan de la pratique du terrain et des propriétés des seigneurs. Il est évident que cette borne n’offre aucun intérêt sur le plan religieux où d’une mémoire attachée à d’anciens lieux de cultes qu’ils soient issus du paganisme antique ou de cette religion nouvelle, il y a deux mille ans, qui fixait sur ce territoire une sorte d’interdit en raison de certaines balises qu’étant impuissante à pouvoir les détruire tentait d’en faire oublier la teneur et l’existence. Si ces dernières se situent généralement dans les méandres de la Mourtre, on ne peut nier que d’autres nécropoles et sanctuaires furent installés sur les hauteurs environnantes telles que la Caune et d’autres cavités plus ou moins connues dans d’autres directions.

D’abord les sabots du cheval et leurs fers

Il est indéniable, comme nous l’avions vu dans notre précédent article sur le ‘trou du cheval’, que les falaises de ce secteur fournirent des refuges et lieux probablement voués à quelques rites oubliés… Ces rites s’adaptant lentement à une évolution spirituelle antique arrivèrent, avec une certaine vigueur, jusqu’à il y a près de deux mille ans. A ce moment, avec l’arrivée des premiers évangélisateurs, la religion récupère inexorablement les points les plus intéressants où trop ancrés dans la tradition locale pour en être éradiqués. Elle superpose sur ceux-ci ses propres calendriers, saints et saintes ou autres besogneux ermites qui se chargent alors d’adapter, parfois à l’emporte-pièce, l’ancien au nouveau.

Ceci dit, nous savons que le site versant Périllos de cette falaise limitrophe dut servir pour différents cultes ou mémoires dont nous ne pouvons à ce stade avoir une idée précise. Le périmètre de ce ‘passage du cheval’ est orné, d’une part de pieds et mains d’humains et, plus loin, de gravures rudimentaires en forme, à première vue, de fer à cheval.

Le rapport est des plus tentants à faire entre l’équidé et les fers… Cependant, cet appareillage équipant les sabots sont relativement récents. Par exemple, les Grecs ne connaissent cette protection que tardivement, puisque l’historien antique Xénophon (Ve siècle avant J.C.) ne fait mention en la matière que de l’embataï, une sorte de sandale de cuir lacé aux pieds de certains chevaux afin de les protéger dans les terrains marécageux ou empierrés. Il en est de même pour les romains utilisant l’hipposandale formée de lanières de cuir maintenaient en place des plaques métalliques dont les bords épousent le bord du sabot.

Surtout retrouvée en Gaule, Germanie et Bretagne, elle ne semble avoir été prévue que pour les chevaux de trait ou à ceux au pied malade. Pour le médiéval, le ferrage n’apparaît qu’au Ve siècle de manière usuelle.

Du fer à la lune… et à la Pâques

Ce petit détour nous prouve que, soit ces gravures sont des fers à cheval schématisés et elles ne peuvent, alors, être antiques… soit il peut s’agir d’autre chose comme des croissants de lune par exemple.
En ce cas le culte orienterait plus vers des divinités lunaires. Cette hypothèse n’est pas vraiment à rejeter pour plusieurs raisons, comme nous allons le voir.
Tout d’abord le culte à l’astre de nos nuits dispose de plusieurs divinités qui lui sont vouées. Pour l’Egypte on a Thot-Hermès et Khons dont l’épouse Sifix est précisément la déesse lune dont l’ornement est un mât portant 5 flèches ou une étoile à 5 branches… Pour l’Inde il y a Budha fils de Soma… la lune !… sans oublier Séléné, Artémis et Hécate, et bien d‘autres dont la liste serait fastidieuse.
Mais puisque nous avons une étoile à 5 branches nous allons, à présent, nous tourner vers la religion juive et sa Pâques.
Pâques est précisément une très ancienne fête, Nissan, liée à la lune qui se déroulait la nuit durant laquelle on célébrait le début de l’année agricole. Au temps de l’Exode elle fête le départ d’Egypte qui aurait eut lieu le 14 de Nissan. Cette date peut nous sembler bien incertaine… elle l’est nettement moins si on explique que ce jour, vers l’an 30, c’est un certain Jésus qui est crucifié pour faire les frais de la fête ! Sans doute pour cette raison il est écrit dans l’Apocalypse (6-12) « Et je vis, lorsqu’il ouvrit le sixième sceau : et il se fit un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac de poil, et la lune devint tout entière comme du sang » (traduction de Darby (1859 – 1880).

… et à la féminité

Bien évidemment, s’il est question de lune en ces lieux, nous pouvons apporter quelques détails supplémentaires à cette possibilité. D’abord, pour en finir avec les fers à chevaux on remarque que dès leur apparition ils sont cloués à froid, puis à chaud, au sabot… et effectivement c’est le seul moyen de les tenir fermement en place. En ce cas, l’unique détail représentatif pouvant différencier un fer d’une lune est la série de trous par les lesquels les clous cramponnent le ferrage au sabot. Et ceux qui gravèrent ce genre de représentation, même succinctement, ne manquaient pas de bien représenter ce détail faisant toute la différence… Les exemples sont nombreux dans ce sens.

Mais dans l’autre sens, celui ‘lunaire’, les exemples sont aussi légion. C’est ainsi, pour ne citer que ce cas, que nous pouvons en vérifier la véracité parmi les nombreux ‘fers’ inscrits sur les tableaux d’ouverture de la chapelle Ste Madeleine à Pezens (11). Un article a été consacré à ce lieu sur nos colonnes de la SP. Sur ces encadrements on trouve des croissants tantôt percés et ce sont des fers et d’autres non percés représenteraient alors des lunes. Sur ce site audois, il ne semble pas utile de souligner plus avant le rapport de sa sainte patronne, Madeleine, avec la féminité, la lune rouge, ou rousse évidemment, et l’événement de la crucifixion à la date du jour de Pâques.

Détour par Périllos

On peut, avoir la sensation que nous nous éloignons dangereusement de notre sujet et des terres abandonnées de Périllos en Roussillon en dérivant aux confins de l’Aude. Si tel est le cas, ce n’est que pour mieux revenir à notre secteur ‘périllossien’ où nous retrouvons ces éléments rassemblés en un périmètre assez restreint. Evidemment, avant tout nous retiendrons la Pâques de Jésus, sa mort, sa mise au tombeau et sa résurrection qui déboucheront sur la parcelle enclavée dans les terres des Périllos et qui contiendrait bel et bien… « un tombeau royal et sacré » (Registre notarié Courtade du 17e siècle… lui-même un des 5 registres en notre possession. seule une page sur les centaines composant cette collection d’actes en fait mention en moins de 10 lignes, plus que suffisantes toutefois pour rendre indiscutable la véracité du fait) correspondant sur la maquette de l’abbé Bérenger Saunière à deux tombes l’une qu’il attribue à Joseph d’Arimathie et la seconde ni plus ni moins à Jésus… n’en déplaise à notre joyeux détracteurs. Ces éléments nous mènent, alors, forcément à regarder certains élément lunaires sous un angle moins négligeable, comme nous le voyons à présent.

Le moment de la crucifixion… solaire ou lunaire ?

Sur le plan des écrits religieux conventionnels, et jusqu’à plus ample information, malheureusement nous n’avons pas grand-chose d’autre, on admet que du point de vue solaire, il soit établi que le Christ ressuscite au matin du troisième jour après sa crucifixion. Or, c’est le moment solaire où le soleil géographiquement a fini ‘de tracer sa croix’. Par cela on dit qu’il se déplace, selon le schéma de sa course, en allant de haut en bas et sur une horizontale… les deux dimensions se modifiant légèrement, et logiquement au rythme de l’avance graduellement dans le temps, même si celle-ci est peu perceptible en 4 jours.

La confusion, à propos de la date de la crucifixion, se situe avec l’arrivée calendaire de la Pâques Chrétienne. La corrélation, plutôt que solaire, doit surtout s’expliquer avec le début du cycle lunaire à ce moment qui peut vraiment s’identifier symboliquement avec l’image imbriquant étroitement Marie-Madeleine (lunaire) et Jésus (solaire). Ceci nous est démontré clairement si, au lieu de la Pâques juive, nous suivons le temps de la Pâques païenne qui se base sur la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps. Cette dernière est alors la fameuse Lune Rousse accompagnant, au plus près, le chemin de l’astre solaire comme le fit Marie Madeleine Amarina -nom que peu d’historiens religieux lui donnent et qui est pourtant des plus intéressants pour notre sujet- accompagnant Un Christ identifié comme solaire. Au demeurant c’est bien le soleil qui est voilé par les ténèbres, domaine lunaire, au moment où l’homme dieu semble avoir rendu son âme à son créateur… La marge de confusion, comme nous le voyons ici, est des plus étroites.

Ajoutons, pour aller encore plus loin dans ces considérations, qu’au moment où Pâques coïncide avec l’équinoxe, les célébrations de la Pentecôte et de l’Ascension, par exemple, ne s’instituent pas selon le calendrier solaire mais bel et bien lunaire. Ce qui rend ces fêtes encore plus sacralisées par la présence de l’événement du Christ à Pâques. A ceci on peut ajouter, dans cette série, les trois jours des rogations coïncidant avec l’époque du premier mai…

Beltène et Marie ?

Cette date, combien délicate s’il en est une, à approcher sur le secteur du périmètre du plateau de Salveterre est celle de la liturgie celte consacrée à Beltène -nom qui se rapproche de Belen, dieu gaulois de la lumière pouvant aussi désigner ‘Bleis’, soit le loup pour les celtes, ou s’identifier à Tomblaine… tombeau du soleil- qui, de fait, serait en adéquation possible avec la fête des Rogations. C’est précisément à cette période que la tradition chrétienne ambitionne de placer, en le sacralisant, tout le mois de mai sous le vocable de Marie.

Tout ceci nous amène à dire qu’en tentant de sanctifier le mois de Beltain en le passant sous le vocable de Marie, la tradition chrétienne se superpose sans trop de scrupules à cette fête païenne dédiée à la lune. Ce qu’on oublie encore de plus en plus c’est de se demander de quelle Marie il est question pour interpréter le rôle féminin sacré. Si aujourd’hui il est communément admis qu’il s’agit de Marie, on pourrait dire cavalièrement que ce mois-ci elle ne chôme pas, et se trouve ainsi au four et au moulin de l’équinoxe ! Or rares sont ceux qui, comme un auteur quasiment inconnu du grand public, émet l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’une autre Marie, une certaine Marie de Magdala plus connue sous le nom de Madeleine… Si l’hypothèse pouvait se confirmer et devenait ‘jouable’, l’événement se résumerait au fait que la Tradition chrétienne aurait purement et simplement assimiler une fête païenne celte à son plus grand mystère… et plus simplement encore en disant que le christianisme assimile Marie et Madeleine à la lune et Jésus au soleil. Certes avec ça on est bon pour le bûcher… mais à mieux y réfléchir serait-ce si impossible que ça au point où nous en sommes ?

On mise sur le rouge et le roux au rendez-vous de la lune d’avril et de la Pâques

Poursuivons un peu plus loin ce chemin d’investigation en approchant les couleurs rouge et rousse. Cette dernière nous fait penser, avec tout le tapage fait actuellement autour de Madeleine, à sa longue chevelure. Mais il serait intéressant de savoir d’où vient cette indication entendue comme une réalité car, dans les écrits religieux, nulle part il est fait allusion à la couleur de sa toison… et c’est bien dérangeant, admettons le, dans la mesure où il faudrait bien savoir, en ce cas, sur quoi on a bien pu, un jour, construire la certitude de cette image légendaire flamboyante. On peut reprendre Jean 11/2 et Jean 12/3 et y voir que, jamais, il y est question de la moindre couleur de cheveux dans les scènes précédant le miracle de Lazare et celle ou elle essuie les pieds de Jésus… il est uniquement question de ‘cheveux’ et d’aucun qualificatif coloré !

Et si, dans ce cas, ce ne soit pas d’une couleur, mais d’une lune dont il soit question quand elle est associée à Marie-Madeleine ?… une lune rousse par exemple ? Certes, encore une fois il faut ne pas faire d’analogie avec celle des gelées, mais reprendre et lire la référence astronomique qui nous dit simplement que c’est la couleur de la ‘nouvelle lune après la Pâques chrétienne’ ou… ‘Lune d’avril’ puisqu’elle a lieu quasiment toujours en avril. Il s’agit, plus précisément, de la lunaison qui s’ouvre le lendemain de Pâques.

La question commence à évoluer et se formuler ainsi : Quel est alors la date lunaire de Pâques ? La réponse sera en forme de ‘lapalissade’ car Pâques (Pessah, en juif) est précisément le premier dimanche suivant la première pleine lune après l’équinoxe du printemps ! On peut, depuis ceci, dire que cette célébration, sans doute la plus importante de la religion, navigue selon les circonstances annuelles entre le 23 mars et 25 avril faisant ainsi commencer la lune rousse entre le 5 avril et le 5 mai… alors que les scientifiques et les astronomes, en la matière, soupçonnent de plus en plus que la date de Pâques était fixe et célébrée la première lune pleine après l’équinoxe… un point et c’était tout.

Au demeurant, il est toutefois utile de rappeler qu’il n’aurait pas été fait état de la moindre célébration annuelle de la Pâques dans le Nouveau Testament jusqu’au second siècle. L’église de Rome la célébrait le dimanche du jour de la Résurrection pendant que les églises d’Orient l’honoraient le dernier jour avant la pleine lune suivant l’équinoxe pour commémorer de la mort de Jésus… Il faut attendre le concile de Nicée (an 325) pour cette fête ait lieu à l’équinoxe de printemps afin que s’opère le détachement définitif des juifs pour cet événement.

Retour au pas du Cavail et le versant Vingrau

Certes, bien sûr, on peut penser que nous nous sommes éloignés de notre sujet et de notre territoire. Il n’en est rien car nous y revenons maintenant chargés d’informations étonnantes. Bien entendu nous sommes bien loin de Jérusalem sur le plan géographique, mais peut-être bien moins que nous le supposons sur un plan plus symbolique ou autre comme celui lié à la maquette de l’abbé Saunière reportée sur la topographie des terres anciennes de Périllos. Cependant avant d’en arriver à ce point déjà abordé maintes fois nous allons retrouver le pas du cheval et ses gravures.

Nous considérons que le franchissement du collet limite globalement les côtés respectifs de Vingrau et de Périllos. Concernant les certitudes de découvertes nous pouvons les résumer ainsi. Sur le versant Vingrau il y a une série de cavités, naturelles ou réaménagées à usage de sépultures, lieux de culte souterrain ou encore à des fins sédentaires comme ce fut le cas fréquemment lors des grandes convulsions guerrières de notre histoire. Ces dernières sont connues jusqu’à nos jours par les résistants des maquis locaux. Les autres échappèrent très vite à la mémoire en raison d’une superstition populaire craintivement liée au royaume des morts et des obscures anciennes divinités qu’il était plus prudent de ne pas sortir de leur léthargie. L’oubli fera le reste jusqu’à la découverte fatale du 30 mars 2009 de vestiges humains retrouvés lors d’une expédition spéléologique dans ce secteur sous le pas du Cheval… C’est alors que la mémoire se réactive et nous permet de situer plusieurs cavités dont une au moins sera pratiquement retrouvée. Elle révélera un aven profond mais accessible débouchant, selon ceux qui s’y aventurèrent, sur un espace ayant servi de sépulture probablement d’époque wisigothe… Nous y reviendrons à la suite car pour l’instant nous passons sur l’autre versant côté Périllos.

… et la visite du versant Périllos et ses lunes

Sur ce versant il existe des abris sous roches accessibles et forcément visités par quelques chasseurs ou randonneurs indélicats y ayant laissé les restes de leur passage (déchets et conserves abandonnés…). On imagine en voyant quelques pierres noircies en cercle qu’un feu fut improvisé ici au risque de mettre l’environnement en grave danger, sans parler de vies humaines. La curiosité s’est arrêtée d’un seul côté fort heureusement car à l’opposé que se situe l’avancée couvrant l’appareillage gravé de pieds et de mains d’une part et des gravures en forme de fer à cheval.

C’est vers ces gravures que se dirige l’attention de nos recherches sur le symbolisme non pas du fer, mais des croissants en forme de lune expliqués ci-dessus. A présent que nous admettons qu’il ne peut plus s’agir de représentation de fers mais de lunes schématisées, nous pouvons parler d’orientation. Celle-ci nous donne un axe de la crête quasiment nord-sud. Ce qui oriente les grottes côté Vingrau dans un ouest légèrement nord-ouest… et le côté Périllos dans un est légèrement sud-est… soit les grottes du côté du couchant et la mort et les gravures sur le flanc du levant solaire. L’aubaine dut être incontournable pour les humains cherchant un symbolisme simple axé sur le soleil et par opposition sur celui des ténèbres en tant que domaine de la lune. La position bien surélevée de ces plats de roches ornées s’adaptait, en outre, parfaitement à la vision du plateau de Saveterra, de la Mourtre et du couvent de St Cécile couvrant ainsi ce qui devint plus tard la portion de territoire indiquée par la maquette de l’abbé Bérenger Saunière.

Où il est bien question de tombeaux sacrés

De cette observation topographique découlera la position de tombes désignées par ce moulage comme celles de Joseph d’Arimathie et… de Jésus, toujours selon les écrits de ce bon abbé de Rennes-le-Château.

Accordons arbitrairement notre attention à l’étude sommaire entamée précédemment sur le symbolisme de la lune liée sur terre à une certaine Marie de Magdala dite Marie Madeleine. Celle-ci suivit ‘passionnément’ Jésus jusqu’à sa passion et fut l’élue choisie pour témoigner de sa résurrection ou plutôt… de sa preuve de survie à son supplice… Nous sommes là, peut-être, face à l’explication rationnelle de cet événement ayant donné naissance, non pas à un enfant (encore que…), mais à la religion disposant aujourd’hui de 1,130 milliard d’adeptes… dépassée depuis peu par l’Islam (1,322 milliard). C’est tout de même un joli score pour la mort d’un seul homme !

Ce symbolisme lunaire, mis à jour (si on peut dire ainsi) sur ce secteur peut en toute simplicité démontrer que depuis les temps antiques eut lieu ici un culte d’abord lunaire voué à quelques divinités appropriées. Ensuite tout s’y trouvait réuni pour que l’ensemble de ce secteur serve de sépulcre, à la chaire et à l’esprit, élevé (ou enfoui) pour un homme représentant le cheminement solaire et dont la tombe, s’il ne fut pas élevé vivant aux cieux comme le prétend un peu vite l’Eglise, fut installée dans ce même périmètre sacré depuis des millénaires.

A ceci s’ajoute naturellement, sans le grand cirque déplorable qu’on fait à présent autour de ce fait somme toute logique et simplement humain, la présence d’une femme signant à son tour la présence lunaire dans la Pâques traditionnelle. Car la plus grande partie de la dérive, devenue incontrôlable, d’un tas de folles inepties sur le sujet vient simplement de cette mauvaise interprétation entre ce qui liait réellement cette femme à cet homme et une réalité solaire – lunaire se déroulant lors des jours de la Pâques… Cette réalité se trouve résumée dans des symboles faciles, alors à comprendre et interpréter, du moins jusqu’à ce qu’on les laisse vite et bien disparaître de nos mémoires et de nos traditions.

Le charme discret d’un petit voyage vers le noir royaume des morts

A cet effet, plus tard, on prétendit que ces formes lunaires laissées par ceux, celles, qui savaient, n’étaient rien d’autre que des fers à cheval illustrant le ‘Trou du Cavail’, passage obligé pour une monture bâtée pour passer d’un côté à l’autre de la falaise… Pendant ce temps de l’équidé, les initiés, sans contester le moins du monde l’opportunité de la passe sur le plan matériel, comprenaient qu’ici on passait de la vie à la mort. Ce franchissement symbolique les conduisait d’abord à la reconnaissance d’un culte « soleil-lunaire », devenu celui, très vite étouffé, d’un « Jésus-Magdala », comme en témoignaient quelques tombes juives et antique dans la vallée de la Mort pas très loin sous le ‘pas’…

Ce culte afin d’être accepté dans sa transmission, sa superposition, se trouvait naturellement entretenu, à grand coups de musique céleste et divine, pour des femmes devenues ermites et adoratrices intouchables d’une obscurité féminine représentée par l’eau miraculeuse produite par l’existence d’une fragile vierge noire.

De ce versant matérialisant cette vie cosmique et universelle, faite homme et femme descendus dans la génération, les initiés se rendaient à date, sans doute fixes, du côté de la mort nécessaire au retour… à la case vie.

Ce franchissement se faisait, non pas en embarquant avec Charon, Hermès ou autre Anubis, mais en passant le pas… le trou… du Cavail ou de Madeleine (sans vouloir être trop grivois), peut-être de nuit, pour le franchir de nouveau au grand jour dans l’autre sens de manière symbolique pour retrouver la résurrection et la vie comme le montrait un antique initié connu sous le nom de … Jésus.

Un cheval pour se tenir entre vie et mort ?

Avant de continuer notre périple entre la vie et la mort, entre soleil et obscurité, entre Périllos et Vingrau, le pas du Cavail illustre le cheval. Celui-ci qui arrange bien la situation en montrant ses fers et prouvant que ce culte n’était pas antique, mais du IVe siècle, est représentatif de la mort qui le chevauche… En ce cas il a trois pattes (une intéressante économie pour la Camarde devant le faire ferrer…) et attend ensuite, à un passage précisément, d’être enfourché par qui il se doit en étant tenu par la bride par le passeur… passeur dans le nom duquel on entend bien le mot ‘pas’. L’équidé devient ainsi un animal psychopompe particulièrement bien adapté à notre lieu et ses symboles car, en effet, il est associé à la course du soleil et à celle de lune. Ensuite sa valorisation négative face au monde souterrain fait de lui la manifestation idéale de la Mort et de notre faucheuse traditionnelle. De plus il est la représentation de la déesse Epona faisant du cheval l’animal emblématique de l’aristocratie guerrière gauloise qui, à cette époque, est doublé précisément d’un culte lunaire (voir à Pradelles, la source de Reine-Epona et les vertus de sa sources permettant au enfant ‘reinards’ de pouvoir faire… leurs premiers pas et marcher !). Effectivement, dans cette tradition, c’est seulement à certaines moments clé de l’année lunaire que l’initié volera à dos de cheval jusqu’au royaume des morts. Il y posera les questions qui lui sont nécessaires et prendra la précaution de prévoir son retour avant que la lune ne soit couchée… faute de quoi il resterait, à jamais, l’hôte forcé des Enfers d’alors.

A la lecture de tout ceci pouvait-il en être autrement pour ce lieu oublié des chercheurs de vérité à Périllos ? Certainement pas si on ajoute que les détails de la maquette si contredite. On peut bien se demander pourquoi, si vraiment elle ne gène pas, elle nous fait un pont entre les lieux de la passion et ceux de l’antique territoire dont les Périllos seront gardiens et garants. Ce pont se prolongera dans les noms et mieux encore, au grand dépit de nos sympathiques antagonistes, dans une topographie qui exclus la moindre idée de hasard ou de tirage par les cheveux… même roux !

Une petite morte wisigothe pour témoigner d’un rite oublié

Une fois le parcours des ‘curiosités’ fait sur le versant Périllos nous finiront notre petit périple par plusieurs découvertes concernant l’autre côté quasiment nord du passage.
Nous ne donnerons pas les indications pouvant permettre la localisation des sites funéraires retrouvés de ce côté. Ceci afin de ne pas donner de mauvaises idées aux pirates nous reniflant à la trace…
Pourtant, sur ce secteur plusieurs nécropoles existèrent depuis l’aube humaine pour certaines. Au demeurant la célèbre Caune de l’Arago n’étant, tout au plus, qu’à quatre ou cinq kilomètres de ce lieu, explique humainement la présence si lointaine de nos ancêtres dans ce pays.

Pourtant ce que nous recherchons ce sont, avant tout, ces vestiges des époques wisigothes, et ils s’en trouvent précisément ici. Parmi celles-ci, à notre connaissance, il y aurait eu là une cavité profonde, un aven aménagé d’accès peu compliqué bien qu’élevé, abritant dans ses entrailles les derniers restes émouvants d’une femme de petite taille (pas une adolescente)… La boite crânienne, ou ce qu’il en restait, montrait une malformation ayant pu donner à cet être fragile un aspect anormal pris, peut-être, à ces époques comme le signe d’une désignation divine débouchant sur de possibles pouvoirs, évidemment imaginaires, magiques ou pas… peu importe. Elle ne devait pas être très âgée (selon les dents) lorsqu’elle sombra dans le royaume des ténèbres de ce pas du cheval… lui a-t-on laissé ses aspects magiques ou anormaux en la couchant à jamais dans une posture respectueuse d’enfant ? On ne le saura jamais, et c’est sans doute mieux ainsi.

Elle avait, parait-il, près d’elle une parure de pierres superbes posées et non portée en ornement… comme un talisman offert, un objet l’identifiant à une caste peut-être… Des pierres dignes d’une parure d’aristocrate de ces temps wisigoths. On apprit plus tard qu’un effondrement soudain avait refermé, à jamais, l’ouverture précaire et visiblement fragilisée de l’aven au nez et à la barbe de la cupidité des hommes, sur le froid sommeil du petit être féminin… C’est bien ainsi. Je tenais à m’exprimer ici personnellement et à cet effet pour la première fois j’use du ‘JE’ dans un texte sur ces colonnes. Ceux, celles, qui me connaissent savent que j’use rarement du ‘je’ en écriture au bénéfice plus convenable du ‘nous’. Je tenais par ce détail à montrer tout mon ressenti sur cet épisode émouvant d’une rencontre d’êtres de deux temps, voire deux mondes, bien différents.

Cet épisode doit montrer, sans discussion possible, que ce secteur élevé fut réservé à des nécropoles sacrées destinées à des femmes sans doutes pourvues de pouvoir ou d’aspect sacralisé que personne n’osa jamais leur contester. A ce jour aucun vestige d’homme n’a été mis à jour ici, ce qui ne signifie surtout pas que ce soit à prendre au pied de la lettre, mais à considérer jusqu’à preuve du contraire.

Statuette et ‘pas-sage’ vers un secret

Près de ces sites, par hasard, fut retrouvée autrefois une petite statuette en pierre représentant une femme peut-être vêtue d’un long manteau… nous ne pouvons résister au plaisir de la montrer ici en soulignant qu’elle ne put, par sa matière, être retrouvée avec le moindre détecteur à métaux… Parfois, il est bon de regarder minutieusement où on pose les pieds avant de marcher… le pas de l’homme, comme celui, du cheval, qui parfois porte bonheur s’il est ‘haut’, peut nous réserver de bien intéressantes découvertes si on sait rester attentif à ce passé à fleur de terre ou… de lune en croissant montant pris trop hâtivement pour un fer à cheval.

Ce ‘pas-sage’, ce trou ouvrant, depuis le nôtre, sur deux mondes différents, mais étroitement complémentaires ou indispensables l’un à l’autre, pourrait tout à fait symboliser quelques sépultures juives refermées, il y aurait plus de deux mille ans, sur un fabuleux mais dangereux secret. Celui-ci serait né en Palestine lors d’une passion de Pâques dont la suite ne pouvait se concevoir là-bas après les trois jours rituels. Il fallait alors transposer d’un continent à l’autre, mais en correspondance avec certains hommes, l’événement en un lieu s’accordant en tous points avec ses synonymes… puis après ce choix imposé, transporter loin les acteurs, hommes et femmes, de ce drame afin de les neutraliser et les soustraire à la suite prévue puisqu’ils en étaient effacés chronologiquement… Enfin il fallait impérativement les tenir sous contrôle sans les gêner ni trop les dépayser jusqu’à leur mort réelle, biologique, de leur enveloppe de chair. L’homme-soleil en question et la femme-lune rousse ne sont probablement pas décédés en même temps… ce serait trop beau pour une histoire d’amour de cette envergure cachée.

Certainement fut-il pertinent de prévoir deux sépultures différentes et en ce cas ensevelir l’homme dans le secteur des hommes et la femme dans celui des femmes. Peu probable, voire stupide !… diront les grincheux de service…

Ce n’est pas grave, car nous ajoutons que c’est en fin de compte ce que firent exactement les seigneurs de Périllos. Les hommes s’en iront reposer dans la crypte sous la chapelle qui va devenir l’église St Michel (des hauts lieux) de Périllos. Quand à leurs compagnes elles seront inhumées dans un secteur où quelques femmes ermites les entourent de leurs prières féminines, sous la douce protection d’une Vierge noire peut-être elle aussi venue d’Orient… comme une sorte de noire Sarah…s’offrant à la vue des pêcheurs pour payer le passage puis l’accostage de l’embarcation sacrée. Une sorte de paiement au noir si on peut dire…

… pour conclusion, une barque-tombeau en pierre avec une vierge sombre

Pourquoi pas après tout. Car pour conclure, puisqu’il faut bien le faire, à propos de barque, il reste toujours l’énigmatique cérémonie traditionnelle de la St Pierre à Périllos. On y célébrait, le 28 juin, la barque de Pierre qui part en mer trois jours et s’en revient ensuite en apportant la félicité sur les habitants du cru… Une barque en pierre ne pourrait-elle pas s’identifier à un tombeau-barque voyageant aussi trois jours de la vie à la mort et retour ? Si la barque de Pierre devient une barque de pierre, on la trouve abordant vers Bages (dont le curé correspondait avec Saunière !)… qui appartint aux templiers ! On y voit un pied du saint et un rocher s’étant refermé, comme le tombeau d’Almanzor en Bretagne, sur l’embarcation minérale en en conservant les reliefs (vraiment approximatifs).

Si on admet volontiers que ce genre de barque ne doit guère flotter sur les eaux elle doit pouvoir facilement naviguer sur d’autres eaux plus obscures avec un dieu des profondeurs à la barre… ou une déesse noire à la proue ! En cas ou il faut admettre d’autres réalités que les nôtres, cette barque célébrée à Périllos part de là (par un lac souterrain relié à la mer selon une des fabuleuses légendes des eaux périllossiennes) et doit forcément s’en revenir à son port d’attache.

Si elle part d’en bas, et dans l’obscurité, elle revient logiquement en lumière (le bateau-oeuf est blanc dans la bouteille révélée le matin de la St Pierre après avoir passé la nuit à se former dans l’obscurité !!!) et peut-être aborde-t-elle plus haut qu’elle n’est partie… féminisée… au trou (brèche féminine et matricielle dans l’innommable) du Cavail, là où une noire Sarah, de toute manière en proue, veille sur le royaume des mortes sacrées ramenées d’un long voyage soleil-lune s’achevant comme toutes vies à Périllos…

Peut-être, à présent, ceux, celles surtout, qui s’en iront balader au pas du Cavail y verront autre chose qu’un beau paysage sauvage et des fers à cheval. Mais pour ça il sera sans doute utile de faire des pieds et des mains pour parvenir à un résultat…

Comprenne qui pourra et surtout voudra.

André Douzet
Toute notre reconnaissance et nos remerciements à Odile, Bambee et Arriva pour leur aide précieuse sans laquelle ce travail ne pouvait paraître complet comme il l’est.