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Société Périllos ©

Clovis d’Ardentor
(Compléments 1ère partie) - Gustave Vison, une enquête impossible ?

 

Avant de procéder à la livraison de la deuxième partie « Un bagnard Limouxin devient principal banquier de Majorque », il nous a paru opportun de faire part des éléments nouveaux que nous avons été amenés à trouver, ainsi que de quelques réflexions approfondissant certains points évoqués en la première partie.

M. DE MANNEVILLE, STENAY et un comte du Saint Empire

En 1817, disions-nous, M. de MANNEVILLE (qui avait établi une cession au profit de la maison VISON et DUCROS DE SAINT GERMAIN) fonde une usine à Stenay, dans la Meuse, sans nous appesantir sur ce renseignement, que nous allons développer, eu égard au ‘rôle’ que joue Stenay dans l'histoire mythologique de la France, au même tire que Gisors ou Rennes le Château.

Dans la « Géographie historique statistique et administrative du département de la Meuse » (1838) nous pouvons, entre autre lire ce qui suit : « Clovis avait réuni la presque totalité des Gaules sous son sceptre. A sa mort, en l'an 511…, Thierry avait obtenu l'Austrasie, dont Stenay faisait partie… frappé par la belle position de Stenay, il y fit bâtir un palais, qu'il habita souvent, et une chapelle royale, dans laquelle lui, Théodebert son fils et Théodébalde son petit-fils furent enterrés… En 679,… Ebrouin… assassine le malheureux Dagobert, dont le corps… (est) enterré sous l'autel d'une église… PRES DU TEMPLE DE SATURNE s'était élevé le palais des rois… Tout porte à croire que le temple païen continuait d'exister et que,… les peuples de la contrée venaient encore y adorer leur fausse divinité… Pendant les années 1609… on découvrit (dans l'église)… trois corps humains ASSIS chacun dans une niche… Dans le même caveau se trouva un autre grand sépulcre dans lequel était couché un homme d'une grandeur extraordinaire… UN CORPS DE NEUF A DIX PIEDS… Ces trois corps étaient donc les restes des rois d'Austrasie… Le grand tombeau renfermait le corps du comte REGNIER de la maison d'Ardennes, premier seigneur de Stenay, mort en 916… »

Sans nous arrêter, de prime abord, au temple païen et aux rites qui continuaient d'exister en faveur de « Diane, célèbre déesse des Ardennes » dans un temple sur les ruines duquel s'éleva par la suite l'église dont nous venons de parler et qui fut dédiée à Saint Remy, nous pouvons encore lire « après avoir appartenu aux Rois d'Austrasie, Stenay avait fait partie du royaume de Lothaire, et était ensuite passé dans la maison des Ardennes, en la personne du Comte Régnier, son premier Seigneur. »
Ainsi donc Thierry, fils de Clovis, fit construire comme Roi, comme Tor (Torix), un château sur un territoire qui passa dans la maison d'Ardenne;

Clovis, TORIX, D'ARDENNE,

Ce qui nous donne, par l'intermédiaire de Jules Verne

CLOVIS D'ARDENTOR

Stenay, où -ainsi que l'on peut le lire sur le site France Secret- se trouve un « carré magique » comme à Narbonne, dans l'ermitage de Galamus (troisième grotte transformée en chapelle), dans les ruines du « Château d'Opoul », semble donc bien à relier à notre histoire, comme l'affaire de la tonnellerie de M. de MANNEVILLE nous le laissait supposer.

En 1818 M. de MANNEVILLE, nous apprend le bulletin des sciences technologiques, tome sixième (1826) non seulement fonda un établissement à Stenay, mais « céda les droits à la jouissance des avantages attachés à ce brevet (celui pris en 1817 pour 15 ans; c'est nous qui précisons) à Messieurs JOANNOT de CROCHART et COURET, dont les produits, admis à l'exposition publique de 1819, leur méritèrent une médaille d'argent. Cette nouvelle fabrication apportait un bénéfice de 64 pour cent, Messieurs CROCHART et COURET ouvrirent une souscription tant pour agrandir cette fabrique que pour créer d'autres établissement sur la Charente, la Loire, la Saône etc… Pour diverses raisons et un revirement de fortune, M. CROCHART ne fut plus en position de faire valoir ses fabrications et M. De MANNEVILLE, par suite des engagements pris et non exécutés envers lui, fut à nouveau en possession de cette propriété…. » Il est par ailleurs précisé, et cela est à notre avis important, que l'établissement élevé à Stenay est « sur la Meuse,… par des procédés mécaniques marchant par un cours d'eau ».

Nous n'avons pas trouvé, pour l'instant, ce que devinrent Messieurs CROCHART et COURET, mais à leur place, nous n'aurions pas spécialement été heureux…

En 1844, M. De MANNEVILLE réapparaît dans une histoire de droits de mutation, ainsi que nous l'apprend le « Traité des droits d'enregistrement, de timbres… n° 668 à 672 ». Le tribunal de Pont l'Evêque le condamne, le 17 mai, à payer des droits de transcription qu'il avait essayé d'éviter en présentant un usufruit sous forme de bail gratuit…

Curieux bonhomme, en vérité, dont nous avons appris, par ailleurs, qu'il avait épousé, en 1800, émigré en Angleterre, Margaret Crompton, qui lui apportait une rente annuelle de 700 livres et une assurance décès de 2000 livres. De son côté, en tant qu'émigré, M. DE MANNEVILLE recevait du gouvernement anglais une annuité de 60 livres.
En 1803 Mme DE MANNEVILLE retourna dans sa famille et en 1804 M. DE MANNEVILLE enleva sa fille, âgée de 8 mois, avant de rentrer en France, malgré l'interdit du juge. Ce cas, sur les droits comparés du père, de la mère et de l'état fit grand bruit en Angleterre et fait encore l'objet de recherches et travaux (DE MANNEVILLE V. De Manneville : Rethinking the birth of custody law under patriarchy)

En Juillet 1822 M. DE MANNEVILLE, apparaît dans la liste des membres de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts et belles lettres du département de l'Eure.

Dans notre précédente livraison nous avions quitté M. De MANNEVILLE, chevalier de Saint Louis et de la légion d'honneur, en 1852. Le bulletin des lois de la république française de 1861 nous apprend qu'en 1857, le 29 septembre, une cession a été enregistrée, telle qu'elle résulte d'un acte d'adjudication du 10 octobre 1855 au profit du Sieur Pierre Alexandre PARRIN DE SEMAINVILLE, demeurant à Manneville-le-Raoult (Eure) rue Neuve-des-Mathurins, hôtel de Florence, du brevet d'invention de quinze ans pris le 16 mai 1843, par le Sieur DE MANNEVILLE, pour un système de tonnellerie mécanique. Il est précisé, par ailleurs, que la dite cession ne confère pas le droit d'exploitation dans les départements de l'Eure, de la Seine Inférieure, de la Gironde, du Puy de Dôme, de l'Allier, de l'Aude, du Calvados, de la Manche, de l'Orne, du Morbihan, de la Loire Inférieure, ni dans les arrondissement de Quimperlé (Finistère), de Montpellier (Hérault) et d'Auxerre (Yonne).

Curieuse cession que celle-ci, en 1857, d'un brevet pris en 1843 pour quinze ans (1843 + 15 = 1858), et effectuée « au profit » de M. Pierre Alexandre, Comte PARRIN DE SEMAINVILLE, né le 17 mars 1808, à pont Audemer, de Pierre Noêl PARRIN DE SEMAINVILLE et d'Alexandrine Thomas de la Marche DE MANNeville.
« L'état présent de la noblesse française » (1866) nous donne sur le Comte PARRIN DE SEMAINVILLE, allié, donc à la famille de M. DE MANNEVILLE, de précieux renseignements : il est issu, par les lignes maternelles, des comtes de MEULANT et de HUGUES DE FRANCE, Comte de Vermandois, frère du Roi de France, PHILIPPE 1er. En 1850, le Comte DE SEMAINVILLE a épousé, à Bayeux, Françoise Charlotte LE BEGUE DE GERMINY, comtesse héréditaire du Saint-Empire-Romain et de divers états et coutumes, qui lui a apporte le titre et la dignité de Comte du Saint Empire…
Certaines autres précisions sont données sur deux ancêtres, l'un porte-épée du Roi Louis XV, l'autre conseiller-maître en la cour des comptes de Normandie.
En 1843, le Comte Pierre Alexandre avait quitté la Normandie pour se fixer à Hyères, habitant (« évidemment ») la villa Parrini…
Les PARRIN DE SEMAINVILLE portaient d'Azur à deux fonts baptismaux couverts d'or au chef d'argent chargé d'une croix alaisée de gueule -l'autre mi-parti est de Le BEQUE DE GERMINY-.

Nous ne pouvons éviter de trouver curieuse cette association de tonneliers, sur la base d'un brevet pratiquement expiré qui nous présente un chevalier de Saint Louis ainsi qu'un comte du Saint-Empire, le premier se réservant des zones d'exploitation dont celles où s'active Clovis D'ARDENTOR, Clovis, le roi d'Ardenne en Roussillon !

Des tonneaux, des voies d'eau : quels moyens de communications, quels circuits de transport et d'échanges tant visibles qu'occultes, tant intérieurs qu'extérieurs au territoire de France. Approvisionnement en bois d'Europe du Nord ou Centrale en amont, distribution de récipients en aval pour le sel et le poisson de l'atlantique, le cidre normand, le vin du sud de la France ou de l'Algérie… Comment ne pas avoir, alors, eu égard à l'intérêt que portent des Chevaliers ou des Comtes à cette activité, une pensée pour les légitimistes (qu'ils soient ‘Mérovingiens’ ou partisans de Charles X puis de Henri V (réfugiés à Frohdorf, en Empire Austro-Hongrois)- pour les carlistes partisans de Don CARLOS puis de Don JAIME, pour les Carbonari et les divers opposants à l'Empire ? Comment ne pas envisager un réseau de communication de Sociétés ‘secrètes ou occultes’ -pour employer les termes de l'époque, maçonniques ou autres ?-

Parmi les plus anciens transports clandestins grâce à des tonneaux, est-il besoin de signaler le cas des reliques d'ABDON et SENNEN rapportées par ARNUFLE, qui versa, le 24 octobre 960, dans un sarcophage de marbre blanc un mélange d'eau et de vin lui ayant servi à camoufler les reliques dans deux barils… Depuis ce sarcophage secrète un débit régulier d'eau claire et miraculeuse… SENNEN ne peut que nous rappeler, par homophonie, SENNAR (ou SENNAN) ancien nom de Babylone, et SHEM AN-NA le pain de vie. Quant à ABDON, le vocable latin abdo possède les significations de dérober aux regards, cacher, dissimuler, tenir secret. Faut' il continuer avec ARNUFLE, sachant que Arnion a la signification de jeune agneau, peau d'agneau et toison (de quel or ?) ?

« Toujours de l'eau au premier plan… sans cela je n'achèterais pas… » (Clovis D'ARDENTOR, p. 120).
Au premier plan de la toile,… d'araignée, de la veuve ?

En tout état de cause cette tonnellerie mécanique, fondée sur la force hydraulique -comme le moulin de Trussebourg à Gonneville, près de Honfleur, ou celui de Stenay sur la Meuse- n'exige comme moyen de transfert d'énergie, comme médium, que des roues tournant au-dessus de l'onde; au-dessus de l'onde, ou avec l'aide des ondes ?

De Perpignan à Bugarach

L'église de Bugarach -nom du capitaine de l'Argeles -soit ‘Selegral’ disions nous dans notre livraison précédente, présente un vitrail ou apparaît un navire surmonté d'une roue. Quelques paragraphes plus loin nous indiquions que dominant le bâtiment la Loge à Perpignan, un navire en fer forgé -datant du XVIème siècle- est scellé à l'angle, navire qui voit son mat central surmonté d'une roue. De même précisions-nous que le tableau présentant la Loge avec la mer venant battre sur ses marches avait été déplacé en 1751 dans l'église Saint Jacques
Les Lecteurs de la S.P. auront évidemment fait le rapprochement avec les renseignements donnés par M. Isaac BEN JACOB dans les articles parus sous le titre de Rennes-le-Château : ‘The Rise’. Ceux-ci traitent de la Sanch, dont le siège est précisément à Perpignan, « formée à l'origine de tisserands, c'est-à-dire de ceux que les théologiens du moyen âge nomment Texores, c'est-à-dire manichéens… règne en maître sur l'église Saint Jacques. »
Le manichéisme « s'est d'abord propagé par les voies commerciales dans le nord de la France… du nord elle a gagné le midi de notre pays. »
Ces gardiens des eaux thermales, ont été, avec les gnostiques et les templiers à l'origine de l'édification de labyrinthes, de souterrains, d'hypogées.

A Stenay, durent découverts « un grand nombre d'urnes funéraires, une multitude de tombeaux en forme de catacombes, un grand nombre d'autres (sic) renfermant tous la pièce de monnaie et le vase prescrit par les rites d'une mythologie commune à tous les peuples païens… Sous l'antique chapelle du palais… une chambre voûtée dans laquelle était une grande table de pierre, derrière laquelle se trouvaient trois corps humains assis chacun dans une niche… autour de ce caveau se trouvaient de nombreuses voûtes qui s'étendaient au loin et que l'on n'a pas visitées. » (Géographie, Histoire… du département de la Meuse, 1838).

Il n'est pas utile de développer un exposé sur la confrérie de la Sanch; il suffit au lecteur de se reporter aux communications de M. BEN JACOB.

Avant de revenir sur ces « souterrains… refuges pour les vivants, ou pour les esprits (Maurice BROËNS, 1976) nous allons développer quelques aspects et points de vue sur le mât et la roue surmontant nos deux bateaux.
A l'époque de la procession organisée par la confrérie de la Sanch,… les participants brandissent une croix en forme de Tau… une autre croix ansée, avec toujours le même cercle au-dessous du trait central de la croix, avec la stupéfiante particularité de posséder une petite patte latérale caractéristique d'un Tau primitif et babylonien » (I. BEN JACOB, The Rise)

Notre navire, sur le vitrail de Bugarach, vogue sur des flots de couleur verte : « Le trône était environné d'un arc en ciel, semblable à l'émeraude… Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, (de vert ?) semblable à du cristal. » (Apocalypse, St Jean)

Notre but ici n'est pas celui d'un exposé d'alchimie, mais les précisions suivantes ne nous semblent pas inutiles au chercheur « débonnaire » (Denis ZACHAIRE) que nous entendrons de Bon Air.

La figure du Tau avec sa petite patte latérale présente, indubitablement l'aspect d'une clé. Avoir la clé, c'est connaître le sel philosophique, et la clé est l'activation du champ énergétique : le sel est donc la conséquence de l'union du ‘soufre’ et du ‘mercure’. C'est « le sel obtenu d'une manière chimique, dont la caractéristique blanche -des cathares, des albigeois- le distingue de la couleur rouge du sel des philosophes- » (L. GINESTRE, L'alchimie expliquée par son langage). Ces deux teintes sont indiquées par les deux personnages que l'on peut découvrir sur la roue, et qui apparaîtront alternativement durant le travail.

La clé elle-même est le symbole du vitriol vert en spagyrie, du mercure philosophique, vert disent certains pour signifier la jeunesse du dissolvant, ou sel philosophique, par opposition au vieillard contenu dans la minière, en faible quantité. Certains auteurs l'ont caché sous le nom du lion vert, substance servant à préparer le puissant agent primordial, de couleur verte, synonyme du sel philosophique. Il apparaît alors normal, dans cette voie, que le vaisseau dominant la Loge de Mer de Perpignan soit en fer (Forgé ?) et rouillé…
Notre nef, ballottée sur les flots, est alors bien l'Ile de Délos, où naîtront Apollon et Diane le Soleil et la Lune que l'on aperçoit, l'un se levant à l'horizon derrière la nef, et l'autre, décroissante en haut à gauche du vitrail : pars et je reviendrais….
Précisons encore que le Vin des Sages -le blanc et le rouge, le principe et la matière de la quintessence- est le dissolvant, qui fait tourner la roue….
Quant aux acteurs, nous signifions ici les praticiens de l'œuvre et non les matériaux, ils sont pour nous ‘cachés’ derrière les personnages cephalophores représentés sur les vitraux, dont le contour du visage est dessiné, sans que les yeux, le nez et la bouche n'apparaissent : ils ne sont donc pas reconnaissables, socialement comme invisibles.
« Les véritables Rose-Croix, les seuls qui puissent porter ce titre et fournir la preuve matérielle de leur science,… vivent isolés,… ils ne craignent point d'être jamais connus… quelques-uns pourtant occupèrent de brillantes situations…; mais ils surent si adroitement masquer l'origine de leur fortune que nul ne put distinguer le Rose-Croix sous les traits du gentilhomme….
En attribuant aux frères ce principe étrange et paradoxal d'invisibilité, Valentin ANDREAE reconnaît l'impossibilité de les identifier… Ils sont invisibles parce-qu'inconnus » (FULCANELLI, Demeures philosophales, T1).

A côté de ces personnages de condition dont FULCANELLI vient de parler -et nous nous permettons de préciser, qu'à travers la justesse de son approche, il s'est montré incroyablement ‘envieux’…- « d'autres portèrent sans éclat leur dignité rosicrucienne, vivant parmi le peuple laborieux, en une médiocrité voulue, et en l'exercice quotidien de métiers sans noblesse » (FULCANELLI, Demeures philosophales, T1).

Parmi ceux-ci, Leriche -qui ‘ressuscita’ le Lyonnais CANDY, âgé de 18 ans, en 1774, ou le Limouxin CAMBRIEL qui ‘ressuscite’ un forgeron de ses amis (Eliphas LEVY, Extrait de dogmes et rituels de haute magie, T2). CAMBRIEL, auteur du « Cours de philosophie hermétique », né à Saint Paul de Fenouillet et fabricant de draps à Limoux, qui termina son ouvrage en 1823, -cinquième année du règne de Charles X- ouvrage qui fut publié en 1843 : il s'agit bien du personnage qui déclara avoir vu Dieu durant son enfance, dont les « muscles sont arrangés en forme de petites poires, deux en haut et un en bas »… (Cours de philosophie, CAMBRIEL)

Si les Rose-Croix véritables sont encore des isolés, des travailleurs dispersés dans le monde, des chercheurs ‘cosmopolites’, quelques maîtres ont pu grouper autour d'eux de jeunes aspirants, accepter la mission de les conseiller, de diriger, d'orienter leurs efforts, et « former de petits centres initiatiques » , dont ils étaient l'âme, parfois reconnue, souvent mystérieuse (FULCANELLI, Demeures Philosophales) : parmi ces centres, le plus connu fût celui animé par Nicolas VALOIS, GROSPARMY et l'abbé VICOT qui réalisèrent le grand œuvre à Flers (Normandie) en 1420.
-A noter que Vincent FERRER avait ‘prêché’ à Avranches en 1418, et que Robert JOLIVET, abbé du Mont Saint Michel, ‘disparut’ après pendant deux ans-.
Nicolas VALOIS passe pour avoir acquis, vers la fin de sa vie, les autres terres d'Escaville, de Fontaines, de Mesnil-Guillaume et de Manneville. (selon des ‘remarques’ écrites en marge d'une copie manuscrite des œuvres de GROSPARMY et ayant appartenu au chimiste CHEVREUL).

Les vitraux de l'Eglise de Bugarach semblent de facture relativement récente (deuxième moitié du XIXème siècle à notre humble avis, et uniquement sur la base de quelques photos) : un centre initiatique exista t'il en Roussillon, dont CAMBRIEL aurait pu faire partie, et que nous signalèrent à leur façon H. BOUDET d'une part, et Jules VERNE d'autre part ? L'ensemble des éléments que nous avons pu réuni nous incite à répondre positivement et sans hésitation à cette question. Ce centre existait-il depuis longtemps avant l'installation des vitraux de Bugarach, qui n'en marqueraient qu'une renaissance ? Peut-être qu'un autre point de vue d'analyse permettrait de répondre en partie à cette question.

Les tisserands et les souterrains

Nous renvoyons tout d'abord, comme précédemment le lecteur aux textes de Isaac BEN JACOB traitant des labyrinthes… dont ce qui suit ne peut se présenter que comme un complément.
Du Xème au XIIIème siècle les sectes se multiplièrent, toutes plus hardies les unes que les autres. Certains théologiens, comme BURCHARD DE WORMS au XIème, Jean DE SALISBURY au XXème, Guillaume d'AUVERGNE au XIIIème s'appliquèrent à essayer de discerner le vrai du faux de toutes les extravagances exprimées. « Pour ECKBERT, abbé de Schonau au diocèse de Trêves vers 1160, leurs adeptes étaient des ‘Piphles’ ou ‘Popelicains’ en Flandre (E. De SCHONAU, Sermones contre catharos) mais en gaule leur désignation générale était ‘Texerants’ car ils avaient en commun l'usage de se réunir en secret ‘dans des ateliers de tissage et des celliers, ou dans des latibules souterrains analogues » (R. de Coggeshall, Chronicum anglicanum) (Les souterrains, M. BROËNS, 1976).
Au Vème siècle déjà, Saint Epiphane (Adversus Haereses) rencontra d'innombrables sectes -Euchites, Massaliens, Adamiens, Sataniens, etc…- qui célébraient leur culte en secret dans des cavernes…. Comme les disciples de Mares, ces communautés venaient de Mésopotamie où certaines d'entre elles survivent encore de nos jours sous le nom de Yesidiz, soit adorateurs du diable.

La question est donc posée de l'ésotérisme de certaines pratiques en vue desquelles des structures souterraines auraient été spécialement adaptées, dont l'étude n'est pas l'objet de notre communication.

Nous nous bornerons à signaler certains faits :

A très courte distance de Perpignan, un complexe souterrain a été remis à découvert : le site, de St Vincent de Bajoles, aurait été occupé, vers la fin du Moyen Age, par une importante commanderie de chevaliers de Rhodes ou de Saint Jean.

La même question se pose au sujet de plusieurs hypogées, groupés dans la région de Sos (Lot et Garonne). Leur schéma, nous dit M. BROËNS consiste en « un axe rectiligne, reliant une chambre rectangulaire, disposée transversalement à une autre, plus petite, ovale ou circulaire. Entre les deux, un tronçon de couloir, en pente ou en escalier, débouchant en équerre sur l'axe. »

Indéniablement, à la vue des plans correspondant, l'on ne peut que penser au tau de la Sanch D'Arles-sur-Tech que signale M. BEN JACOB. Ce tau, avec, « sa stupéfiante particularité de posséder une petite patte latérale caractéristique d'un tau primitif et Babylonien » serait-il un des jalons sur une piste menant à un hypogée ? - Triangle Perpignan, Bugarach, Arles-sur-Tech… et d'autres, ailleurs (Alignement Rennes, Bugarach, Arles sur Teck, Gérone)? Que penser alors des graffitis observables dans la salle basse de la dernière tour restante du château de Bugarach ? Guy Tarade tente d'apporter une réponse à cette question : « Tout en restant très prudents, nous pouvons imaginer qu'un trésor lié à une connaissance ‘différente’ a été amené depuis une région située entre ‘Tanezrouft’ (territoire situé non loin du Hoggar)… par voie maritime… ». En un mot, en territoire de langue kabbyle de cette langue qui fait l'objet du centre du livre de H. BOUDET, et dont nous avons traité dans « Le cromleck de Rennes-les-Bains », partie 4. Signalons, à ce stade, que le Tanezrouft est un ancien lac asséché qui devint une véritable tombe à ciel ouvert: au 19ème siècle, une caravane de 2000 hommes fut complètement anéantie dans ce ‘désert des déserts’, relique d'un paradis perdu -sans eau, je n'achète pas-.

Les tisserands et l'Ame

Précédemment, nous avons appliqué à FULCANELLI le terme d'envieux lorsqu'il qualifiait les Rose Croix d'invisibles parce qu'inconnus, avec envieux dans le sens de cacheur, cachotier : l'énoncé est vrai et certain qui cependant cache une autre vérité lorsqu'on le prend en affirmation absolue. Dans le Mystère des cathédrales, chapitre V, où il traite des labyrinthes des cathédrales -ce qui ne peut que renvoyer les lecteurs de la S.P à la Sanch et à The Rise de M. BEN JACOB-, il nous précise que c'est ici que le fil d'Ariane devient nécessaire à l'Artiste.

« Avant que de ne continuer il convient de se rappeler que la tombe de Blanchefort portait une araignée gravée dessus » (Isaac Ben Jacob)

« Ariane est une forme d'airagne (araignée), par métathèse de l'i. En espagnol, ñ se prononce gn; araigne, airagne, peut donc se lire arahné, arahori, arahgne. » Et l'adepte de poursuivre, en cette phrase qui résume l'œuvre et explique l'évolution de manière bien plus crédible que la ‘théorie dite de Darwin’ : « Notre âme n'est-elle pas l'araignée qui tisse notre propre corps ? »

Et notre auteur de continuer en cabbale phonétique : airo signifie prendre, saisir, airne est l'aimant, la vertu renfermée dans le corps que les sages nomment leur magnésie. Nous pouvons préciser ici, en toute cohérence avec la suite de la démonstration de l'adepte, que de cette magnésie sort la mer émeraude sur laquelle vogue la nef de Bugarach. Mais laissons l'adepte poursuivre : en provencal le fer est appelé aran, ou iran; c'est l'Hiram maçonnique, le divin bélier « l'araignée, chez les Félibres se dit aragno et iragno, airagno; en picard, arégni- Rapprochez tout cela du grec sideros, fer et aimant : ce mot a les deux sens. Ce n'est pas tout : le verbe areo exprime le lever d'un astre qui sort de la mer : d'où aryan, l'astre qui sort de la mer, se lève; ariane est donc l'orient… » (FULCANELLI, Le mystère des cathédrales).

Souvenez-vous de ce que nous disions au sujet de ‘l'homme des bois’ de la rue de l'hospice n° 1 (Clovis D'ARDENTOR, partie 1) : l'adepte a réussi à matérialiser son double, à rendre fixe le volatil… Un esprit de recherche de vieillissement ou d'immortalité, voire de transfiguration, qui apparaît comme l'objet de la recherche du groupe auquel appartint, pour nous, Gustave VISON.

Dans les « Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie » (1829/1830), nous pouvons lire la reproduction d'une curieuse tirade, de SERLON l'évêque de Seez (Orne), en 1106) contre les longs cheveux, les barbes courtes et les souliers dont la pointe imitait la queue des scorpions. Ce morceau est précieux pour faire connaître les coutumes adoptées alors en Angleterre et en Normandie : on y voit l'obligation où étaient les pénitents publics de porter les cheveux longs (« Ecce Squalonem poenitentiae concerterunt in usum luxuriae »).

Complément sur Gustave Vison

Nous avons pu valider que ‘le Gustave VISON’, membre de la baie du salut d'Arzeu est bien ‘notre Gustave VISON’.

En effet, le tableau de la Baie du salut nous précise :

Gustave VISON, Maître, reçu le 24 mars 1845 à Oran,
Né le 15 Janvier 1822 à Metz

Donc, en 1886, en mai, Gustave VISON était bien dans sa soixante cinquième année. Il est bien, comme l'indique le procès-verbal de décès, natif de Metz. D'autre part ses parents sont morts à Oran, où il habitait en 1845.

Nous apprenons aussi que Pierre François, son frère, était né le 19 juillet 1819 à Marseille.

Nous avons donc fait une erreur lors de note précédente livraison, en annonçant le Pierre VISON de la Loge d'Arzeu comme le père de Gustave, que nous nous empressons de rectifier, avec toutes nos excuses envers les lecteurs de la S.P.

Le Pierre VISON indiqué dans les tableaux de la Baie du Salut est le frère de Gustave et non son père

Ce dernier nous l'avons trouvé sur le tableau d'installation de la Loge des Frères Numides, en date de 1838 ou Pierre VISON apparaît en qualité de chirurgien aide major (donc militaire non encore à la retraite, avec les qualités maçonniques de Rose-Croix (18ème) et vénérable -A noter que cette loge est tombée en sommeil en 1851, date que l'on mettra avec profit en rapport avec celle d'arrêt de la loge de la Baie du Salut d'Arzeu, soit 1852-.
Le lecteur sera sans doute heureux de trouver, jointe à cette livraison la signature de G. VISON telle qu'elle figure en bas des documents de création de la loge de la Baie du Salut, ou il signe en tant que secrétaire par mandat de la Loge. A Gauche la signature de Pierre François VISON, et au-dessus celle de Perin THOMAS, officier d'infanterie, le Vénérable.

Le Roussillon et les eaux

Sans eau, je n'achèterai pas.

Nous avons vu à plusieurs reprises cette phrase de Clovis D'ARDENTOR apparaître dans notre analyse. Nous approfondirons dans la 2ème partie la philosophie des Saint Simoniens ainsi que le rôle joué par de nombreux polytechniciens fidèles à la doctrine de St Simon puis d'Auguste CONTE et ENFANTIN, qui fut un des fondateurs de l'Ecole.
Parmi ses membres, nous parlerons d'Elie ROUDAIRE qui fit sortir en 1874 dans la Revue des deux mondes un long article de 27 pages intitulé « Une mer intérieure en Algérie ».

Le projet fut re-analysé en 1884 par l'Association pour l'avancement des sciences lors de sa 13ème session tenue à Blois. Déjà, en décembre 1882, Elie ROUDAIRE et Ferdinand DE LESSEPS -qui avait été aidé par Enfantin (entre autre, car nous verrons qu'il était allé chercher des fonds à Majorque) dans le cadre du Canal de Suez- avaient fondé la Société d'études de la mer intérieure africaine.
Le 14 Janvier 1885 ROUDAIRE ‘meurt d'épuisement’ d'avoir lutté contre les ‘inimitiés’ tenaces que lui avaient valu son engagement fourieriste.
En 1905 paraît le dernier roman de Jules VERNE, « L'invasion de la mer », que l'auteur avait baptisé ‘la mer saharienne’, le titre définitif étant du cru de l'éditeur HETZEL fils, et qui donne, sous forme romanesque, une suite au projet de ROUDAIRE.

D'accord, direz-vous, tout ceci est bien intéressant, mais quel rapport avec notre affaire Roussillonnaise ?

Nous y venons maintenant, en lisant quelques extraits d'Onésime RECLUS pris dans « Le plus beau royaume sous le ciel » paru en 1899.

…« où se détache le chaînon du Canigou ( 2785 m), d'où l'on voit si bien à l'est la mer intérieure »…

…« derrière ce grand barrage le torrent qui est maintenant l'Aude refluait en lac dans la plaine carcassonnaise, puis courait sans doute vers l'Atlantique »…

…« Alors le bassin de Carcassonne était un lac ayant son issue vers l'Atlantique par l'un quelconque des cols du Lauragais, probablement par celui de Naurouze »…

…« un temple de Vénus dont on voit quelques vestiges au bord de l'étang de Vendres. Un autre reste de la mer qui flottait au nord comme au sud de Narbonne entre Corbières et Cévennes, c'est, au nord de Coursan, l'étang de Capestan, en partie desséché ».

Ne nous retrouvons nous pas en parallèle avec le dessèchement du Sahara dont nous avons parlé lors de l'étude sur la langue Kabyle (Le cromleck de Rennes-les-Bains, Partie 4), ainsi qu'avec le Tanezrouft où les restes d'animaux marins sont nombreux dans les gisements néolithique ? -Ne vous semble t'il pas entendre H. BOUDET ?-

Enfin pour conclure sur une note moins triste que le dessèchement du paradis, et pour revenir à l'argotique qui lui est chère Jules Verne n'a t'il pas pu être ‘amusé’ par le rapprochement possible à effectuer, et alors signifiant, en terme de jeu de piste, entre ROUDAIRE et Roue d'Air, la Roue dans l'Air au-dessus de la nef Argo et au-dessus de la loge de Clovis d'Ardenne ?

Pénitents et charitons

Dans le Tome premier de la bibliothèque de Chartres, quatrième série, 1855, nous pouvons lire qu' « il existe encore dans la plus grande partie de la Normandie, sous le nom de charité, une corporation religieuse à peu près inconnue hors des départements de la Seine Inférieure, de l'Eure et du Calvados, et qui, avant la Révolution existait et prospérait dans les diocèses de Rouen, d'Evreux, de Lisieux, de Bayeux… en 1319 la charité de Vernon aurait été fondée par des tailleurs de draps de cette ville » (Sainte Marie Mevil).
La confrérie d'Evreux fut fondée en 1423.

Les charitons, qui devaient se pourvoir « d'aornements honnestes, croix, bannière, cierges, clochettes, torches, chaperons, croix de trépassés » (statuts de Georges d'Amboise II, archevêque de Rouen en 1546) : ils étaient obligés de porter les corps des défunts à l'église et de faire célébrer une messe pour le repos de ceux, ‘home ou feme’, qui avaient payé la cotisation annuelle…

Les bornes de cet article ne nous permettent pas de développer ce thème, en entrant dans de plus grands détails sur l'organisation de ces charités dont l'origine est à peu près inconnue, quelques unes prétendent remonter à une très haute antiquité. En tout état de cause nous les signalons ici en conclusion de ce complément d'article, car elles sont à la Normandie ce que la Sanch est au Roussillon : mêmes organisations, mêmes personnages (y compris M. BILLARD, dont le père, rappelons-le était tonnelier) sur les deux régions…

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Zephyrin