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Clovis
d’Ardentor (1ère partie) - Gustave Vison, une enquête impossible ? |
Introduction
Lors
de notre précédente communication
traitant du Cromleck de Rennes-les-Bains et de La Vraie Langue Celtique
nous nous étions volontairement placé sous la ‘trame
de l'Aisne’, en ouvrant et concluant notre parcours avec Remy Amand
DE VERTUS, cultivateur de L'OMOIS -d'Otmus, actuel Château-Thierry.
De ce pays de l'OM, il en habitait le nord-est, le Tardenois, célèbre
tant pour ses traces de présence humaine dès 9000 ans avant
JC que pour ses roches géantes tendues vers le ciel, ses mégalithes
le long de la vallée de l'Ourcq, soit la rivière de l'ours
et de l'Orcus-dispater, Dieu de dessous-terre des Gaulois. Quand les agriculteurs
Danubiens submergèrent les humains habitant la Hottée du Diable
-site cher à Paul et Marie CLAUDEL, où se trouve la grande
pierre dite Le Géant ainsi que des peintures rupestres- ils firent
de ce peuple les nains et les lutins de légendes. Que de rapports
avec l'Aude et le Roussillon : pays de L'OM, mégalithes, sites préhistoriques,
ours, lutins (Burg et Arach)…
A Neuilly Saint Front, le Mont d'Haleine, transformation de Belen quand ce nom n'a plus été compris, et qui a aussi donné Baleine, Beine, Baulne, Beaume, la trame d'Haleine…
Nous hésitions à développer quelques pages sur les processions qui existent encore dans l'est du Soissonnais, célébrant l'ouverture du monde des morts, l'ancestrale exposition des enfants aux os des défunts, la fontaine miraculeuse d'Arcy, le Géant Arsace au visage d'ours. Nous hésitions entre l'Est Soissonnais, donc, et la Baie du Mont-Saint-Michel, de Tombelaine à Rotheneuf en passant par le Mont Dol et son eau stagnante : doit-elle nous rappeler la fontaine de la Gode, celle de Marceille qui laisse tomber goutte à goutte son eau limpide pour former un petit marécage ? est-elle plus proche de celle du Styx tombant aussi goutte à goutte, ou de celle de Lourdes ‘découverte’ par Bernadette Soubirous selon la demande de L'immaculée Conception, petit trou empli d'une eau boueuse suintant d'une terre cressonnière…
Nous hésitions donc, quand nous nous souvînmes de ‘Clovis D'ARDENTOR’ que nous avions déjà croisé par deux fois : la première lors de nos analyses du petit carré latin de Salveterre : « En parallèle, Jules VERNE, qui avait des relations privilégiées avec l'Archiduc Louis SALVATOR, neveu de l'empereur d'Autriche, écrivit son libre ‘Clovis D'ARDENTOR’ en 1896, soit un an avant la mort de l'Abbé GELIS, tout en fixant l'action en 1885, soit un an avant la ‘mort’ de M. Gustave VISON et la sortie de ‘La vraie langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains’ » !
Nous aurions pu encore ajouter: soit un an après son voyage triomphal aux Îles Baléares, en Algérie -principalement l'Oranais et en Italie, où il est reçu par Léon XIII, et un an avant la date d'une rencontre présumée de Saunière avec la Comtesse DE CHAMBORD.
Nous avons croisé Clovis une deuxième fois, en parallèle de la Carte d'Edmond BOUDET et de codages selon une transposition par rapport à l'axe méridien dans des rapports donnés soit par des indications du texte et une des erreurs chiffrées sur la carte -Jules VERNE a utilisé la même méthode dans son livre ‘Clovis D'ARDENTOR’- où, près d'Oran, nous pouvons observer un curieux delta.
Mais,
ajoutions nous, « ceci n'est pas l'objet premier de notre étude
de la vraie langue Celtique »…
Jamais deux sans trois, dit l'adage.
Nous avons donc repris une lecture du roman de Jules VERNE, avec de nouveaux yeux : que venait-il faire dans cette galère, sachant qu'autrefois Alger s'écrivait Algere et que Vincent DEPAUL fit, sa vie durant, tout ce qu'il pouvait pour rentrer en possession des courriers où il narrait son ‘enlèvement’ afin de les détruire ?
La
communication qui suit est composée des résultats de quelques
recherches que nous avons entreprises après cette lecture. Ces résultats
sont fragmentaires mais parfois indicatifs de directions qui pourront intéresser
le spécialiste que nous ne sommes pas, qu'il soit historien ou chercheur
patenté. Malgré ce caractère d'inachevé nous
avons décidé de les communiquer aux lecteurs, car nos centres
d'intérêts sont ailleurs et nous ne disposerons donc pas du
temps durée nécessaire pour approfondir les sujets que nous
avons rencontrés -parfois volontairement occultés sur ordre
de l'état…-
Nous avons scindé nos propos en quatre parties :
1. Gustave Vison : Une enquête impossible ?
2.
Un bagnard Limouxin devient principal banquier de Majorque
3.
Un notaire rose-croix, néo-templier, de Quillan et un Maréchal
de France
4.
La Régence : un trésor peut en cacher un autre
Clovis
d’Ardentor
Nous
ne nous arrêterons pas sur le capitaine de l'Argeles -soit Selegral-
du nom de Bugarach, -soit la montagne ou la commune dont l'église
présente un vitrail ou apparaît un navire surmonté d'une
roue. Les rapports entre les familles Elissane et Belissen ne retiendront
pas plus notre attention, pas plus que le thème de l'adoption : ces
faits sont archi connus des lecteurs de S.P.
Dès l'image de la deuxième de couverture, un fait apparaît primordial : le Tonneau. Clovis traverse à cheval un gigantesque tonneau, qui occupe presque la moitié de l'illustration. Il est le chevalier dont la monture est l'outil lui permettant de traverser les foudres, grands vaisseaux -spécialement conçus pour les vins riches en sucre et en esprit-, qui tonnent (au-dessus du Bugarach).-Thor en darde ? Nous n'allons pas ici refaire le travail exécuté par M. Lamy –‘Jules Verne initié et initiateur’-, cherchant, selon les lois de l'Art Goth cabalistique, le sens caché derrière les mots et les expressions du héros, débusquant la signification du nom de chaque personnage. Nous allons simplement prendre les faits tels qu'ils sont exposés, regarder les troncs, souvent cachés par les branchages et leur feuillage décoratif et mouvant au gré du vent,si le volatil n’est pas fixé… ces troncs si importants aux yeux du fabricant de vaisseaux…
Cette
tonnellerie va revenir comme un leitmotiv :
P.10
« sa tonnellerie si importante qu'elle occupe deux mille ouvriers
et fabrique cent mille futailles »
« Cette…. Exporte des merrains » (bois de chêne
pré-découpés servant à faire des douves)
P.14
Clovis D'ARDENTOR rend visite à Cette à M. PIGORIN, un tonnelier
de ses amis, qui -page 39- apparaît comme un spécialiste de
vieux Rivesaltes
P.36
Clovis est ‘intéressé’ dans de nombreuses Sociétés
commerciales… mais c'était à cette industrie de la tonnellerie,
si importante dans la région, qu'il avait consacré le plus
son temps et son intelligence
P.64
Jules Verne re-précise que Clovis est un ancien ‘tonnelier’
qui a fabriqué, cerclé, roulé des milliers de futailles
à travers ses magasins.
P.144
« L'ancien tonnelier de Perpignan »
De notre tonnelier, Jules Verne nous distille quelques précisions biographiques.
P.35
« M. DARDENTOR -de son prénom Clovis- avait reçu le
jour, quarante cinq ans avant le début de cette histoire, place
de la loge, n° 4, dans l'ancienne Ruscino… Perpignan. »
L'histoire
commence le 27 avril 1885
Clovis est donc né en 1840 ou 1839 -nous sommes persuadés
que quelques uns de nos lecteurs apprécierons cette petite précision…-
Il est célibataire et riche de deux millions « gagnés
par son travail » -soit environ 15 millions d'euros… est-ce
crédible ?-
P.36
Clovis est « retiré des affaires à quarante ans »
-soit en 1879 ou 1880 : même clin d'œil à ‘certains’…
Il ne dédaigne pas « les voyages, surtout à Paris, où
il allait fréquemment ». Pour aller en Algérie, pays
qui lui plait, il part généralement de Marseille. En 1885,
c'est la première fois qu'il part de Sète.
P.65
Clovis habite toujours, en 1885, place de la loge à Perpignan
P.120
Clovis D'ARDENTOR aime l'eau, l'O : « Voyez-vous ! quand il n'y a
pas d'eau dans un paysage, il me semble qu'il lui manque je ne sais quoi
/ Je possède plusieurs toiles de maîtres dans ma maison
de la place de la Loge, et toujours de l'eau au premier plan…
Sans cela, je n'achèterais pas… »
Et peu importe que cette eau soit douce, puisqu'il ne s'agit pas de la boire
…
Jules VERNE nous donne aussi quelques précisions sur la famille ELISSANE.
P.40
Mme ELISSANE veuve d'un ancien négociant, habitait Perpignan
avant d'aller en Algérie, à Oran. Elle est âgée
de 55 ans en 1885 et jouit de la fortune que lui a laissé son mari,
lequel, après s'être retiré des affaires, était
allé se fixer en Algérie.
P.65
M. ELISSANE était commerçant à Perpignan, où
il a exercé ses fonctions pendant une quinzaine d'années,
avant de se retirer à Oran avec douze mille livres de rentes.
Mme ELISSANE était alors âgée de quarante quatre ans,
-cela fait donc onze ans qu'elle est installée à Oran, soit
depuis 1874.
P.176
La famille ELISSANE habite rue du Vieux château.
En ce qui concerne le voyage, nous retiendrons, du point de vue géographique, les points suivants :
Nos
héros font escale aux Baléares, à Majorque, puis, après
Oran, font un périple qui, (page 131) est qualifié de ‘circulaire’.
Nos héros passeront, en ‘zigzag’ (page 129) -une marque
connue de papier à cigarettes…- à Thelat, St-Denis-du-Sig,
Perregaux, Mascara, Saïda, Daya, Magenta, Sebdou, Tlemcen,
Lamoricière, Sidi-Bel-Abbes, pour revenir à Oran.
Jules Verne en profite pour nous apporter quelques précisions, dont parfois, à ce stade, le lecteur est en droit de se poser des questions sur leur utilité :
P.73
« Le paquebot doubla bientôt le rocher dangereux de la Dragonera
sur lequel se dresse un phare »
P.79
« L'archipel des Baléares… son admirable situation au
milieu du bassin occidental de la Méditerranée, la facilité
de ses relations maritimes avec les trois grands pays d'Europe, France,
Italie, Espagne, le voisinage du littoral Africain lui valurent
d'être un centre de relâche pour toute la marine marchande
»
P.80
Jules VERNE insiste sur le jeu de mots entre Baléares et balles aériennes
-de FRONDES- qui fondaient en traversant l'air, tant leur vitesse était
considérable-. Il nous précise la naissance d'ANNIBAL sur
ces îles et pose la question de l'origine de la famille BONAPARTE.
P.81
Clovis et ses compagnons arrivent devant la ‘Fonda’ l'ancienne
bourse à l'architecture gothique et aux fenêtres crénelées,
qu'ils visitent.
P.90
Jules VERNE nous fait un rappel des aventures de M. DEPAUL.
…’Les passagers de la Galera n'avaient pas eu à s'écrier
« que diable sommes-nous venus faire dans cette galère ? …
A travers cette campagne, aucune agression de pirates barbaresques ne la
menaçait »
P.91
Il est fait mention de l'îlot de Cabrera, où «
tant de soldats français périrent misérablement
pendant les guerres du premier empire »
P.93
Jules VERNE nous emmène dans les Grottes d’Arta et du Drach,
avec « leurs lacs légendaires, leurs chapelles à stalactites…
leur théâtre, leur enfer »…
P.137
…le fleuve… Mecta, va se jeter dans une vaste baie entre Arzeu
et Mostaganem -ce lieu est le Port-Aux-Poules-
P.140
Clovis D'ARDENTOR veut visiter, à huit kilomètres de Sig,
une ferme de deux mille hectares, l'union du Sig, dont l'origine
phalanstérienne remonte à l'année 1844.
De même, Jules VERNE nous donne des précisions -dont le lecteur ne peut à ce stade y voir une quelconque utilité- sur plusieurs personnages :
P.28
Marcel LORNANS et Jean TACONAT sont cousins germains par leurs mères,
Parisiennes (avec un P majuscule !)
P.72
M. Eustache ORIENTAL est président de la Société
Astronomique de Montpellier.
En page 202, nous apprenons qu'il s'agit en réalité de la
Société Gastronomique.
P.92
Quatorze lignes sont consacrées à ARAGO « le célèbre
enfant d'Estagel », venu en 1808 aux Baléares mesurer l'arc
méridien entre Dunkerque et Formentera, située sur le méridien
de Paris…; fait prisonnier, il dut s'enfuir, en afrêtant
une barque, à Alger.
Peut-être y a t'il lieu de signaler qu'en page 151 il est précisé qu'en cette histoire « tout marche à rebours »
Après ARAGO c'est au tour de l'Archiduc Louis SALVATOR DE HABSBOURG de tenir le haut de l'affiche,
P.95
… « que dire de Miramar, l'incomparable domaine de l'archiduc
Louis SALVATOR »…
Puis
George Sand et Chopin
…
« Cette chartreuse de Valldmosa,…, dans laquelle George SAND
et CHOPIN vécurent toute une saison »
P.142
Mascara… « prise en 1835 par le Duc D'ORLEANS et le maréchal
CLAUZEL »
Pour terminer cette exposition, quelque peu austère, mais nécessaire des faits et passages qui nous ont paru présenter un intérêt -hors ceux traitant de l'adoption, ses règles etc… qui sont connues de tous les lecteurs -nous avons noté quelques phrases éparses :
P.23
… « L'inconnu… c'est l'X de l'existence,… c'est
l'urne… »
en page 151, où tout marche à rebours, il est à nouveau
question de la poignée de cendres, de l'urne
P.11
Il est question du canal de Beaucaire qu'il relie Cette avec l'intérieur
P.26
Le médecin de l'Argeles (Selegral) est le docteur BRUNO -que nous
ne pouvons que rapprocher de St Bruno, de l'eau brune qui lui servait à
RESSUSCITER LES MORTS déjà au tombeau…
P.51
Clovis D'ARDENTOR ne doit pas mourir, « puisque jamais je ne consulte
un médecin »…. Mais, cependant,… « il finirait
par quitter ce bas monde, comme les autres mortels -disons presque tous,
afin de ne décourager personne-. »
P.116
« Vous nous êtes apparu en rêve, monsieur d'ARDENTOR,
répliqua Jean TACONAT, la tête entourée d'un nimbe
- un saint, quoi
- quelque chose comme le patron des Pyrénées Orientales
»
Arrivés à ce stade récapitulons, trions et ordonnons les données qui axeront notre recherche :
• Une ‘ambiance’ maçonnique et occultiste au sens magique dynamique et pas seulement théurgique symbolique baigne le livre.
Le Bonhomme D'ARDENTOR est né, et habite, place de la loge (n° 4)
Normalement,
il embarque à Marseille,où ,en 1868,le Frère G.Cremieux,
vénérable de la Loge « La Réunion des Amis Choisis
» créa une caisse centrale de secours. Marseille,où
Joseph Bonaparte fut initié en 1793, par la Loge « La
Parfaite Sincérité » ; il devint plus tard Roi d’Espagne….
Il va rencontrer, dans une optique d'adoption, la veuve ELISSANE et sa fille
à Oran, « où il élit domicile pour l'adoption
» -faut-il entendre la création d'une loge ?-
La ‘veuve d'Hiram’, ELISSANE, ‘en Asile(s)’, en un lieu où elle loge à l'abri… ?
M.
ORIENTAL, de Montpellier, d'astronome est devenu gastronome : cette lettre
G peut indiquer soit une loge à l'Orient de Montpellier, soit
un rite oriental installé à Montpellier. Dans le premier cas
cela pourrait correspondre au chapitre des Juges Ecossais fondé
à Montpellier en 1754 par Martines DE PASQUALLY. Dans le second nous
apercevrions l'ancien religieux Augustin VERNHES dirigeant à partir
de 1820, à Montpellier toujours, la loge du Rite Misraïm
(VERNHES, vous avez dit VERNE ?).
Une troisième hypothèse peut encore être envisagée
: un ‘Eustache’ est un petit couteau à manche de bois,
du nom du coutelier Eustache DUBOIS. Un eustache oriental devient alors
un couteau oriental, une lame de Damas, ville où vécut Abd-EL
KADER qui fût initié à la Loge HENRI IV du Grand
Orient.
Marcel LORNANS et Jean TACONAT, ‘bons cousins’ et ‘orphelins’ qui logent chez leur mère Parisienne, rue Montmartre. (Bar-Isis, le temple d'Isis, sur le Mons Martis, le Mont de Mars) et sont à la recherche d'un Père adoptif.
«
Au chapitre 22 du Pantagruel, RABELAIS nous montre Panurge offrant un rondeau
à une ‘dame parisianne’. De cette parisienne, nous comprenons
qu'il s'agit de Bar Isianne, Bar Isis Ane, la matière sombre
et repoussante, le Temple d'Isis qui va lentement permettre à
Panurge de se teindre en rouge (Pan Urgo) grâce à la ‘Ronde
Eau’, la fontaine circulaire » (Ante Omnia Terra, Zephyrin Betom).
De la fontaine circulaire à la Source du Cercle… la
plus riche en gaz carbonique (juste devant le Bain de la Reine) parmi les
eaux de Rennes les Bains. Dans les chais,ce gaz est le résultat de
la fermentation du vin,période la plus dangereuse :la phase de transformation
du sucre en alcool produit,en effet,45 litres de CO2 pour un litre de vin
fabriqué ! Serait-il raisonnable de douter que Jules Verne ait lu
Rabelais ?
En
1894 s'ouvre à Paris la Loge Ahatoor 7 dépendante de Isis-Urania
de Londres, (premier temple de la Golden Dawn), aménagée
d'abord à Auteuil, puis à Montmartre, allée des
Brouillards : la grande prêtresse, Comtesse MAC GREGOR DE GLENSTROE,
‘Anari’, était une amie de Jules BOIS… qui
lui-même était celui d'Emma CALVE. L'on peut aussi noter, selon
Gérard DE NERVAL, que le 7 août 1785, la Loge Isis fut inaugurée
à Paris, selon les rituels de la ‘franc-maçonnerie Egyptienne’.
Un esprit de recherche de vieillissement, ou d'immortalité voire de transfiguration apparaît nettement comme l'objet de recherche du groupe auquel appartient D'ARDENTOR.
• Plusieurs des personnes concernées, que l'on voit -ou qui n'apparaissent- pas, telles que M. PIGORIN, sont des tonneliers -devons-nous déjà ici penser aux ‘Contes du Tonneau’ de Swift, l'auteur de Gulliver, de la Goule…?
P.
PIGORIN est spécialiste, avons-nous vu de vieux Rivesaltes
Rivesaltes ‘les rives hautes’ est traversé par l'Agly
-L'Aigle- qui prend sa source dans les hauteurs du Pech de Bugarach.
M. PIGORIN -Pig, cochon; groin- est-il l'avatar du porcelet (du pourceau,
pure c'est eau -le dissolvant du dragon premier) qui servit d'appât
en 1290 à Galdric Trencavent, Seigneur des Fraisses et Perillos pour
tuer le ‘babau’, bête terrible surgissant des ‘profondeurs’
de l'Agly, et dévoreuse des enfants de Rivesaltes ? Est-il le cochon
de Saint Antoine de Galamus, ermitage accroché à la paroi
des gorges creusées par l'Agly vers Saint Paul de FENOUILLET ? En
1782 une chapelle y fut construite après que ses habitants furent
sauvés d'une épidémie de ‘suette’ grâce
à la protection de Saint Antoine (Suette, Cette, Sede…)
Au fond de la grotte de l'ermitage, une source et le départ d'une
profonde galerie, ‘gueule infernale’ dans laquelle en 1597,
Albert FONCAY MAP s'enfonce. Retrouvé trois jours plus tard, il décèdera
au bout de 3 semaines dans une crise de délire sous l'emprise d'une
terreur incontrôlable…
Après avoir arrosé Saint Paul de Fenouillet, l'Agly passe
à Estagel -où il reçoit le Verdouble- patrie D'ARAGO…
• L'ensemble des mouvements de ces personnes s'effectuent entre les Pyrénées Orientales, les Baléares et l'Oranais, plus précisément Oran
• Certaines personnes sont concernées par des faits, ou des lieux précis :
- la bourse de Madère
- la ferme phalanstérienne à huit km du Sig est à relier sans doute au Saint Simonisme, puis au Fouriérisme…. Il est à noter que nombreux furent les polytechniciens Saint Simoniens
- l'archiduc Louis SALVATOR, ou son domaine
-
George SAND et CHOPIN, ou une personne qui les a rencontrés, voire
accueillis
- Le maréchal CLAUZEL et la prise de Mascara en 1835 : Mas Arca, la maison de l'Arche ? Un des quartiers de Mascara est ‘Baba Ali’… Une caverne au trésor ?
- Le canal de Beaucaire
- L' X (un polytechnicien ?) et l'urne -la mort un vote, ou les deux ?-
En parallèle de l'urne mortuaire et de la tonnellerie, nous pouvons lire, dans « Sépultures gauloises, romaines… » de l'abbé COCHET, page 10 :
« Des deux urnes, encore pleines d'ossements… sa surface présente du sommet à la base six petites cercles comme ceux que l'on trouve sur les barillets… Il y a là un souvenir de l'origine gauloise de la tonnellerie. »
Alors le Rivesaltes, un vin des Corbières ne peut-il s'entendre vain des corps bière ?
- Une évasion d'Alger aux Baléares (l'histoire D'ARAGO à rebours)

- Jules VERNE semble faire allusion à certains évènements ayant nécessité des relations intenses entre les Pyrénées Orientales, les Baléares et l'Algérie, et indique des périodes : le premier empire, avec les prisonniers français sur l'Ilet de Cabrera, la conquête de l'Algérie, à partir de 1830, ainsi que la révolution de la même année, George SAND et CHOPIN à la Valldemosa, (dans un couvent fermé depuis 1836 !) en 1838.
• Enfin Jules VERNE semble vouloir à plusieurs reprises nous inciter à revenir depuis Oran ou les Baléares vers les Pyrénées Orientales ou le Roussillon
- La vaste baie, entre Arzeu et Mostaganem qu'il signale P. 137 abrite Port-aux-Poules.
En 1851 paraît le livre »Du ministère de la guerre en 1850, et de l'Algérie en 1851 » par le Général de division D'HAUTPOUL.
Dans
‘Description des Pays du Magreb’ (texte arable d'Abù
AL FIDA et traduit et annoté par Ch. SOLVET en 1839- qui fût
prince de Hamah en Syrie -1313-1379/1387) nous pouvons lire, en note 32
p.19 : « Mersa el dadjddj ou le port des poules en français…au
fond du golfe d'Arzeu, sur la rive gauche à l'embouchure de la Macta.
»
Nous ne savons pas à quelle date exacte le nom de ce mouillage à été changé de Port des Poules en Port aux Poules : il y a là sûrement une indication complémentaire dont nous laissons la recherche à l'historien.
- En page 120, en même temps que nous apprenons que Clovis aime l'eau, il nous précise que peu importe que celle-ci soit douce: et le texte de continuer : … « nous trouverons de l'eau ailleurs dans le port, et, d'après le Joanne il y a le torrent du Rehhi qui est en partie recouvert par le boulevard Oudinot »…
- En page 103 Jules VERNE nous avait déjà parlé du Rehhi, l'oued qui coule au fond d'un ravin coupant la ville en deux, torrent d'eau douce se jetant dans la mer. Pour Clovis peu importe que cette eau soit douce, puisqu'il ne s'agit pas de la boire… S'agirait-il alors de pouvoir s'y baigner ?
Par la route de la corniche, à peu de distance de l'embouchure du Rehhi, en direction de Mers El Kebir nous trouvons une source aux eaux salines, dont la température est de 52° environ (certains textes donnent 55°) dénommée « des bains de la reine » par la Reine Jeanne ‘la folle’, fille d'Isabelle 'La catholique’ et mère de Charles Quint qui y était venue soigner sa maladie de peau. Avant la conquête espagnole, les indigènes appelaient ces bains ‘Hamam Sidi Deleion’. Bon nombre d'Oranais y virent régulièrement soigner leurs rhumatismes.
Pour y arriver, la route franchit un ravin par un pont -le ‘salto del Cavallo’- le saut du cheval. Les bains de la Reine près du saut du cavalier : n'apercevons-nous pas le Razès et Rennes-Les-Bains dans l'image d'un miroir ?
En
Page 117 il nous est précisé que « le fils Désirandelle
est fin comme une lame de plomb ». L'expression peu courante
de lame de plomb est-elle à rapprocher d'un renseignement donné
dans le ‘dictionnaire raisonné de Bibliologie (1802)’
: « le citoyen VIGUIER, de Narbonne, possède des tablettes
de plomb trouvées depuis quelques années dans un tombeau
isolé découvert dans les montagnes de Corbière…
Elles consistent en plusieurs planches d'environ une demi-ligne d'épaisseur
(soit un vingt-quatrième pouce, c'est-à-dire 1,12 mm ; c’est
nous qui précisons), et contiennent des figures hiéroglyphiques…
ressemblant à celles des dieux égyptiens. Au-dessous…
des fragments de l'écriture de Gaulois… runiques et imités
du grec ancien, ont été tracés de la main des druides…
Ce
livre de plomb est-il un monument de l'ancienne écriture de Gaulois,
ou est-il un simple reste de la superstition des gnostiques et des Bélidiens,
qui mêlèrent le culte des Egyptiens à celui de J.C.
? »
- Enfin, ces balles qui fondent, qui disparaissent, dans l' ‘argot’ de Clovis D'ARDENTOR, ne correspondraient-elles pas à des espèces sonnantes et trébuchantes qui disparaîtraient, ou qui ont disparu, -Ali Baba- lors de leur passage aux Baléares ?
Nous obtenons ainsi une vaste toile -de maître dirait Clovis,- un bel arbre relationnel, que, de prime abord, l'on ne sait pas par quel aspect aborder.
Dans cette toîle, l'eau -ton eau, tonneau- doit faire partie du paysage. En effet, le seul point fixe que nous ayons est « l'industrie de la tonnellerie, si importante dans la région » (des Pyrénées Orientales). De celle-ci Jules VERNE nous a aussi précisé la production ‘industrialisée’ de merrains.
L'indice est faible, semble t'il, mais précis: les indications qu'il pourra donner devront s'inscrire dans les autres indices, permettre de les découvrir en précisant leur signification et leur rôle.
Histoires
de ton eau
Nous avons vu précédemment que Jules VERNE nous indique discrètement, par l'eau que l'on ne boit pas et proche de l'oued du Rehhi, les Bains de la Reine.
Si nous continuons notre route, après la station thermale nous arrivons, quelques centaines de mètres plus loin, à la grotte de l'Aïdour, ainsi nommée en souvenir d'un vieux conte Arabe ‘le génie de l'Aïdour’, trouvé, dans une caisse de bois peinte, par un légionnaire de LYAUTEY.
Au
fond de la grotte un petit lac d'eau chaude de 20 m par 10 m environ, profond
de 6 m 50 et dont la température est de 78° environ : ces eaux
sont de même nature que celles des Bains de la Reine -que quatre griffons
au fond d'une grotte débitent à 250 litres par minutes-
Dans le conte du ‘Génie de l'Aïdour’, il est question
d'un souterrain abritant une statue enchantée représentant
le prophète Aïssa enfant, porté dans les bras
de sa mère MERIEM (n'entendons-nous pas Myriam ?) Il suffit
de prononcer certaines paroles magiques devant la statue pour obliger le
‘Génie d'Oran’ à livrer les trésors
entassés dans les immenses cavernes sous la montagne de l'Aïdour
(SANTA-CRUZ -!- actuellement).
Les
paroles à prononcer sont inscrites en langue latine sur le
piédestal de la statue.
Ce souterrain est plus loin décrit comme un étroit couloir,
qui après une longue marche débouche sur une immense caverne
remplie d'un fluide lumineux, communicant à tous les objets
une lumière douce et bleuâtre… Au fond, un Génie
de taille gigantesque…
Ne retrouvons pas ici tous les ingrédients du ‘Mythe tenace
de l'Agartha’ : long tunnel, puis ‘éclairage naturel’,
protection par une créature gigantesque, trésors de la tradition
mythique, et ne sommes nous pas retournés sous le Bugarach ? Sommes-nous
descendus dans le tunnel situé sous l'ermitage de Galamus ?
Au sujet de Bugarach et de son église, et pour rester dans le sujet de l'eau, le vitrail de la chapelle latérale droite (en entrant) nous présente, sur une étendue d'eau de COULEUR VERTE une embarcation dont le mat sert d'axe à une roue que André DOUZET dans ‘et in Burgario, ou les énigmes de Bugarach’ associe à la ROUE DE LA FORTUNE et la lame majeure du Tarot n° 10, soit X -l'inconnu, l'X de l'existence, l'urne -’une roue’, soit ‘urne noé’ : l'arche contenait-elle le sel fixe, était-elle le sel fixe des potentialités, extrayables des cendres, un sel blanc mono-atomique ?-
Nous renvoyons le lecteur à son analyse (ouvrage cité, pages 60-61).
Dans
le cadre de notre étude nous ajouterons à cette analyse la
remarque suivante : A Perpignan, où rappelons le Clovis D'ARDENTOR
habite place de la loge (n° 4), le 22 décembre 1388 Jean 1er
autorisa un tribunal de Mer à se former. Construit en 1397, siège
de la juridiction consulaire, il servait aussi de bourse marchande.
Le bâtiment est de style gothique, comme la ‘Fonda’
l'ancienne bourse de madère sur laquelle (p.81) Jules Verne insiste.
La place sur laquelle fût édifiée ce bâtiment
s'appelait la ‘place des riches hommes’, avant de porter le
nom de la loge de mer : comme celle de Barcelone parce que
c'était principalement par mer que se faisait le commerce du pays.
En
1540, le bâtiment fût doublé en taille, avant de subir
de profondes modifications en 1751, demandées par M. le Comte de
MAILLI, commandant de la province, qui fit transporter la chapelle dans
l'église Saint Jacques où le visiteur pourra admirer un tableau
représentant la loge comme elle était depuis sa construction
jusqu'en 1540 : la mer y vient battre, en premier plan, les marches
de la loge. Des bâtiments marchands voguent vers une ville orientale
-orient, Oran ?-
Dominant le bâtiment, un navire en fer forgé -datant du XVIème
siècle) est scellé à l'angle. Or, ce navire voit son
mât central surmonté d'une roue. Ce tableau est situé
sous une inscription datant les travaux de 1468 et dominé par un
tableau de Girard de Bologne.
Outre la loge de Perpignan il y en avait, en Roussillon, une autre à Collioure (1466, puis 1698) et en Catalogue deux, à Barcelone et Valence.
Dans le cadre de notre enquête se trouve délimité maintenant un territoire bien défini dans l'Aude et les Pyrénées Orientales.
La
Tonnellerie
Quittant l'eau pour le Rivesalte (apprécié par M. PIGORIN) ou la blanquette de Limoux, nous avons alors entamé une longue recherche sur la tonnellerie dans ces deux départements : beaucoup de renseignements, nous confirmant l'importance de cette industrie, mais quant à des renseignements pouvant éclairer notre enquête…
«
Elle entraîne toute une industrie (en 1872, 60 ateliers de tonnellerie,
à Narbonne produisant 3 000 000 de francs or) et multiplie
les revenues par trois » (La cité rouge du socialisme à
Narbonne, 1871-1921 - 1979).
« Tout un artisanat lié à la vigne est en plein essor
: ainsi 60 ateliers de tonnellerie à Narbonne dont le produit se
monte à 3 000 000 de francs or en 1872 » (Economie et société
en Languedoc Roussillon de 1789, centre d'histoire contemporaine du Languedoc
Méditerranée et du Roussillon - 1978).
« Les principaux centres de tonnellerie sont, par ordre d'importance
: Narbonne, Perpignan, Sète, Frontignan, Mêze et Béziers
» (Le vignoble du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon,
1960).
Jules
VERNE nous parle de Perpignan et de Sète : ‘omet-il’
ainsi le principal centre de l'activité de Clovis D'ARDENTOR, pour
mieux nous le suggérer, sans l'indiquer ?
L'Abbé BOUDET n'utilise t'il pas la même méthode à
propos de menhirs ou des villes ‘de Rennes’ ?
Nous cherchons, dans les brevets -et passons très près de
la solution, mais sans l'apercevoir- d'industrialisation ou de mécanisation
de la fabrication soit des tonneaux soit de certains éléments
constitutifs (Jules VERNE ne parle t'il pas du commerce des merrains, ce
qui implique une certaine technologie pour rentabiliser, en amont, le transport
d'une matière semi-brute ?), dans les lois, qui devaient exister
pour régir, ou réglementer, une profession en tel essor.
Quand soudain, dans le ‘Bulletin des lois de l'Empire Français’
XIème série, deuxième semestre de 1853, n° 68 à
121, nous lisons ce qui suit :
36° Le cession enregistrée au Secrétariat de la préfecture du Calvados, le 12 mai 1853, suivant acte du 26 avril 1833, à la maison VISON et DUCROS DE SAINT GERMAIN, dont le siège est à Narbonne (AUDE) par le Sieur DE MANNEVILLE, de partie de ses droits au brevet d'invention de quinze ans qui lui a été délivré, le 11 juin 1843, pour un SYSTEME DE TONNELLERIE MECANIQUE. (cette cession ne confère à la MAISON VISON et DUCROS DE SAINT GERMAIN, le droit d'exploitation exclusive que dans le département de l'Aude seulement).
L’énigme
de M. Vison, rappel
La S.P. a consacré un article complet à la stèle de Monsieur Gustave VISON, auquel nous renvoyons le lecteur, et dont nous ne rappellerons ici que quelques points :
Le long de la Voie Sacrée montant à Notre-Dame de Marseille, une stèle, à quelques vingt mètres de la fontaine miraculeuse, commémore le décès, qui serait survenu à cet endroit, de M. Gustave VISON, le 2 mai 1886.
Aux archives de l'état civil de Limoux, André DOUZET a trouvé la trace du ‘décès’ de Gustave Vison, à la même date, dans une maison de la ville, et que nous ne pouvons éviter de reproduire : « L’an mil huit cent quatre vingt – six et le deuxième jour du mois de mai à onze heures du matin, par devant nous Eugène Vanduran, maire officier de l’état civil de la ville de Limoux canton du même nom Département de l’Aude, sont comparus les sieurs Pierre Cavenat âgé de soixante neuf ans tourneur et Antoine Cavenat âgé de cinquante huit ans cordonnier. Domicilié en cette ville, voisins du Défunt ci après, lesquels nous ont déclaré que ce jourd’hui, à huit heures du matin, Monsieur Gustave Vison, âgé de soixante cinq ans ancien négociant né à Metz (Moselle) domicilié à Limoux époux de dame Isaure Ducros de Saint Germain domiciliée à Narbonne (Aude) fils de défunts Monsieur Pierre Vison officier en retraite et de Dame Marie Stocky sans profession morts à Oran (algérie) est décédé dans la maison de Madame veuve Pierre Chanaud sise rue de l’hospice numéro un, et nous avons signé le présent acte après que lecture en a été faite aux comparants qui requis de signer ont dit ne savoir, et après nous être assuré du décès nous avons délivré l’autorisation de l’inhumer. »
Selon
les actes M. Gustave VISON serait décédé d'une crise
cardiaque, alors que le rapport d'autopsie dit qu'il serait décédé
suite à un grand nombre de fractures.
D'autre
part, pour M. Léon GINESTE, la stèle funéraire -la
tombe elle-même étant introuvable dans les cimetières
de Limoux ou de Narbonne- « serait la mise en place d'un jalon visible,
mais reconnaissable sous certaines conditions ».
« Dans tous les cas Monsieur Gustave VISON et son monument funéraire
sont une énigme intéressante. » M. GINESTE développe
une argumentation étayée (Rennes-le-Château, les cartes
des trésors, P. 118 à 122) pour arriver à la conclusion
que l'alchimie se traite au n° 1 de la rue de l'hospice et que celle-ci
est issue des Maisons de la Sagesse de Jérusalem, pratiquée
par les Templiers puis par les Frères Aînés
de la Rose-Croix, et renouvelant la provision de métal précieux
entamée sérieusement par Béranger SAUNIERE et GELIS.
Pour lui, la tombe de M. VISON est introuvable « pour des raisons
que le lecteur trouvera dans les ouvrages de FULCANELLI ». Donc, en
résumé, pour André DOUZET Gustave VISON reste une énigme
et pour M. GINESTE, s'il a éventuellement -et il y a peu de chances-
existé, il n'a pas quitté notre réalité à
la date indiquée.
En ce qui nous concerne nous avons la preuve de l'existence d'une société
Vison DUCROS DE SAINT GERMAIN, et l'état civil nous inciterait à
aller regarder vers Oran où seraient morts ses parentes Pierre VISON
et Marie STOCKY. Monsieur Gustave Vison semble avoir bien existé.
En parallèle nous avons l'indication de deux de ses relations : DUCROS
DE SAINT GERMAIN (M ou Mme ?) et M. De MANNEVILLE.
Rue
de l’hospice, n° 1
Avant toute chose, il nous a semblé opportun de nous renseigner sur cette maison de la rue de l'hospice. Dans une chronique de M. Gérard JEAN, secrétaire général de l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne, -à qui nous transmettons ici nos remerciements pour sa disponibilité sur le net- et consacrée à la rue de l'Hospice, nous pouvons lire :
« Une énigme succède au mystère. Sur la façade de l'immeuble portant aujourd'hui le n° 1, à l'angle de la rue Notre Dame du Rosaire et de la rue de l'Hospice, près de l'entrée du Pont Neuf, se trouve un masque de pierre très archaïque… un visage d'homme aux yeux globuleux, peut facilement être daté du XIVème siècle, et probablement d'une époque antérieure… La tête placée à 2 m 20 du sol, une hauteur inhabituelle, devait mesurer avant l'érosion 0 m 25. Les traits du visage sont lourds, grossiers, les yeux proches de la racine du nez sont exorbités, la bouche entrouverte est épaisse… l'expression est difficile à cerner… »
A noter que dans un autre article ‘Avenue Fabre d'Eglantine’ M. Gérard JEAN précise que l'ancien cimetière de l'Hospice a été désaffecté par l'arrêté du 27 juin 1879 : est-ce la raison pour laquelle l'on ne trouve pas de tombe abritant le corps de chair primitif de M. Gustave VISON ?
Sur
notre demande à André et Dominique nous avons reçu
quelques photographies numériques de cette tête.
Première remarque générale : Ce bâtiment du n°
1 ne comporte pas de fenêtres ou d'ouvrant sur la rue, ce qui ne peut
que favoriser la confidentialité et le secret. D'autre part les restes
d'enduit sur la façade correspondent -avec leur quadrillage imitant
la pierre- à une pratique courante de restauration au milieu du XIXème
siècle.
Quant à la tête elle-même, le premier aspect qui nous
frappe est son aspect jaillissant rendu par la position radiante vers l'arrière
de l'ensemble de la chevelure et de la barbe, comme repoussé par
un ventilateur frontal. Elle est effectivement d'une taille assez rudimentaire,
et les intempéries en ont sans doute accusé le caractère
heurté. L'homme apparaît quelque peu hirsute, ‘tout poil
dehors’.
Nous pourrions à son sujet, reprendre FULCANELLI dans le chapitre
de l'homme des bois (demeures philosophales, T 1): «
L'homme des bois, résultat d'une volonté nette et réfléchie,
exprime nécessairement une idée précise et forte. On
conviendra qu'il ne peut avoir été réalisé et
placé là sans objet, et que, dans cet esprit, le souci décoratif
semble n'intervenir qu'à titre secondaire. A notre avis il désigne
le logis d'un alchimiste inconnu. Il scelle l'ancienne demeure philosophale
et en révèle le mystère… cet homme simple, aux
cheveux abondants et mal peignés, à la barbe inculte,
cet homme de nature domine de haut les autres hommes… c'est
lui l'Illuminé, parce qu'il a reçu la lumière, l'illumination
spirituelle’ »
L'adepte a réussi à matérialiser son double, à rendre fixe le volatil : la tête semble comme projetée fortement en avant, pratiquement avec arrachement à l'arrière de l'avant d'elle-même -sensation inoubliable ressentie lors de la ‘première sortie’,
Rappelons
ici quelques lignes de notre exposé sur le carré de Salveterra
(partie 3).
En 1982, peu de temps après la mort d'Eugène CANSELIET, disciple
de FULCANELLI, ‘mort’ en 1924, Isabelle, fille du défunt,
découvrit dans une chemise cartonnée : « Un petit rectangle
de bristol photographique dentelé sur les bords, à la mode
des années cinquante. Je suis tellement impressionnée par
ce que représente cette vénérable relique que je n'ose
en révéler l'existence… l'esprit magistral fixé
sur la plaque sensible à tout ce qui IRRADIE… Il ne faut pas
comprendre qu'un ectoplasme s'y soit imprégné. Je parle ici
du visage qui n'a gardé du commun des mortels que la forme humaine
et s'est enrichi d'une indescriptible expression… »
Pourrions
nous rajouter : LAZARE VENI FORAS ?
En
tout état de cause c'est la photo du tombeau de Jules VERNE que nous
ajoutons, sans mot dire….et pour entendre que vain des corps bière
est devenu corps vint des Bières, -corps sorti des cercueils-.
Si nous ne pensions pas, PAR ET GRÄCE à la lecture de Clovis
D'ARDENTOR rencontrer M. VISON, en tout cas nous avons bien trouvé
ce que nous appelions ambiance occultiste au sens magique dynamique du terme,
définie par un esprit de recherche de vieillissement, ou d'immortalité,
voire de transfiguration, disions nous, qui apparaît comme l'objet
de recherche du groupe auquel appartient D'ARDENTOR, qui ne doit pas mourir
et qui apparut en rêve la tête entourée d'un nimbe.
La stèle près de la source MIRACULEUSE peut alors servir d'indication du ROLE QUE PEUT JOUER CETTE EAU : « Je possède plusieurs toiles de maîtres dans ma maison de la place de la loge, et toujours de l'eau au premier plan » (Clovis D'ARDENTOR, p. 120). Cette eau, qui, donc, en termes symboliques, ouvre les yeux pour l'illumination, sert de support matériel à un scel, sel : le ‘scel’, seal, de MarCEILLE.
L'inscription A.N.D. peut s'interpréter en codage ‘maçonnique’
A
: Aa
N : 14
D : la porte,
soit : M. Gustave Vison se rendant à la porte de l'association Aa n° 14 de Marceille.
Une autre lecture tiendra compte d'une remarque de M. DOUZET : « seules les lignes 4 (A.N.D) et 6 (le 2 mai 1886) sont porteuses d'éléments notables… »
Alors, nous écrivons sur une seule horizontale : A.N.D le 2 mai 1886 .I
Aussi bien que : A.N.D.I 1886 le 2 mai
Au A correspond le 1, au N le 14, au D le 7 (Daleth ou la porte) ce qui nous donne : I. 14. 7. I le 2 mai 1886
Les
deux II représentent les deux colonnes du temple, et nous pouvons
lire l'ensemble de l'inscription : le 2 mai 1886, M. Gustave VISON ayant
reçu l'illumination s'est présenté à la porte
du Temple de la ‘loge 14’, -une loge irrégulière
?. A ce stade de nos recherches nous ne savons pas encore…- de Marceille.
Celle-ci serait donc partie prenante d'un temple initiatique situé
dans l'enceinte des bâtiments de Notre Dame de Marseille et dépendant
de ‘l'atelier’ sis au 1 rue de l'Hospice.
Précisons ici, à tout hasard, qu'en symbolique Rose-Croix
‘être décédé’ signifie ‘avoir
reçu l'illumination’.
En toute déduction logique cette ‘loge’ ne porterait-elle
pas le n° 14 du fait de sa devise, ET IN ARCADIA EGO, composée
de 14 lettres ?
Enfin,
cette stèle en l'honneur de Gustave Vison est à quelques vingt
petits mètres de la fontaine de Marceille, dont l'eau -qui soigne
les yeux- formait un ‘haum-moor’. En languedocien, ‘maur’
signifie ‘face’ nous précisa Alain PITO dans son ‘Explications
anciennes de quelques extraits du livre de l'abbé BOUDET’ (3ème
partie) parure sur les colonnes de la S.P., qui se termine ainsi : ‘sert
tout bonnement à l'abbé Henri BOUDET à nous transmettre
un message capital : ‘des yeux s'ouvriront pour vous permettre de
voir la face de l'Homme Mort’, rue de l'hospice… qui, devenant
de l'auspice sera alors de bon augure pour le mort que vous êtes venu
être…
Mais l'hospice de Limoux servit aussi d'asile…
N'avons-nous pas fait que suivre le chemin inverse ?
-dans cette histoire ‘tout va à rebours’-
Sera t'il utile ici que nous rappelions notre calcul selon lequel d'Ardentor est né en 1839 ou 1840 ?
Encore
un point que nous laissons approfondir par l'historien, mais dont certaines
coïncidences nous ont apparu ‘curieuses’ :
Le 30 juillet 1880, sur l'initiative de Noël PEYRE, (négociant
Limouxin initié en 1866 à la ‘Française des Arts’
de Toulouse) est constituée à Limoux la Loge de ‘L'alliance
Fraternelle’ ;le 11 juillet 1880,la loi portant amnistie totale des
condamnés et déportés de la commune a été
promulguée…Certains émigrés rentrent à
Limoux et à Narbonne….
Le temple installé 6 rue de l'Officialité est déplacé
en 1883 au 21 rue Blanquerie. Une première remarque s'impose : ces
deux adresses sont à peine à plus de cent mètres chacune
du 1 rue de l'Hospice.
Mais encore plus curieux : l'atelier ne se réunit plus à
partir de juin 1886 (G. Vison est ‘dit’ décédé
le 2 mai 1886), et la loge est mise en sommeil le 6 février 1887…
Ducros
de Saint Germain
Après
la maison de la rue de l'hospice, nous avons deux pistes directes : DUCROS
DE SAINT GERMAIN et Monsieur MANNEVILLE.
M. Gérard JEAN nous a indiqué plusieurs DUCROS DE SAINT GERMAIN, celui qui retient notre attention est : M. DUCROS DE SAINT GERMAIN, Jean Dominique, né à ARREAU (Hautes Pyrénées) le 24 juin 1790, mort à Narbonne le 5 Janvier 1869. Officier d'artillerie, propriétaire, maire de Narbonne de 1837 à 1843, puis de 1849 à 1852.
En effet, et ici nous résumons notre recherche, nous avons trouvé plusieurs DUCROS DE SAINT GERMAIN : DUCROS DE SAINT GERMAIN Jean Pierre, né le 24 Mai 1789/1790 à Arreau, Polytechnicien (X) 1806. Capitaine en 1809, blessé et pris à Leipzig en 1813, « non rentré de captivité en Russie ». Ce DUCROS serait un ‘frère’ du notre, car son père, Antoine, a la profession de Receveur du canal de Beaucaire. Les annales de la guillotine nous disent qu'il était aussi entrepreneur de tabac et fût condamné à mort comme aristocrate le 28 août 1793 (nous n'avons pas trouvé la date d'exécution).
D'autre part, à Arreau, se voit encore une maison du ‘lys’, dont la sculpture des poutres indique l'existence en ce lieu d'une loge Rose-Croix… (coïncidence ?). Alors à chacun de choisir la signification du mot ‘frère’ que nous avons employé.
Arreau,
sur la route de Saint Jacques de Compostelle possédait UNE VINGTAINE
DE SCIERIES JUSQU'AU MILIEU DU XIXEME SIECLE : nous restons dans le métier
du bois.
En avril 1816, le 14, M. DUCROS DE SAINT GERMAIN épousa Honorine MAZER. Nous ne savons pas s'ils eurent des enfants, mais par contre nous savons que Isaure DUCROS DE SAINT GERMAIN et Gustave VISON eurent un enfant, Charles, né en 1859 et mort en 1860, alors qu'il était en nourrice chez Jean BERGASSE, et enterré au cimetière de Fontcouverte.
De
DUCROS DE SAINT GERMAIN nous savons ‘Almanach Royal et National’
de 1839, qu'il y est noté comme nommé maire de Narbonne.
Plusieurs turbulences semblent avoir agité ses mandats, principalement
à partir des évènements de 1848, où les mouvements
parisiens ne sont pas sans écho en province. Narbonne est divisé
en deux clans : celui de LAMOURGUIER, réunissant les rouges de l'ancienne
mairie, et celui de l'Union des Blancs qui se retrouvent chez Hercule BIRAT,
près de Saint Just. Les deux clans s'affronteront si violemment,
que la municipalité VERDIER, tenue pour responsable, est dissoute.
Après des élections douteuses, la nouvelle munIcipalité
consacre le Parti de l'Ordre, et M. DUCROS DE SAINT Germain la préside.
Ce parti de l'ordre est favorable à Louis NAPOLEON BONAPARTE, mais
plusieurs de ses personnalités passeront dans l'opposition après
le coup d'état du 2 décembre 1851.
Nous lisons, dans le Journal de Toulouse, Politique et Littéraire
des 26 et 27 juillet 1852 qu'un arrêté préfectoral du
23 de ce mois a suspendu M. DUCROS DE SAINT GERMAIN de ses fonctions de
maire
pour
publication de correspondance interne entre la préfecture et la mairie.
M. PEYRE, (ancien carbonari) premier adjoint, le remplaça
immédiatement.
Ce dernier fit, quant à lui, l'objet d'une rubrique dans le ‘Petit dictionnaire de nos grandes girouettes’ (1842) à l'époque où il était MAIRE DE LIMOUX. Il y est accusé, entre autre, d'avoir maintenu en place des fonctionnaires Carlistes, dont plusieurs étaient ses parents, d'avoir proposé le même poste à dix sept personnes à la fois pour faciliter son élection et qu'un des postulants l'avait même provoqué en duel.
En 1851, M. DUCROS DE SAINT GERMAIN étant donc maire, 174 Limouxins sont arrêtés suite au coup d'état du 2 décembre, et plusieurs déportés en Algérie en 1852, comme coupables et ‘affiliés aux Sociétés Secrètes’; Ils embarqueront à Cette… Nous reviendrons dans un autre chapitre sur la suite de cette histoire, mais il est clair que de tels évènements ne peuvent rester sans traces dans de ‘petites villes de province’…
Pour l'instant notre enquête dans cette direction n'a pas plus avancé : résultats fragmentaires comme nous l'annoncions en début de texte, mais néanmoins indicatifs.
M.
de Manneville
Thomas
DE MANNEVILLE, nous dit ‘Le manuel de bibliographie normand’
de M. EDOUARD Frères (1860) magistrat, militaire est né
le 21 février 1766 à Manneville-la-Raoult (Eure) et mort le
8 mai 1855.
Dans plusieurs texte M. DE MANNEVILLE est nommé M. le chevalier DE
MANNEVILLE ou M. DELAMARCHE DE MANNEVILLE (à Honfleur, Calvados).
Nous trouvons sa trace rue du Croissant à Paris, ou émigré
une partie de sa propriété fut saisie; mademoiselle DE MANNEVILLE,
cousine de la Duchesse de ROCHECHOUART, avait épousé en 1764,
COLBERT, Comte de MAULEVRIER; cette Comtesse DE COLBERT était de
la famille des MANNEVILLE, gouverneurs de Dieppe. Il vivait, d'autre part,
un MANNEVILLE Chevalier de Saint Louis en 1766. Dans les mémoires
du Duc de LUYNES sur la cour de Louis XV (1735-1758) nous lisons que Melle
DE MANNEVILLE a deux frères, dont l'un est dans le régiment
du Roi et l'autre Chevalier de Malte et est à Malte actuellement.
Le père de cette Mademoiselle DE MANNEVILLE était frère
jumeau, mais cadet, du père de Madame la Duchesse de ROCHECHOUART.
M. DE MANNEVILLE se livra de bonne heure à l'étude de la mécanique,
et peut être considéré comme le promoteur des établissements
que Honfleur et d'autres villes du Calvados ont vu se former pour le sciage
du bois. Sous l'Empire, il avait fondé une fabrique de sucre de betterave.
Il établit à Gonneville-sur-Honfleur, une mécanique
à parquet puis à TROUSSEBOURG une tonnellerie mécanique,
invention pour laquelle il obtint, en 1831, de la Société
d'encouragement un prix de 6 000 f et une médaille d'or de 1 000
f. Depuis lors, il s'occupa sans cesse à perfectionner cette usine.
En effet, en 1852, nous trouvons dans les compte rendus hebdomadaires des
séances de l'Académie des Sciences (tome 35) une demande (p.477)
à l'Académie de se prononcer sur un système d'appareils
au moyen desquels il fabrique des tonneaux parfaitement réguliers
et dont la capacité peut être déterminée avec
facilité et précision.
Déjà,
en 1817 il avait déposé un brevet de fabrication de barils
et tonneaux par procédés mécaniques. La même
année il fonda une usine à Stenay dans la Meuse.
A Gonneville, il produit en 1835, 36, 37, chaque année plus de 60
000 tonneaux, avec des bois provenant de la forêt voisine de Touques,
mais aussi de la Baltique, de la Valachie et de Bosnie.
En 1844 il déposera un nouveau brevet.
A noter qu'en 1840 il disposait de 20 ouvriers, ce qui nous permet de calculer
par personne une production de 1500 tonneaux l'an, soit environ 5 par jour
!
Dans l'annuaire du département du Calvados pour l'année 1835,
l'on peut lire le rapport sur la scierie mécanique de Troussebourg,
par M. HERAULT, ingénieur en chef des mines à la demande du
jury choisissant les produits destinés à l'exposition de Paris.
Dans ce rapport, au demeurant passionnant, un point qui intéresse
notre enquête :
- 2580 pièces de merrains ont été débitées en 4 H 40 minutes
- six hommes, auxquels le bois est fourni à pied d'œuvre, peuvent fabriquer chaque jour au moins cent tonneaux, jusqu'au cerclage exclusivement
Les cercles des tonneaux sont donc ‘hors d'œuvre’ pour les activités de M. DE MANNEVILLE. Cette exclusion ne peut que nous rappeler celle de Narbonne dans la liste des villes tonnelières données par Jules VERNE, et qui brillait par son absence. Les cercles (métalliques) des tonneaux que nous pouvons entendre comme le cercle de ton eau ne renvoient-ils pas -ceux qui ont des yeux pour entendre- à la source ferrugineuse du cercle ?
- Globalement, matière et main d'œuvre comprise, l'accroissement de valeur donnée par la scierie à la matière première est de 109,7 %
- Cet établissement a placé cette année deux assortiments de ses machines, l'un dans le département des Bouches du Rhône, l'autre dans celui du Doubs. Il est sur le point de conclure un marché dans le département de la Côte d'Or. Plusieurs autres demandes lui ont été adressées depuis qu'il a fait voir ses machines à Paris; un assortiment se vendait en 1830 de 4500 à 6000 f, suivant qu'il était plus ou moins complet.
Dans
‘Description des machines et procédés consignés
dans les brevets d'inventions’ (1845) nous pouvons lire que M. DE
MANNEVILLE, à Gonneville près de Honfleur, a pris le 16 Juillet
1840 un brevet d'invention de 5 ans pour un procédé de tonnellerie
mécanique : cette machine permet à un homme auquel on fournit
le bois, et que l'on débarrasse à temps de ceux ouvragés,
de fabriquer, en douze heures, des douves en nombre suffisant pour 100 à
150 tonneaux.
En février 1833 M. DE MANNEVILLE signale que son établissement de Gonneville sur Honfleur se ressent encore un peu des dangers qu'il avait connu en 1830, par un soulèvement d'ouvriers qui voulaient le détruire.
En 1852, ce sont plutôt les thèses utopistes qui inquiètent. Parmi les personnes arrêtées, Pierre BOUCHET-DOUMENCQ, riche propriétaire terrien qui avait diffusé dans l'Hérault la doctrine du Socialiste utopique Charles FOURIER.
En 1846 l'Aude est avec le Tarn et la Haute Garonne, parmi les départements en tête pour les ABONNEMENTS AU POPULAIRE de Cabet, alors que la Haute Garonne et l'Hérault semblent plus semblent plus sensibilisés par le Fourierisme et les souscriptions à la rente phalanstérienne qui en découleront : le Fourierisme a séduit avant tout des bourgeois et des intellectuels, alors l'icarie s'est diffusée dans le monde ouvrier, les compagnons et les usines. En Algérie, le Saint Simonisme des polytechniciens et le phalanstérisme prendront une importance capitale.
Sur les huit départements français où nous avons trouvé des textes d'accord commerciaux de M. de MANNEVILLE, sept figurent parmi ceux où en 1846 les abonnements à la Rente phalanstérienne ou au Populaire sont les plus nombreux en France : serait-il absurde d'y voir une corrélation ?
Mais pour l'instant revenons à notre enquête. Nous avons rencontré un X, un responsable du canal de Beaucaire, un fabricant de tonneaux et de mécaniques qui en améliore la production et la ‘productivité’, un tonnelier vivant de ses affaires et devant beaucoup voyager -y compris à Paris pour ses expositions-, des personnages à Limoux et à Narbonne…
Il
est temps de partir en Algérie, tout en laissant à l'historien
la joie d'approfondir les faits.
Toutefois, avant le départ, nous ne pouvons résister au plaisir
de lui signaler un dernier fait, connu mais que notre approche éclaire
sous un aspect nouveau :Monseigneur Felix Billard (1829-1901) est né
le 23 octobre à Saint Valery en Caux, d'un père Tonnelier
! il fut nommé évêque de Carcassonne le 17 février
1881. Avant lui, le Cardinal DE BONNECHOSE qui confirma Maurice LEBLANC,
né à Rouen et mort à Perpignan…. Manneville-le-Raoult
est à 56 km de Rouen, 72 km d'Evreux. Est-il pensable que M. de MANNEVILLE
et M. BILLARD ne se soient point connus ?
Pierre
et Gustave Vison
De
même que Narbonne, première ville tonnelière avant Perpignan
et Cette n'étaient pas citée, Arzeu est hors du trajet circulaire
de Clovis D'ARDENTOR et ses amis, tout en étant accompagnée
du clin d'œil de Port-aux-Poules. Il est donc à priori logique
que nous y dirigions notre recherche, et, tout aussi logiquement dans le
cadre de la recherche d'une loge maçonnique ou d'une société
‘discrète’.
Avec la thèse présentée pour le Doctorat d'Etat par M. Lucien SABAH ‘La franc-maçonnerie à Oran, 1832-1914’ nous sommes en présence de l'ouvrage le plus précis par rapport à notre recherche. Celui-ci ne fut pas facile à trouver, qui est épuisé et n'est plus disponible qu'en thèse photocopiée, dans quelques rares bibliothèques universitaires. Dans le livre d'or de l'Union Africaine nous trouvons noté, dans les résultats des élections des 19.12 / 24.12.1846 et 1.9.1847
M.
VISON Sr, payeur adjoint
M.
VISON Jr, propriétaire
Les procès verbaux des tenues des 16 et 30 janvier 1847 nous apprennent que le Vénérable remercie les frères Vison -qui ont été initiés dans cette loge- en la personne du plus jeune et que ce dernier, après avoir demandé que ses comptes fussent apurés séance tenante, quitte le temple n'ayant pas obtenu satisfaction.

Dans la tenue du 14.8.1847 VISON Sr est proposé comme secrétaire. En même temps, le frère SAUZEDE, déjà initié aux ‘mystères du temple’, est élu Vénérable de la loge. Nous reviendrons assez longuement sur ce frère, originaire de Quillan.
Le 17.8.1847, nous notons que le Vénérable introduit les frères VISON, François et Gustave.
Les frères VISON quittent la loge de l'Union Africaine d'Oran: famille Vison que nous retrouvons en 1850-1851 dans la loge La Baie du Salut d'Arzeu, inscrits sur le tableau (24 mai 1850) comme membres fondateurs.

VISON
Pierre, agent du trésor M °°° (Maître)
VISON
Gustave, négociant M°°° (Maître)
Ainsi nous retrouvons Gustave VISON, négociant (l'acte de décès de 1886 confirme ancien négociant, fils de Pierre VISON agent du trésor (l'acte de décès de 1886 précise fils de Pierre VISON, officier en retraite, mort à Oran- les agents du trésor étaient en effet choisis, alors, parmi les forces militaires-). De même avons nous appris que Gustave a un frère, prénommé François.
La Baie du ‘Salut’ servit-elle à donner, ‘asile’ ? en tout état de cause elle fut créée en 1850 et close en 1852 soit entre les évènements de 1848 et après le coup d'état de 1851… Mme ELISSANE, la veuve ‘en asile’ semble alors servir à indiquer un lien entre l'Hospice de Limoux et le Salut d'Arzeu; et dans ces deux lieux nous rencontrons la même personne : Gustave VISON.
Il
est sans doute opportun ici de signaler que, «contrairement à
la plupart des Loges du G.O. en Algérie, La Baie du Salut avait demandé
à pratiquer le rite écossais ancien et accepté »
(Un siècle de franc-maçonnerie algérienne, X.YACONO,1969),
dont Gabriel-Mathieu-Marconis de Nègre était,selon R.Ambelain,
détenteur de tous les degrés.
Nous
voilà plongés dans l'histoire, la vie des loges et le rôle
des maçons en Algérie à partir de 1830. Mais, à
vrai dire, pas uniquement des maçons au sens où nous l'entendrions
en ce XIXème siècle: nous avons en effet vu que VISON Jr avait
été membre de la Loge l'Union Africaine d'Oran, dont le Vénérable
était M. SAUZEDE Pierre, né le 25.10.1799 à
Quillan, Notaire Royal, chevalier le 24.9.1838, sous prieur, sacré
Evêque d'Oran le 12.5.1833 par M. le Légat magistral Amédée
DE TREMESCEN, pontif de l'église chrétienne primitive.
Ainsi les néo-templiers ont traversé la mer très rapidement,
pour s'organiser à Oran avant même la Maçonnerie
du Grand Orient.
Signalons aussi que la Loge de l'Union Africaine avait obtenu du Grand Orient
l'autorisation de cumuler les rites français et écossais
(tenue du 3.8.1849).
Dans le corps expéditionnaire envoyé prendre Alger en 1830,
les officiers ayant appartenu à la F.M. étaient assez nombreux
et ils apparaîtront dès les premières loges crées
à Alger, Bône et Oran: ces officiers napoléoniens, ‘fers
de lance’ de la charbonnerie… et de la hachette (cf. Abbé
GELIS !), furent nombreux à se réfugier aux Baléares,d’où
le clin d’œil de Jules Verne sur les origines de Bonaparte,les
carbonari ayant transité d’Italie en France par la Corse.
Au
sujet de ces loges, nous pouvons voir, dans l'Oranais, que le voyage circulaire
de Clovis D'ARDENTOR est articulé autour des loges :
-
Oran Loge du Grand Orient avec chapitre et Conseil Philosophique
- St Denis Loge du Grand Orient
- Mascara Loge du Grand Orient
- Sidi bel Abes Loge du Grand Orient
- Tlemcen Loge du Grand Orient
Est-ce
alors uniquement un hasard que M.Piesse, auteur du guide Joanne « Itinéraire
et descriptif de l’Algérie… », ait un homonyme
membre de la Loge Bélisaire,qui fut la première à l’Orient
d’Alger inscrite au G.O. ?
Nous développerons ces aspects dans la 3ème partie de notre
étude, car auparavant, nous consacrerons un chapitre aux évènements
de 1848-1852 et leurs conséquences dans l'histoire qui nous occupe
et qui est étroitement corrélée au rôle des maçons,
tant dans l'Aude qu'en Algérie, ainsi que des Saint Simoniens, pour
qui l’Afrique du Nord représenta « la nouvelle Atlantide
» :l’eau était au premier plan de leurs préoccupations
; « l’eau au premier plan…sans cela je n’achèterais
pas »disait Clovis d’Ardentor.
Zephyrin