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Société Périllos ©

Clovis d’Ardentor
(2ème partie) - Vison Gustave et Ducros de Saint Germain Jean Dominique

 

Les lecteurs de la SP ne sont pas sans ignorer que, à la suite de notre première livraison sur « Clovis D'ARDENTOR, Gustave VISON, une enquête impossible ? » et le complément à ce texte que nous avions fourni pour faire état de l'avancement de nos recherches, un « Ph. DUCROS » avait pris contact, le 01.09.08 avec la Société PERILLOS, sur un forum intitulé G. Vison, et auquel les lecteurs peuvent se référer.
A la suite de cette demande nous avons immédiatement pris contact téléphoniquement avec Philippe DUCROS DE SAINT GERMAIN -ce qui est finalement assez simple avec les moyens modernes de recherche- et l'avons rencontré le mercredi suivant.

Ce premier contact n'a été que le départ d'échanges et de recherches alternées, dont les résultats ne cessent d'apparaître, plus ou moins facilement cependant. Parmi ceux-ci, nous en avons trié quelques uns que nous présentons aujourd'hui aux lecteurs de manière non exhaustive : En effet M. DUCROS DE SAINT GERMAIN nous a demandé d'en conserver ceux qui intéressent directement des membres de sa famille; d'autre part, le développement de toutes les pistes dépasserait l'objet des colonnes de la S.P. et fera sans doute, au moment opportun l'objet d'une publication spécifique.

Monsieur Gustave Vison

Tout d'abord, et pour que le lecteur se fasse une idée plus précise de cette personne, qui, il y a encore quelque temps, était entièrement énigmatique, nous lui présentons le portrait de M. Gustave VISON, ainsi que copie de l'original de son acte de mariage, en date du 6 décembre 1851 à Narbonne.

Voici la transcription du texte manuscrit, dont la lecture peut être difficile pour les non habitués à ce genre d'exercice.

L'an mil huit cen cinquante et un et le six décembre à neuf heure du matin dans l'hôtel de la Mairie par devant nous adjoint au maire de la ville de Narbonne délégué pour remplir les fonctions d'officier public de l'Etat Civil de la ville, sont comparus pour contracter mariage,
d'une part Monsieur Gustave VISON négociant et propriétaire, âgé de vingt neuf ans, natif de Metz département de la Moselle, domicilié à Arzew (Afrique), fils majeur et légitime de feu Monsieur Pierre Guillaume VISON, officier en retraite et chevalier de la Légion d'Honneur et de feue Dame Saintine STOCCHI sans profession; procédant le dit sieur Gustave VISON, futur époux comme livre dans l'exercice de ses droits, lequel n'ayant pu produire les actes de décès de ses aïeuls et aïeules faute de connaître leur dernier domicile, nous a déclaré avec serment ainsi que les témoins bas nommés conformément à l'avis du Conseil d'Etat du quatre thermidor au treize que le lieu de décès ainsi que le lieu du dernier domicile de ses ascendants leur sont inconnus.

Et d'autre part, Mademoiselle Marie Louise Izaure DUCROS SAINT GERMAIN, sans profession, âgée de vingt six ans révolus, native de Narbonne y domiciliée; fille majeure et légitime de Monsieur Jean Dominique DUCROS SAINT GERMAIN, chevalier de la Légion d'Honneur, propriétaire et maire de la ville de Narbonne et de Dame Marie Louis Honorine MAZER, sans profession domiciliés à Narbonne, ici présent et consentants

Lesquels futurs époux nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entr'eux dont les publications ont été faites devant la porte principale de l'Hôtel de Ville du dit Narbonne les dimanches deux et neuf novembre dernier à onze heure du matin. Pareilles publications ont été faites à Arzew les dimanche seize et vingt trois novembre expiré comme conste du certificat délivré par le commissaire civil du dit Arzew sous la date du vingt six novembre expiré dûment légalisé, à l'appui de leur réquisition les parties nous ont produit 1° l'acte de naissance du futur 2° l'acte de naissance de la future 3° les actes de décès des père et mère du futur 4° le certificat de publication fait à la mairie du dit Arzew lesquelles pièces paraphées ne variéture demeurent annexées au présent, nous adjoint au maire avons demandé aux partie conformément à la loi du dix juillet mil huit cent cinquante s'il a été passé un contrat de mariage et elles nous ont répondu qu'un contrat de mariage a été passé le quatre décembre courant devant Me Gabriel Victor BIRAT, notaire à Narbonne ce qui est constaté par un certificat signé du notaire qui demeure annexé au présent : aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifiée, nous dit adjoint au maire faisant droit à la réquisition des parties après leur avoir donné lecture des pièces ci-dessus mentionnés et du chapitre six du Code Civil institué du mariage nous avons demandé au futur époux et à la future épouse s'ils veulent se prendre pour mari et femme, chacun d'eux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que Monsieur Gustave VISON et Mademoiselle Marie Louis Izaure DUCROS SAINT GERMAIN sont unis par le mariage. De quoi nous avons dressé le présent acte en présence de Messieurs Victor BORDES Sous-Préfet de l'arrondissement de Narbonne, Chevalier de la Légion d'Honneur, âgé de cinquante ans. Jean Marie Antoine ABRAM négociant, âgé de quarante six ans. Antoine Léon BAISSET propriétaire, âgé de quarante ans. Tous les quatre non parents des époux domiciliés à Narbonne lesquels après qu'il leur en a été faite lecture ont signé avec nous les époux et les père et mère de l'épouse.

Signatures : Pauline DUCROS de SAINT GERMAIN, Clémentine DUCROS de SAINT GERMAIN et Honorine DUCROS de SAINT GERMAIN

Nous y notons, qu'en toute cohérence avec nos publications précédentes, où nous montrions qu'il était un membre fondateur de la Loge de la Baie du Salut en 1850-51, M. Gustave VISON est bien domicilié à Arzew.

Eu égard à son âge déclaré -vingt neuf ans révolus- l'année de naissance correspond bien, ainsi que le lieu, Metz.

M. Gustave VISON déclare ne pas connaître le dernier domicile ni le lieu de décès de ses grands-parents, fait confirmé par les quatre témoins dont M. Victor BORDES, sous-préfet de l'arrondissement de Narbonne. Quel événement brutal a séparé la famille pour que toute trace se perde : révolution, guerre Napoléonienne, épidémie ?

Nous pouvons ici juste signaler que DUCROS DE SAINT GERMAIN Jean Pierre, frère de Jean Dominique, né le 24 mai 1789 à Arreau a eu la cuisse emportée à Leipzig en 1813, ce qui a entraîné son décès.

Le lecteur reconnaîtra en bas de l'acte la signature de Gustave VISON, que nous lui avions montrée figurant au bas des documents de création de la Loge de la Baie du Salut, et en dessous il verra celle de la mariée, Isaure, ainsi que celle de ses sœurs Pauline, Clémentine, Honorine, parmi bien d'autres…

Vison politicien ?

Nous retrouvons « un VISON » en 1898 dans une bien curieuse position, et dans un lieu vraiment inattendu : l'Assemblée Nationale.

En effet, dans les Annales des Débats Parlementaires, Chambre des Députés, publiées par l'Imprimerie du Journal Officiel, nous pouvons lire, de manière non exhaustive :

« un fait de versement d'argent : celui d'une somme de 5 000 francs, versée par M. BARTISSOL à M. VISON, et un autre de 10 000 francs…. Par M. BARTISSOL à M. FERROUL DE MONTGAILLARD. Sur ces deux faits nous n'avons que l'affirmation, que le témoignage de M. DECAMPS, ancien sous-préfet …»

« A. DESCAMPS volait à son chef, pour le remettre à ses adversaires, le document qui a été produit à cette tribune et qu'à fait invalider M. TURREL… »

« Il y a aussi les frères siamois, BARTISSOL et TURREL… »

« M. DECAMPS déclare que des documents ont été envoyés à un M. VISON de Narbonne et dit : « oui, il y avait là toute la correspondance de M. TURREL… il y a dans ces documents des pièces que la Commission aurait intérêt à connaître, ce sont les lettres du préfet… »

« M. TURREL, ministre des travaux publics, c'est un homme aux abois, un ministre tombé dans la boue… Il n'a été accepté dans le ministère MELINE qu'à la condition qu'il ne ferait rien contre la fabrication de vins de raisons secs, dans laquelle son collègue COCHERY et lui, dont il est devenu le complice et l'associé, avait engagé 1 750 000 francs. C'est un extrait du rapport de police… »

« Ce M. VISON est resté dans les couloirs de la Chambre pendant un mois… ce candidat ne serait-il pas devenu candidat à Limoux… Réponse : oui… »

Nous avons noté, dans ces débats, de nombreuses interventions de M. DUJARDIN BEAUMETZ, bien connu de lecteurs de la S.P.

M. BARTISSOL fut entrepreneur des travaux publics, ancien ingénieur du Canal de Suez; il établit un contrat avec le liquidateur de la Compagnie Universelle du Canal interocéanique de Panama pour fonder une nouvelle compagnie et engage personnellement cinq millions de francs or, soit plus de 75 millions d'euros.

BARTISSOL, né en 1841 d'une famille de maçons, à Portal dans l'Aude devint à partir de 1980 l'un des principaux entrepreneurs de travaux publics du XIXème siècle, au même titre qu'un Gustave EIFFEL. Nous reverrons ce personnage, avec d'autres, dans un prochain chapitre sur Clovis d'ARDENtor. Il suffit ici de signaler qu'il fut employé en 1858 sur le chantier de la ligne de chemin de fer de Narbonne à perpignan dont son frère Jean avait obtenu une partie du marché de la construction (avec quelle origine de fonds ?). En 1863, il est embauché par la Compagnie des Chemins de fer du Midi des frères PEREIRE, en en 1866 il s'embarque pour Suez, comme conducteur de travaux sur le chantier du Canal conçu par Ferdinand DE LESSEPS. Il exécute ensuite des missions d'études sur les chemins de fer en Galicie et dans l'Empire Austro-Hongrois, puis en Turquie et au Portugal.
En 1880 il acquiert le domaine royal de Pinheiro et créé un vignoble de 600 ha, dont il commercialise la récolte sous le nom de Bartissol Royal Pinheiro.

En 1882 il lance l'idée d'un projet de barrage sur le Tet, puis pour les vallées voisines de l'Agly et du Tech.
En 1887, il construit à Perpignan l'ensemble résidentiel dénommé cité Bartissol, toujours prisé de nos jours, dans l'enceinte de laquelle il fonde, en 1893, la fabrique de papier à cigarettes Suez.

En 1901 il dirige le chantier de démantèlement des remparts de la ville.
En 1863, il achète le Château de Fleury Mérogis, en Seine et Oise, domaine de 451 ha où il reçoit, entre autre, CLEMENCEAU et JOFFRE, CLEMENCEAU avec lequel il restera très lié, même après la guerre de 1914-1918.

Il fut très proche de Jean Baptiste DAUDERGNIES, né en Belgique à Basècles en 1827, renommée pour son marbre noir. Tâcheron journalier, émigrant à Narbonne il loue ses services à M. BARTISSOL entre 1856 et 1858 (construction de la voie de chemin de fer entre Narbonne et Perpignan). Comment, avec quels capitaux, grâce à quelles relations le tâcheron décroche-t-il en 1863 l'adjudication des 200 km de chemin de fer qui doivent relier de Mouzouares à Cordoue ? Encore un mystère ! En moins de dix ans il devient le notable « Monsieur DAUDERNI », il fait l'acquisition du mas Sainte Eugénie, sur la commune de Soler, dans la vallée du Tet, à une dizaine de kilomètres de Perpignan : 135 ha de terres arrosables, un moulin à huile, une usine avec chute d'eau… pour 320 000 francs !

En 1865 il achète une maison à Perpignan, en 1868 le château de Blomac, à vingt kilomètres de Carcassonne, qui produit 10 000 hl de vin.
Il participe à plusieurs chantier au Portugal avec M. BARTISSOL et DUPARCHY : nul ne comprend qui, de BARTISSOL ou DAUBERNI propulsa l'autre…
Le Trio est, à partir de 1882 très bien introduit tant dans les hautes sphères du monde industriel et financier qu'auprès des classes dirigeantes, entre autre du Portugal.

En 1885, DAUDERNI est décoré de l'ordre royal d'Isabelle la catholique - BARTISSOL, en 1879, avait, lui, été décoré de l'Ordre de la Conception du Portugal- et, en février sont lancés les travaux d'adduction d'eau de la ville de Perpignan.

Dès 1881, il avait entrepris, dans sa commune natale, la construction d'un château « de style renaissance », après avoir racheté toutes les maisons situées sur les parcelles concernées autour de l'emplacement de la maison paternelle, qu'il fit araser. La même année, il rentra en contact étroit avec M. HERTZ, autour duquel se construisit le scandale de Panama.

Il meurt à Panama, sur le chantier du canal le 25 avril 1886…, Panama où il avait été appelé par Louis COMPANYO, directeur du Musée d'histoire naturelle de Perpignan et très lié, depuis Suez, à Ferdinand DE LESSEPS.

Quant à TURREL, qui fut plus tard ministre des travaux publics de 1896 à 1898 dans le gouvernement de Jules MELINE, député de l'Aude de 1885 à 1898, il était le fondé de pouvoir d'Edmond BARTISSOL et participa à l'opération « chéquards » organisée par Ferdinand DE LESSEPs et Herz, qui fit distribuer 4 millions de francs à divers politiques et hommes d'affaires pour obtenir l'autorisation d'émissions complémentaires d'actions, qui n'empêchèrent pas la faillite de l'opération. Sous la pression de l'opinion publique la Chambre des Députés vota, le 4 janvier 1892 un ordre du jour réclamant « une répression énergique ».

Il apparaît ainsi qu'en 1898 M. VISON était candidat, ainsi que M. TURREL, aux élections, et qu'il détenait des documents compromettants pour celui-ci…

Ce Monsieur VISON est Jules VISON, premier enfant de Gustave VISON et d'Isaure DUCROS DE SAINT GERMAIN, né en 1852, donc avant Charles (né en 1859, mort en 1860 et enterré au cimetière de Fontcouverte).
Pour l'instant, en attendant une copie du dossier relatif à l'enquête électorale sur l'élection de M. BARTISSOL, et qui comporte 168 pages de dépositions et de procès verbaux de la Commission d'enquête, nous savons simplement, à travers un acte familial en possession de M. Philippe DUCROS DE SAINT GERMAIN que Jules VISON habitait Moussan en 1911.

Autour, ou en parallèle à Jules VISON, nous avons rencontré diverses personnes de la Société Civile, dont les origines des fonds semblent mystérieuses, au moins autant que celles de certains curés de la même région,…. Et toutes liées à des canaux, des chemin de fer, des vignes…

« Je dirai que ces hommes [les Saint-Simoniens] ont préparé la percée de l'isthme de Suez, ont créé les premiers réseaux de chemins de fer en France, en Italie, en Autriche, en Espagne, en Russie… nos premiers établissements de crédits,… des sociétés pour l'adduction de l'eau dans les grandes villes, des compagnies d'assurance »… 'EMERIT, Les St Simoniens en Algérie

« Pour DAUDERNI, comme pour BARTISSOL… l'investissement dans la vigne ne s'est pas traduit par un retrait des activités industrielles mais comme un élément d'un système dual à forte rationalité… Assurément, des investigations approfondies… cette méconnaissance constitue une forte incitation à approfondir les recherches en histoire économique régionale… » (J.L. ESCUDIER, Laboratoire Montpelliérain d'Economie Théorique et appliquée).

Nous renvoyons cette partie de notre étude sur les financements dans les chapitres à venir de nos livraisons sur Clovis d'Ardentor. Il suffira ici de signaler qu’au mileu du XIXème siècle la moitié des officiers de l’armée étaient francs maçons (« la méditerranée était un lac maçon » Lucien Sabah, attaché au ministère de l’intérieur), et que polytechnique fut la pépinière des saint-simoniens.

M. Vison et Ducros de Saint Germain

Le lecteur se souvient de la cession faite le 12 mai 1853 à la maison VISON et DUCROS DE SAINT GERMAIN par le sieur de MANNEVILLE en partie des droits pour un système de tonnellerie mécanique.

Un acte, en date du 19 juin 1858 par devant Maître ROUCAYROL nous apprend que M. Gustave VISON et Alphonse DUCROS DE SAINT GERMAIN, négociants domiciliés à Narbonne, ont été solidaires dans la création de cette maison VISON et DuCROS DE SAINT GERMAIN.

Cet Alphonse est un fils de Jean Dominique né à Arreau, Maire de Narbonne de 1837 à 1843, puis de 1849 à 1852, fils d'Antoine DUCROS DE SAINT GERMAIN qui fût, rappelons-le Receveur du Canal de Beaucaire, condamné à mort le 28 Août 1793, il échappa à la guillotine, et mourut en 1814 à Narbonne.

Antoine, le père de Jean-Dominique, qui était né en 1748 à Moissac, fit des études d'ingénieur des Ponts et Chaussées. De 1769 à 1771 il travaille à Toulouse et supervise les travaux des quais. De 1772 à 1775, il est chargé des grandes réparations des routes dans l'Hérault, dont le pont entre Montagnac et Pézenas. En 1775, il est chargé de toutes les opérations concernant le projet d'un canal depuis Agde jusqu'à Sète, dont en 1776 il conduit les travaux.
En 1777, Bertrand GARRIPUY, directeur des travaux publics du Languedoc depuis 1772, directeur des travaux du Canal du midi, et concepteur du pont de Gignac, fait appel à son neveu Antoine DUCROS, alors nommé inspecteur, pour finir l'ouvrage (sur ce pont une plaque fut posée, mentionnant les ingénieurs GARRIPUY et DUCROS).
En 1781, Antoine est envoyé à Narbonne pour la conduite des travaux du Canal de Narbonne et des routes des postes dans le diocèse de cette même ville.

Jean Dominique avait hérité de son grand oncle GARRIPUY, d'une grosse fortune… encore une avons-nous envie de dire…, et s'était porté caution d'Alphonse et de Gustave VISON lors de la création de la maison VISON-DUCROS DE SAINT GERMAIN. En quelques années, Gustave VISON a coulé la Société et ruiné Jean Dominique. L'acte du 19 Juin 1858 précise que la caution avait été inscrite au bureau des hypothèques de Narbonne le 18 juin 1853 et que le 3 août 1857, par acte devant M. ROUCAYROL M. DUCROS DE SAINT GERMAIN a rendu à M. SEGUY père et fils la majeure partie de ses biens sur lesquels reposait l'hypothèque, avec délégation de payer les créanciers inscrits; le coût des créances est d'une valeur équivalente à 941 280 de nos euros actuels, dont, accessoirement, 52 530 à M. de MANNEVILLE.

Au-delà de l'anecdote nous avons cité cette histoire, d'une part parce-qu'elle implique Gustave VISON, mais surtout parce qu'elle nous a permis de mettre en lumière les relations entre Jean Dominique DUCROS et le Cardinal de BONNECHOSE.
En effet, ruiné, M. DUCROS DE SAINT GERMAIN demande l'autorisation d'ouvrir un débit de tabac -son père Antoine en tenait un dépôt à Arreau-, (dont les papiers à cigarettes…) et fait appuyer cette demande par le Cardinal. M. Philippe DUCROS DE SAINT GERMain a eu la gentillesse de nous autoriser à publier copie de la réponse de Monseigneur à Jean Dominique, en date du 9 mars 1859, dont nous transcrivons le texte.

Monsieur,
Je prend une part bien sensible au malheur qui vous a frappé et je sera heureux de pouvoir contribuer à l'adoucir. Je viens d'écrire à Monsieur le Ministre des Finances afin d'appuyer votre demande auprès de lui, et d'obtenir qu'il l'appuye lui-même auprès de l'Empereur..
Veuillez agréer, monsieur, ce témoignage de ma sympathie, l'assurance de ma haute considération

Signalons ici, comme entre parenthèses, car cela nous sera sans doute utile ultérieurement, que le Cardinal qui avait été protestant jusqu'à l'âge de 18 ans et avait, nous venons de le voir, une certaine autorité auprès du gouvernement, en avait aussi auprès des autorités prussiennes et du Roi de Prusse GUILLAUME 1ER , avec lequel il correspondait directement.
A n'en pas douter, les relations devinrent sans doute assez tendues entre Gustave VISON et Jean Dominique DUCROS DE SAINT GERMAIN, jusqu'à sa mort en 1869. Cela
Explique-t-il que Gustave ne semble plus habiter avec Isaure, (selon l’acte de décès), alors que celle-ci avait acheté un château près de Limoux ?

Ducros de Saint Germain

M. DUCROS DE SAINT GERMAIN était d'une famille protestante : faut-il ici voir l'origine de ses relations avec Monseigneur de BONNECHOSE ? Dans « les Financiers du Languedoc du XVIIIème siècle », M. CHAUSSINAUD Nogaret (Etude pratique des hautes études) signale que dans le Languedoc la réussite d'une puissante oligarchie capitaliste apparaît exceptionnelle, citant le rôle important de la banque protestante internationale et l'adhésion des languedociens à la Franc-maçonnerie…

Parmi différents éléments concernant cette famille et que M. Philippe DUCROS DE SAINT GERMAIN nous a communiqués, certains intéressent sans doute notre recherche :

Une sœur d'Isaure, épouse de Gustave VISON, était mariée avec un membre de la famille SAINT MARC IZOMBARD de Narbonne; elle eût un fils, l'abbé IZOMBARD.
Si nous retrouvons le nom IZOMBARD parmi ceux à qui l'abbé SAUNIERE demandait des messes, l'abbé IZOMBARD est, lui, un bien curieux confrère : originaire de Mirepoix où il habitait, il fut muté par sanction à Fa, à près de 100 km et fit l'objet, parallèlement à l'abbé Saunière, d'un procès à Rome instruit également par le Chanoine HUGUET.

Après le fils d'Isaure, un frère… : Jean Auguste Armand DUCROS DE SAINT GERMAIN, beau-frère donc de Gustave, décéda dans l'établissement des sœurs St-Joseph de Cluny à Limoux, qui était un hôpital psychiatrique, situé dans l'ancienne « rue de l'escole » sur l'emplacement occupé par l'ordre des frères prêcheurs Bénédictins, et devenue la rue Anne Marie JAVOUHEY, du nom de la fondatrice de l'établissement, à moins de 200 m de la rue de l'Hospice où décéda officiellement Gustave VISON. Signalons enfin que Antoine DUCROS DE SAINT GERMAIN demanda par testament, le leg de sommes importantes aux pénitents noirs de Toulouse.

Enfin Jean Dominique DUCROS DE SAINT GERMAIN, qui appartenait à la Société d'Archéologie était propriétaire du domaine de Mont Laurès, à côté de Narbonne, site gallo romain où il trouva, entre autre, un scarabée égyptien en agathe.

Les armes des Ducros de Saint Germain

La lecture officielle du blason des DUCROS DE SAINT GERMAIN est la suivante :

« Ecu timbré d'une couronne comtale;
porté d'azur au chevron d'argent accompagné
de trois crosses épiscopales d'or, deux adossées
en chef et une inversée en pointe, au chef
d'or charge de trois étoiles de sable;
supporté par deux lévriers d'or accolés d'argent
à têtes retournées, posé sur une guirlande »

Par rapport à cette lecture, nous nous permettrons les remarques et analyses qui suivent :

Tout d'abord adossé se dit de deux animaux, objets qui se tournent le dos, de deux clefs dont les pannetons sont tournés en dehors, etc…. Nous ne voyons donc pas pourquoi nos deux clefs en chef sont dites adossées.

Nous lisons pour notre part,

Deux crosses dessinées à dextre (le blason est orienté à partir du porteur et non du spectateur).

La dextre était autrefois nommée aussi « main vive » et « main de guerre » -par opposition à senestre, dite « main morte ».

Nous avons alors,

Deux crosses dessin main guerre
Deux cros dessin guerre main,

Soit, en lecture phonétique simple,

DUCROS DE SAINT GERMAIN

Quant à la crosse dite inversée en pointe, elle est pour nous contournée, terme qui se dit des animaux ou objets qui regardent vers le flanc sénestre de l'écu, en déviation des règles ordinaires en matière héraldique, suivant lesquelles ils doivent regarder le flanc dextre. Il s'agit souvent là d'une volonté de l'artiste, qui change la signification, donc la lecture de l'objet : notre crosse contournée, devient un Rho, r, P, qui nous donne directement ARREAU, cité des ancêtres de Jean Dominique.

Les trois étoiles de sable en chef sont le signe graphique du serment de fidélité à la royauté : Dieu, Patrie, Roi, serment des légitimistes à CHARLES X, puis à Henri V, puis Don CARLOS…

Quant à nos deux lévriers d'or, ils sont regardants, c'est-à-dire qu'ils ont la tête tournée vers l'arrière, et colletés d'argent -en héraldique il faut indiquer l'émail du collier du lévrier-

Nous pouvons alors lire,

Lévrier d'or, regardant, colletés d'argent, l'œuvre y est d'or rejet ardent d'argent attaqué violemment. (sens qui nous reste dans l'argot se colleter).
Nous avons là la technique de l'inquartation, que nous avons déjà rencontrée au sujet de M. Vincent DEPAUL et sur le blason de Raymond DE PERILLOS à Malte lors de notre analyse du carré de Salveterra.

Alors la couronne comtale voit son anachronisme disparaître, aucun DUCROS n'ayant été comte. Il s'agit de la seule couronne qui compte, celle de l'adeptat, qui se révèle grâce à la signature rayonnante de l'esprit et que la Nature -soit la Vierge toute puissante du point de vue de l'Eglise- dépose sur le Sage ce qui le fait mourir au monde ordinaire du plan à trois dimensions.

Retour sur M. Gustave Vison

Nous en savons plus sur M. Pierre Guillaume VISON, père de Gustave, que nous avions rencontré dans la Loge des Frères Numides en 1838, en qualité de chirurgien aide-major, et avec les qualités maçonniques de Rose-Croix (18ème) et vénérable.

Le certificat de décès, ci-joint, nous indique que Pierre Guillaume est né à Dieppe le 5 mars 1791, fils de Pierre VISON et de Marie Françoise SORRI et décédé le 14 avril 1849. Est-il anodin de noter que la famille de MANNEVILLE était originaire de Dieppe, que des MANNEVILLE furent gouverneur de Dieppe jusqu'en 1760 pendant trois générations et comtes, entre autre, de Beuzeville ? L'un des MANNEVILLE fut Maître des Comptes à Paris au XVIème siècle, avant que cette branche ne se tourne d'avantage vers la carrière militaire.
La père de Léonard Thomas de MANNEVILLE était Conseiller à la Cour des Comptes des Aides et Finances de Normandie, tandis que Léonard, après avoir envisagé une carrière militaire fut amené, à la mort de son père, à siéger à la Cours des Comptes de Normandie : puis arriva la révolution…
Est-ce là l'origine des relations entre les MANNEVILLE et les VISON ?
Nos recherches continuent sur ce point précis.

Nous avons d'autre part plusieurs fois noté, que divers textes parlaient de deux documents différents traitant de la mort de Gustave VISON : l'acte signalé par André DOUZET et le rapport d'autopsie, l'un déclarant une crise cardiaque et l'autre signalant de multiples fractures. Ces deux documents, déjà étranges l'un par rapport à l'autre apparaissent à priori, incohérents avec la stèle signalant la mort de M. VISON vers Notre Dame de Marceille. De notre côté nous avons plusieurs fois insisté sur la sortie du double, sur la fixation du volatil, sur l'illumination de Gustave VISON, qui semble, à priori, incompatible avec les deux actes pré-cités. Nous affirmons ici, au contraire que c'est là la seule clé qui rend l'ensemble des faits évoqués cohérents. Il nous suffira pour cela de citer quelques lignes d'un petit ouvrage de M. RENO-BAJOLAc, « Méthode rationnelle d'influence à distance et de dédoublement » :

« En astral le fantôme est maladroit et peureux, très timoré, aussi se blesse t'il facilement et c'est là qu'on conçoit le danger le plus grand de l'opérateur… Au moment opportun, vous vous appliquerez à voir votre double refaisant le même trajet que celui que vous aurez fait plusieurs fois auparavant, en évitant avec soin de se blesser ce qui, nous le répétons, arrive presque constamment et que, toute blessure reçue par le corps astral se répercute sur le corps physique pouvant entraîner la mort de celui-ci selon la gravité de la blessure reçue par le premier. »

Henri BOUDET, bien qu'utilisant une technique différente, mais voisine, -voir notre analyse du Cromleck de Rennes les Bains- ne nous aurait sûrement pas démenti.

Zephyrin, avec l'aide de Philippe Ducros de Saint Germain
Le 3 octobre 2008