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Les
voyageurs du Temps (1ère partie) - Des voyageurs imaginaires |
«
Le temps… le temps… qu’est-ce que le temps ???? »
(Monsieur Lapin - ‘Alice au pays des merveilles’- juillet 1865)
Au
commencement est ‘Chronodrome’
L’expérience
‘Chronodrome’ nous a donné envie d’en savoir plus
sur les possibilités et difficultés de ce que nous résumons
sous le nom de ‘voyage dans le temps’. Si ce principe est depuis
longtemps à l’honneur des auteurs de sciences fiction, en roman
comme en film, la réalité sans doute doit comporter de nombreux
aspects encore inconnus pour nous. C’est pourquoi nous commencerons
notre prospection par quelques éléments connus des amateurs
en la matière. Il en est un qui mérite d’être
cité car admis comme un fait énigmatique non résolu
à ce jour. Selon les enquêtes, on peut trouver dans ce mystère
plusieurs aspects, allant d’une large vision fantomatique à
un possible passage dans un temps passé, par on ne sait quel phénomène
non provoqué par les témoins qui, au départ, n’ont
pas notion de l’événement vécu et encore moins
de la véracité historique de la scène aperçue
d’une manière imprévisible ou fortuite… Ajoutons
que l’exemple choisi est sans doute l’un des plus connus et
qu’on pourrait en citer des centaines d’autres… Souvent,
d’ailleurs, la délicate nature de certains ‘fantômes’
ou phénomènes nous permettrait d’évoquer d'autres
cas d'apparitions, semblant provenir soit d'une distorsion du temps, soit
d'un brusque passage entre un univers à plusieurs dimensions et le
nôtre.
D’abord
le ‘mystère du Petit Trianon’
Pour
illustrer ce genre d'événements, nous nous bornerons à
un épisode connu sous le nom de ‘mystère du Petit Trianon’.
Ce samedi 10 août 1901, deux jeunes Anglaises, Miss Moberly et Miss
Jourdain, visitent le château de Versailles. Vers cinq heures du soir,
elles sont dans le parc et cherchent à se diriger vers le Petit Trianon.
Longeant un mur, elles trouvent une petite porte qui leur permet de pénétrer
dans l'ancien domaine de la reine et, dès qu'elles y sont, elles
ressentent aussitôt une impression bizarre. « Nous eûmes
l'étrange illusion, raconta plus tard Miss Jourdain, de marcher dans
un rêve. Les arbres, les feuilles, le paysage ne nous parurent plus
naturels; tout prit l'aspect rigide et figé d'une tapisserie».
Les deux touristes croisent des personnages étrangement vêtus
à la mode du XVIIIe siècle. Elles tentent même d’échanger,
sans grand succès, quelques mots avec certains d'entre eux et finissent
par apercevoir, un peu plus loin, une femme inconnue ressemblant étrangement
à Marie-Antoinette. A cet instant, un jeune homme à l'aspect
d'un valet de pied, les conduit à une autre petite porte qu'elles
franchissent, regagnant le parc du château en ayant alors l'impression
de se retrouver dans le présent et la mobilité naturelle du
décor.
Cette aventure intrigue Albert Einstein qui, visiblement, s'intéresse
beaucoup plus aux phénomènes mystérieux que ses disciples
veulent bien le dire. Selon lui, une scène du passé, qui s'est
déroulée en 1789, appartient en 1901 au présent d'un
observateur situé à cent douze années-lumière
de Versailles (1901-1789)… et au futur pour un observateur situé
au-delà. La seule difficulté reste de savoir rationnellement
comment cette contraction de l'espace-temps a pu se produire en 1901 pour
des observateurs terrestres. Mais il n'y a, là dedans, rien d'anti-scientifique.
Où
il serait question de réalité et de relativité
René
Alleau, bien connu pour ses recherches sur l'ésotérisme, s'est
penché à son tour sur cette affaire. « Nous avons supposé
qu'il existait au moins un fait réel dans l'expérience des
deux touristes, écrit-il, et une théorie possible, celle de
la relativité. En fonction de ces deux données, nous avons
appliqué un raisonnement classique en supposant le problème
résolu. Dans cette hypothèse, Miss Moberly et Miss Jourdain
auraient réellement vu des scènes passées.
Mais, comme il s'agissait
d'un phénomène anormal dans le cadre habituel de l'espace-temps,
il devait être possible de le vérifier dans le temps lui-même
qui, ce même jour, doit avoir présenté, ailleurs qu'à
Versailles et pour d'autres observateurs, des anomalies dont il fallait
retrouver les traces. »
René Alleau dépouilla pour son enquête la presse du
jour et s'aperçut que des faits énigmatiques s'étaient
produits dans le même temps que les deux Anglaises vivaient leur aventure.
Certains concernaient des familles princières liées aux Bourbons
ou à la famille impériale d'Autriche, dont était issue
Marie-Antoinette : le prince Henri, arrière-petit-fils de Louis-Philippe,
venait de mourir.
En Allemagne, on célébrait les obsèques de l'impératrice
douairière.
Au garde-meuble national, on découvrait par hasard, dans une caisse
oubliée dans un grenier, la couronne en vermeil de Charles X et plusieurs
objets ayant servi au sacre.
D'autres faits insolites attirent encore l'attention de René Alleau,
mais nous nous contenterons de citer ceux-là. Tout porte à
croire qu'il s'est produit, le 10 août 1901, quelque chose d'inconnu…
un ‘accident’ dans la succession du temps, qui a concerné
au premier chef Marie-Antoinette et ses descendants. Miss Jourdain et Miss
Moberly n'auraient pas vu des ‘fantômes’ mais auraient
tout simplement assisté au déroulement d'une scène
passée. Comme si elles avaient regardé à la télévision
la retransmission d'un événement en différé.
Est-ce possible? Des savants le nient. Pour ces derniers, le temps n'a pas
de nature physique ; ce n'est qu'une succession d'instants. Le passé
et le futur n'existent pas en tant que tels, soutiennent-ils, le passé
étant du présent d'hier et le futur du présent de demain.
Nous serons donc toujours dans un présent et tout voyage, aussi bien
dans le passé que dans le futur, est utopique. Toutefois, ce n'est
pas l'avis de tous, loin s’en faut. La théorie de la relativité
et la mécanique quantique ont bouleversé la conception établie
du temps et de l'espace, au point que tout semble simple et possible. C'est
ce qu’on constate d'ailleurs dans la physique des particules par exemple.
Mésons
et tiroirs du temps
Il
existe en effet des particules, les mésons, qui, prenant naissance
dans l'espace, à 30 km de la Terre, ont la particularité d'avoir
une existence excessivement brève, de l'ordre d'un millionième
de seconde. Or, ces mésons parvenant jusqu'à nous, les physiciens
peuvent les capter ou, tout au moins, en raison de leur brièveté,
déceler leur arrivée sur la surface de notre globe grâce
à un appareillage complexe. Pourtant, il leur faut plus d'un millionième
de seconde pour franchir ces 30 km. Alors, s'agit-il de ‘fantômes’
de particules ou bien ces mésons sont-ils capables d'échapper
à notre temps? En étudiant ce phénomène, Louis
Pauwels et Jacques Bergier imaginent, dans ‘le Matin des magiciens’,
des ‘tiroirs du temps’. Il s’agirait, en quelque sorte,
d'anneaux creux dans lesquels les particules, entraînées à
des vitesses très élevées par l'effet d'un énorme
champ de forces, deviendraient ‘immortelles’. Ainsi, des physiciens
pourraient observer durant des heures des particules dont la durée
de vie s'exprime normalement en fractions de seconde.
Par ailleurs, la mécanique quantique nous apporte la preuve qu'il
est possible de remonter le temps. C'est l'enseignement tiré de l'étude
des ‘trous noirs’. Une étoile ayant une masse dix fois
supérieure à celle du Soleil imploserait (comme un poste de
télévision) si la chaleur de la fusion thermonucléaire
qu'elle engendre n'entretenait pas en son cœur une pression suffisante.
Lorsque l'étoile a épuisé son combustible nucléaire,
ce qui demande des milliards d'années, la pression interne devient
insuffisante et elle implose en s'écroulant sur elle-même…
C'est la naissance d’un ‘trou noir’, ainsi nommé
parce que la théorie de la relativité nous apprend qu'en raison
de son intense gravité tout peut y tomber (d’où le terme
de trou) et rien ne peut y échapper, même les photons qui constituent
la lumière… Pour cette raison, ce trou est donc d’un
noir parfaitement ténébreux. Si, par principe, on ne peut
les observer, ils émettent toutefois, à défaut de lumière,
des rayons X, et on a réussi pour la première fois à
en déceler un en 1972 : Cygnus X-1.
Deux ans plus tard, S. W. Hawking, professeur à l'Université
de Cambridge, s'aperçoit que ce ‘trou noir’ semble émettre
des particules en permanence. Toutefois, comme ce constat est théoriquement
impossible, il fallait trouver une explication à ce mystère.
Paradoxe
de l’entrée et de la sortie
On
sait que l'espace-temps est rempli de particules de matière et d'anti-matière
qui naissent en même temps par paires, s'éloignent les unes
des autres, puis se rapprochent en s'annihilant. L'explication donnée
par le professeur Hawking serait qu'il faut considérer une particule
de matière qui remonte le temps en sortant de ce trou.
Cette spéculation paraît difficile à comprendre pour
ceux qui ne sont pas forcément accoutumés à la physique
quantique. Afin d’essayer de mieux comprendre ce problème,
il a été proposé de l’illustrer de manière
quelque peu triviale. Des générations de conscrits se sont
amusées en racontant l'histoire d'un adjudant punissant un soldat
pour ce motif : « A. essaie de berner le sous-officier de service
en sortant de la caserne à reculons pour faire croire qu'il y entre
! »… C'est en quelque sorte de cela qu'il s'agit. L'observateur
croit que la particule sort du trou noir alors qu'il voit une particule
qui y entre en remontant le temps. A l'extérieur du trou, cette particule
est reprise par le champ de gravitation et suit le cours normal du temps,
s'échappant à l'infini. Bien sûr, rien encore ne permet
de prouver que ces aberrations de l'espace-temps sont responsables de ce
que l'on prend souvent pour des apparitions fantomatiques. Toutefois, c'est
la seule hypothèse qui permette, en l'état actuel de nos connaissances,
de leur apporter une réponse scientifique.
Nous nous permettons, à ce moment des explications, d’entrer
une observation arrivant à propos, faite par plusieurs sympathisants
de notre Société Périllos. Un jour d’été,
ces personnes en randonnée dans le secteur de Périllos sont
témoins d’un phénomène dans l’espace. Il
s’agit du déplacement d’une sorte de tube grisâtre,
se déplaçant à l’horizontale, à une vitesse
suffisante pour laisser observer ce spectacle. Ce ‘tube’ dispose
à une de ces extrémités d’un renflement évasé
en forme de court entonnoir. A la sortie de ce bourrelet, une traînée
blanchâtre se forme comme on peut le voir lors d’un passage
d’avion à réaction dans certaines conditions atmosphériques.
Si ces éléments se voient parfaitement sur le cliché
pris à ce moment, il y a cependant un détail ébouriffant
que nous rapportent les témoins. En effet, cette ‘vapeur’
ne se trouve pas à l’arrière de ce ‘tube à
réaction’… mais à l’avant puisque cet étrange
objet n’est pas suivi mais bien précédé par ce
trait laiteux! Est-ce une illustration de l’hypothèse ci-dessus
dont nos amis ont été témoins ? Et pourquoi pas ?...
surtout si l’on accrédite un tant soit peu les explications
de Jacques Bergier qui, avec son goût habituel du paradoxe, affirmait
qu'il croyait aux OVNI mais pas aux extraterrestres !
Les
OVNI et le temps selon Jacques Bergier
Pour
lui, ces derniers n'existaient pas, ou plus exactement ne venaient pas nous
rendre visite en OVNI. « Il est possible, écrivait-il, qu'ils
soient venus sur la Terre dans un lointain passé et qu'on ait façonné,
sur l'image que l’humanité avait d'eux, les divers dieux primitifs.
Mais il est mathématiquement impossible, vu la distance qui nous
sépare de planètes éventuellement habitables, qu'ils
se manifestent aussi souvent que le prétendent les partisans de l'origine
galactique des OVNI... ».
Pour Bergier, les OVNI ne viennent pas de l'espace mais du temps. Ce sont
des capsules temporelles mises au point par nos lointains descendants qui
font grâce à elles du tourisme dans leur passé. Cela
explique pourquoi ils n'interviennent jamais de façon notoire dans
les affaires humaines. Leur action interférerait sur le cours du
temps et pourrait, à des millénaires de distance, avoir des
conséquences catastrophiques sur leur propre présent. Bergier
pense que les descriptions données des OVNI par les témoins
dignes de foi correspondraient assez bien à ce qu'on pourrait imaginer
de la pénétration d'une capsule temporelle dans notre continuum
(comme celle vue à Périllos dans l’été
2005 ?). Il invoque pour arguments les thèses d'ores et déjà
émises par les physiciens avancés sur une telle entreprise
et une éventuelle ‘matérialisation’ d'un véhicule
de ce type à notre époque.
La thèse de Bergier se tient même si elle paraît plus
fantastique et moins immédiatement plausible que celles des ufologues
traditionnels. Si les OVNI viennent vraiment du temps, il y a de fortes
chances qu'ils ne prennent jamais de véritables contacts avec nous...
sauf bien entendu par le biais de l’expérience ‘Chronodrome’
qui garantirait ainsi un éthique protocole de sécurité
pour les deux temps !
Du
fantasme à la science de Carl Sagan
Tout
ceci, bien entendu, peut, à priori, paraître du domaine du
pur phantasme. Aussi, nous tournons notre attention vers un autre chercheur,
résolument scientifique celui-ci, Carl Sagan. Celui-ci est-il l’illustre
inconnu ou le pionnier qui séparait « l’astronomie
de la biologie, les étoiles des cellules, l’Homme de l’Univers
» ? Ses travaux, traduits en français, restent ceux accessibles
à tous, en offrant « une synthèse merveilleuse des connaissances
actuelles de l’Homme sur son monde, son devenir, son évolution
- une synthèse digne de celui qui, le premier, a voulu adresser un
message réel aux extra-terrestres ». Et à ces mots,
nous nous souvenons, pour ceux et celles de cette époque, d’une
fameuse plaque en or fixée à jamais sur les flancs des ‘Voyager’
X et XI, lancés un jour de juin 1977 aux extrêmes confins de
l’Univers, avec une représentation symbolique de l’humanité,
son domaine et son intelligence. Certes, on peut penser que cette forme
de ‘minéralogie’ peut s’altérer sous l’effet
des rayons cosmiques et des poussières sidérales. Aussi, le
véhicule emporte t-il dans ses entrailles un disque de cuivre plaqué
or rangé dans un étui d’aluminium recouvert du mode
d’emploi avec une pointe de lecture et sa cellule d’audition.
Ce disque identique à nos anciens ‘vinyles’ comporte
des informations sur notre cortex cérébrale et notre culture,
agrémentées d’une heure et demie de musiques différentes
et… le chant des baleines mégaptères en forme d’insolite
message d’amour à l’attention des profondes immensités.
Le disque est réalisé de telle manière qu’il
doit résister… un milliard d’années ! Et ‘Voyager’
avance vers son obscur destin à une vitesse désespérément
lente en rapport aux ondes d’une émission de télévision.
La sonde mettra des dizaines de milliers d’années pour atteindre
l’étoile la plus proche de nous alors que cette onde fera ce
parcours en moins de quatre ans… De quoi rêver !
L’auteur de ce rêve réalisé nous explique par
exemple que le Temps et l’Espace sont indissociables et que la plus
simple machine à remonter le temps serait notre regard. Peut-être
pour cette raison dit-on « regarder en arrière » ou «
porter son regard sur demain » ? A mieux y réfléchir,
nous disposons aussi d’un autre ticket pour ce voyage dans le temps,
et c’est celui de porter notre regard sur un livre, un document, un
manuscrit du type ‘mer morte’. Même pour le lecteur ne
disposant pas du savoir de la traduction, notre ‘image-inaire’
nous porte il y a deux mille ans en arrière.
Un
cancre nommé Albert Einstein et la vitesse de Vinci
Quant
à la relativité, et son approche du temps aux étranges
reflets de durée, elle est illustrée par la fameuse théorie
de la relativité restreinte d’Albert Einstein (1879-1955),
dont les professeurs promettaient que cet élève « n’arriverait
à rien ». Mais, nous pourrions nous demander si la prophétie
ne s’est pas réalisée au-delà de toutes espérances
? L’homme est fasciné très vite par le voyage à
la vitesse de la lumière et il se demande ce que serait le monde
si un tel déplacement pouvait se faire. Il sera le précurseur
de l’idée des événements simultanés dont
l’explication, trop longue malheureusement, n’a pas place ici.
Einstein va codifier certaines lois imposées par la Nature. Etrangement,
il sera écrit, par exemple que « Tu n’ajouteras
pas ta vitesse à celle de la lumière »… comme
si le profane ne pouvait se mélanger au sacré… Et plus
loin, une sentence encore plus forte nous prévient, pour le Matériel,
que « Tu ne voyageras pas à une vitesse égale ou supérieure
à celle de la lumière »… Peut-être franchir
ce tabou équivaut, toutes proportions gardées, à ne
pas essayer de ‘croquer la pomme’, pour éviter une autre
chute dans une autre Génération qui serait, pourquoi pas,
l’ultime mémoire d’une expérience temporelle tentée
par un voyageur du temps dont l’humanité n’oubliera pas
le nom… un certain Lucifer… qui peut-être réussit
cet impossible exploit de produire la dernière décimale pour
accéder à l’innommable vitesse. Il se serait, alors,
mis en opposition à cet interdit garant de l’ultime stabilité
voulant que « pour que le monde soit logiquement consistant, il faut
qu’existe une vitesse cosmique maximale ».
Paradoxalement, Einstein, un autre Lucifer nous ayant révélé
d’autres possibles moyens de destruction de l’Humanité,
découvre ces impensables lois en se promenant à vélo
dans la campagne toscane. Quel étrange paradoxe -puisqu’il
est précisément question de paradoxes- que ce panneau visible
dans la ville de… VINCI (les amateurs de coïncidences apprécieront
ce clin d’œil) où la vitesse est limitée à
40 km par heure, en ce lieu où naquit la vision de vitesses absolues
et inimaginables… Mais Vinci (sans que nous précisions s’il
s’agit de la ville ou d’un personnage plus âgé
de 400 ans que monsieur A. Einstein) avait-il à cet instant enclenché
l’hypothèse du voyage dans le temps ???
La
fascinante chimère du temps et le projet Orion
vision
imaginaire du vaisseau Orion
Le voyage dans le temps serait une chimère pour certains… Aussi, les chasseurs de chimères se sont-ils aussitôt pourvus de montures capables de les entraîner dans cette « chasse faramine ou maligne». Nous ne nous étendrons pas sur différents projets existant au fond de cartons extrêmement scientifiques. Nous ne sommes plus ici dans le domaine du phantasme fiévreux d’un roman de science fiction où un vaisseau du nom de ‘cygne noir’ fonce droit sur un trou noir pour le « prochain arrêt ‘terminus’ où descendent tous les voyageurs »… Nous avons laissé derrière nous les agents spatio-temporels Valérian et Laureline de notre enfance… en même temps que nous ouvrons la dernière aventure de Spirou se trouvant, le temps d’un unique album de Frank Legall, projeté « dans le temps sur les traces du ténébreux Zorglub, coincé en 1865 à la suite d’une expérience hasardeuse » (1865… n’est-ce pas aussi un excellent millésime pour voyager dans le temps de Périllos?). Non… plus scientifiquement, mais avec une certaine stupeur, nous voyons que depuis 1979 de monstrueux vaisseaux sont dessinés au bout du quai d’embarquement pour le temps. Ils ont pour nom « projet Orion » ou « projet Titled Above » ou encore « projet Bussard fusion Ramjet » dont nous donnons une vue ou deux. Le public fut-il au moins averti de ces futurs vaisseaux pour les confins impalpables des contrées oubliées du temps ? Que le lecteur veuille bien s’attarder une seconde sur les extrémités de ces véhicules de l’impossible. Il y verra, simplifiés à l’extrême, des sortes de bourrelets en forme d’entonnoir… comme nos amis - un si beau jour d’un été comme en Toscane - à Périllos, purent suivre le déplacement d’un « tube suivant une traîné comme celle d’un avion à réaction ou d’une fusée »… Avancer plus ici ne reviendrait-il pas à en dire ou admettre beaucoup trop ?

L’ouverture
hasardeuse des ‘petite portes basses’ et ses coïncidences
Nous
avions débuté ce petit travail, sans la moindre prétention
que celle d’entrouvrir à peine quelques ‘petites portes
basses’, sur l’expérience ‘Chronodrome’ de
Pascal Guillaume et ses collègues. Il est donc de bon ton de refermer
ce bref chapitre sur quelques attentions sur ce rendez-vous du temps du
premier mai, dans le secteur, si proche de Périllos, du château
de Salveterre, si improprement appelé d’Opoul.
A première vue, il ne semble pas y avoir d’autres relations,
entre cette expérience et les approches scientifiques trop vite survolées
ici, que le thème d’une exploration de la dimension Temps de
notre Univers.
Et pourtant… oui, pourtant que pensons-nous de la brève comparaison
suivante ? La mission ‘Voyager’ -juin 1977- emporte un disque
gravé d’informations dans l’espoir que ‘quelqu’un’,
un savant, l’intercepte, le lise et peut-être manifeste sa curiosité
envers nous… des millénaires après l’envoi de
cette sonde. Que penser d’une autre sonde en forme de satellite qui
devrait stabiliser son attente à des milliers de kilomètres
de notre planète et qui a pour nom KEO. La capsule emporte des disques
du type DVD capables de supporter les attaques du temps… à
l’attention, à son retour sur terre, des scientifiques d’alors.
Notons l’analogie des supports et principes généraux.
Pour ‘Voyager’, il faudra, dans l’hypothèse d’une
réussite, des centaines de milliers d’années à
des visiteurs pour venir voir qui émit ce message circulaire, doré
et bourré d’espoir… en utilisant des moyens hors de nos
pensées. Pour KEO, nos ancêtres, s’ils le souhaitent
évidemment, devront rebrousser le temps à des vitesses et
avec des moyens qui nous sont encore inimaginables… Il serait possible
de trouver tant d’autres similitudes que la place nous manquerait
!
En
retard… pour des pensées quelquefois si profondes
Nous
avons choisi de finir cette première partie sur une note dérivative…
dans un autre voyage temporel qui nous conduit dans les recoins de notre
enfance, en compagnie d’Alice nous entraînant dans ‘le
pays des merveilles’ de son papa, monsieur Lewis Carroll.
Alice, enfant sage, douée d’une curiosité phénoménale,
par un beau jour d’été (décidément, il
s’en passe des choses troublantes par ces journées torrides
!), lassée de s’ennuyer, voit passer un lapin blanc aux yeux
roses vêtu d’une redingote. L’étrange animal, en
courant, répète sans arrêt cette litanie : « En
retard, en retard, j'ai rendez-vous quelque part ». Elle va le
suivre dans son terrier dans un périple que nous appellerions, en
science fiction, la quatrième dimension. Elle tombe dans un puits
sombre où sa chute est ralentie par la corolle formée par
sa robe. La descente est ralentie au moment où elle franchit un goulet
débouchant sur une inversion des dimensions et de l’espace.
A partir de ce moment, tout devient paradoxal, répété
à l’infini (la séance éternelle du thé
pris en présence du chapelier fou avec des objets sans fonds ni fin…),
à la poursuite d’un temps que cherche à rattraper désespérément
le sympathique gibier. De ce voyage du fond des mers aux royaumes, à
celui des cartes et ceux de dimensions déformées, qui aurait
duré une éternité, Alice ressort quelques secondes
après…
Nous pourrions, en enlevant tout le merveilleux lyrisme de cette aventure
apparemment pour enfants sages (ou turbulents !) arriver à ce bref
résumé… La notion du temps poursuivi et poursuivant
se suit depuis un être impossible représentant la fécondité
et la vie… universelle. Les deux véhicules (Alice et monsieur
Lapin) sont aspirés par un trou noir dans lequel la sonde Alice se
dirige grâce à la corolle (sa robe) qui suit l’avant
du trajet… Retournement dès l’instant de l’apparition
des lueurs d’un autre monde où le paradoxe est roi et l’absurdité
reine (absurde ou logique ?). Là, le temps n’existe plus et
devient le royaume du paradoxe, du bizarre et d’une autre vision d’éléments
nous échappant… Le retour se fait depuis l’ouverture
de la sonde Alice… Elle a fait en quelques minutes un voyage d’une
durée inconcevable dans un pays surdimensionné…
Mais alors, quel visionnaire étiez-vous, monsieur le pasteur mathématicien
Charles Lutwidge Dodgson, qui écrivîtes, sous le nom de Lewis
Carroll, votre fameux « Alice au pays de merveilles » ? Quel
message, peut-être ‘divin’, ‘comptiez-vous’
nous transmettre ? Nous resterons admiratifs pour ce hasard numérique
qui suivit votre œuvre dont il ne resterait de manière amusante
que 22 exemplaires… dont 17 dans certaines chanceuses bibliothèques…
et 5 chez de fortunés particuliers. Nous vous lirons et méditerons
sur ces aspects spatio-temporels que vous ne destiniez peut-être pas
à des enfants si sages que ça… donc des enfants ‘pas-sages’
? Nous pardonnerez-vous, monsieur Lapin, de ne pas être restés
à cette magistrale leçon de chant, langage exclusif des anges,
où, sous la houlette d’une superbe IRIS, nous entrevoyions
sans nous en rendre compte… « des pensées quelquefois
si profondes » ?!
André
Douzet
A Pascal Guillaumes, pour son audace à défier le temps