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Société Périllos ©

Les voyageurs du Temps
(1ère partie) - Des voyageurs imaginaires

 

« Le temps… le temps… qu’est-ce que le temps ???? »
(Monsieur Lapin - ‘Alice au pays des merveilles’- juillet 1865)

Au commencement est ‘Chronodrome’

L’expérience ‘Chronodrome’ nous a donné envie d’en savoir plus sur les possibilités et difficultés de ce que nous résumons sous le nom de ‘voyage dans le temps’. Si ce principe est depuis longtemps à l’honneur des auteurs de sciences fiction, en roman comme en film, la réalité sans doute doit comporter de nombreux aspects encore inconnus pour nous. C’est pourquoi nous commencerons notre prospection par quelques éléments connus des amateurs en la matière. Il en est un qui mérite d’être cité car admis comme un fait énigmatique non résolu à ce jour. Selon les enquêtes, on peut trouver dans ce mystère plusieurs aspects, allant d’une large vision fantomatique à un possible passage dans un temps passé, par on ne sait quel phénomène non provoqué par les témoins qui, au départ, n’ont pas notion de l’événement vécu et encore moins de la véracité historique de la scène aperçue d’une manière imprévisible ou fortuite… Ajoutons que l’exemple choisi est sans doute l’un des plus connus et qu’on pourrait en citer des centaines d’autres… Souvent, d’ailleurs, la délicate nature de certains ‘fantômes’ ou phénomènes nous permettrait d’évoquer d'autres cas d'apparitions, semblant provenir soit d'une distorsion du temps, soit d'un brusque passage entre un univers à plusieurs dimensions et le nôtre.

D’abord le ‘mystère du Petit Trianon’

Pour illustrer ce genre d'événements, nous nous bornerons à un épisode connu sous le nom de ‘mystère du Petit Trianon’.
Ce samedi 10 août 1901, deux jeunes Anglaises, Miss Moberly et Miss Jourdain, visitent le château de Versailles. Vers cinq heures du soir, elles sont dans le parc et cherchent à se diriger vers le Petit Trianon. Longeant un mur, elles trouvent une petite porte qui leur permet de pénétrer dans l'ancien domaine de la reine et, dès qu'elles y sont, elles ressentent aussitôt une impression bizarre. « Nous eûmes l'étrange illusion, raconta plus tard Miss Jourdain, de marcher dans un rêve. Les arbres, les feuilles, le paysage ne nous parurent plus naturels; tout prit l'aspect rigide et figé d'une tapisserie».
Les deux touristes croisent des personnages étrangement vêtus à la mode du XVIIIe siècle. Elles tentent même d’échanger, sans grand succès, quelques mots avec certains d'entre eux et finissent par apercevoir, un peu plus loin, une femme inconnue ressemblant étrangement à Marie-Antoinette. A cet instant, un jeune homme à l'aspect d'un valet de pied, les conduit à une autre petite porte qu'elles franchissent, regagnant le parc du château en ayant alors l'impression de se retrouver dans le présent et la mobilité naturelle du décor.
Cette aventure intrigue Albert Einstein qui, visiblement, s'intéresse beaucoup plus aux phénomènes mystérieux que ses disciples veulent bien le dire. Selon lui, une scène du passé, qui s'est déroulée en 1789, appartient en 1901 au présent d'un observateur situé à cent douze années-lumière de Versailles (1901-1789)… et au futur pour un observateur situé au-delà. La seule difficulté reste de savoir rationnellement comment cette contraction de l'espace-temps a pu se produire en 1901 pour des observateurs terrestres. Mais il n'y a, là dedans, rien d'anti-scientifique.

Où il serait question de réalité et de relativité

René Alleau, bien connu pour ses recherches sur l'ésotérisme, s'est penché à son tour sur cette affaire. « Nous avons supposé qu'il existait au moins un fait réel dans l'expérience des deux touristes, écrit-il, et une théorie possible, celle de la relativité. En fonction de ces deux données, nous avons appliqué un raisonnement classique en supposant le problème résolu. Dans cette hypothèse, Miss Moberly et Miss Jourdain auraient réellement vu des scènes passées.
Mais, comme il s'agissait d'un phénomène anormal dans le cadre habituel de l'espace-temps, il devait être possible de le vérifier dans le temps lui-même qui, ce même jour, doit avoir présenté, ailleurs qu'à Versailles et pour d'autres observateurs, des anomalies dont il fallait retrouver les traces. »
René Alleau dépouilla pour son enquête la presse du jour et s'aperçut que des faits énigmatiques s'étaient produits dans le même temps que les deux Anglaises vivaient leur aventure. Certains concernaient des familles princières liées aux Bourbons ou à la famille impériale d'Autriche, dont était issue Marie-Antoinette : le prince Henri, arrière-petit-fils de Louis-Philippe, venait de mourir.
En Allemagne, on célébrait les obsèques de l'impératrice douairière.
Au garde-meuble national, on découvrait par hasard, dans une caisse oubliée dans un grenier, la couronne en vermeil de Charles X et plusieurs objets ayant servi au sacre.
D'autres faits insolites attirent encore l'attention de René Alleau, mais nous nous contenterons de citer ceux-là. Tout porte à croire qu'il s'est produit, le 10 août 1901, quelque chose d'inconnu… un ‘accident’ dans la succession du temps, qui a concerné au premier chef Marie-Antoinette et ses descendants. Miss Jourdain et Miss Moberly n'auraient pas vu des ‘fantômes’ mais auraient tout simplement assisté au déroulement d'une scène passée. Comme si elles avaient regardé à la télévision la retransmission d'un événement en différé.
Est-ce possible? Des savants le nient. Pour ces derniers, le temps n'a pas de nature physique ; ce n'est qu'une succession d'instants. Le passé et le futur n'existent pas en tant que tels, soutiennent-ils, le passé étant du présent d'hier et le futur du présent de demain. Nous serons donc toujours dans un présent et tout voyage, aussi bien dans le passé que dans le futur, est utopique. Toutefois, ce n'est pas l'avis de tous, loin s’en faut. La théorie de la relativité et la mécanique quantique ont bouleversé la conception établie du temps et de l'espace, au point que tout semble simple et possible. C'est ce qu’on constate d'ailleurs dans la physique des particules par exemple.

Mésons et tiroirs du temps

Il existe en effet des particules, les mésons, qui, prenant naissance dans l'espace, à 30 km de la Terre, ont la particularité d'avoir une existence excessivement brève, de l'ordre d'un millionième de seconde. Or, ces mésons parvenant jusqu'à nous, les physiciens peuvent les capter ou, tout au moins, en raison de leur brièveté, déceler leur arrivée sur la surface de notre globe grâce à un appareillage complexe. Pourtant, il leur faut plus d'un millionième de seconde pour franchir ces 30 km. Alors, s'agit-il de ‘fantômes’ de particules ou bien ces mésons sont-ils capables d'échapper à notre temps? En étudiant ce phénomène, Louis Pauwels et Jacques Bergier imaginent, dans ‘le Matin des magiciens’, des ‘tiroirs du temps’. Il s’agirait, en quelque sorte, d'anneaux creux dans lesquels les particules, entraînées à des vitesses très élevées par l'effet d'un énorme champ de forces, deviendraient ‘immortelles’. Ainsi, des physiciens pourraient observer durant des heures des particules dont la durée de vie s'exprime normalement en fractions de seconde.
Par ailleurs, la mécanique quantique nous apporte la preuve qu'il est possible de remonter le temps. C'est l'enseignement tiré de l'étude des ‘trous noirs’. Une étoile ayant une masse dix fois supérieure à celle du Soleil imploserait (comme un poste de télévision) si la chaleur de la fusion thermonucléaire qu'elle engendre n'entretenait pas en son cœur une pression suffisante. Lorsque l'étoile a épuisé son combustible nucléaire, ce qui demande des milliards d'années, la pression interne devient insuffisante et elle implose en s'écroulant sur elle-même… C'est la naissance d’un ‘trou noir’, ainsi nommé parce que la théorie de la relativité nous apprend qu'en raison de son intense gravité tout peut y tomber (d’où le terme de trou) et rien ne peut y échapper, même les photons qui constituent la lumière… Pour cette raison, ce trou est donc d’un noir parfaitement ténébreux. Si, par principe, on ne peut les observer, ils émettent toutefois, à défaut de lumière, des rayons X, et on a réussi pour la première fois à en déceler un en 1972 : Cygnus X-1.
Deux ans plus tard, S. W. Hawking, professeur à l'Université de Cambridge, s'aperçoit que ce ‘trou noir’ semble émettre des particules en permanence. Toutefois, comme ce constat est théoriquement impossible, il fallait trouver une explication à ce mystère.

Paradoxe de l’entrée et de la sortie

On sait que l'espace-temps est rempli de particules de matière et d'anti-matière qui naissent en même temps par paires, s'éloignent les unes des autres, puis se rapprochent en s'annihilant. L'explication donnée par le professeur Hawking serait qu'il faut considérer une particule de matière qui remonte le temps en sortant de ce trou.
Cette spéculation paraît difficile à comprendre pour ceux qui ne sont pas forcément accoutumés à la physique quantique. Afin d’essayer de mieux comprendre ce problème, il a été proposé de l’illustrer de manière quelque peu triviale. Des générations de conscrits se sont amusées en racontant l'histoire d'un adjudant punissant un soldat pour ce motif : « A. essaie de berner le sous-officier de service en sortant de la caserne à reculons pour faire croire qu'il y entre ! »… C'est en quelque sorte de cela qu'il s'agit. L'observateur croit que la particule sort du trou noir alors qu'il voit une particule qui y entre en remontant le temps. A l'extérieur du trou, cette particule est reprise par le champ de gravitation et suit le cours normal du temps, s'échappant à l'infini. Bien sûr, rien encore ne permet de prouver que ces aberrations de l'espace-temps sont responsables de ce que l'on prend souvent pour des apparitions fantomatiques. Toutefois, c'est la seule hypothèse qui permette, en l'état actuel de nos connaissances, de leur apporter une réponse scientifique.
Nous nous permettons, à ce moment des explications, d’entrer une observation arrivant à propos, faite par plusieurs sympathisants de notre Société Périllos. Un jour d’été, ces personnes en randonnée dans le secteur de Périllos sont témoins d’un phénomène dans l’espace. Il s’agit du déplacement d’une sorte de tube grisâtre, se déplaçant à l’horizontale, à une vitesse suffisante pour laisser observer ce spectacle. Ce ‘tube’ dispose à une de ces extrémités d’un renflement évasé en forme de court entonnoir. A la sortie de ce bourrelet, une traînée blanchâtre se forme comme on peut le voir lors d’un passage d’avion à réaction dans certaines conditions atmosphériques. Si ces éléments se voient parfaitement sur le cliché pris à ce moment, il y a cependant un détail ébouriffant que nous rapportent les témoins. En effet, cette ‘vapeur’ ne se trouve pas à l’arrière de ce ‘tube à réaction’… mais à l’avant puisque cet étrange objet n’est pas suivi mais bien précédé par ce trait laiteux! Est-ce une illustration de l’hypothèse ci-dessus dont nos amis ont été témoins ? Et pourquoi pas ?... surtout si l’on accrédite un tant soit peu les explications de Jacques Bergier qui, avec son goût habituel du paradoxe, affirmait qu'il croyait aux OVNI mais pas aux extraterrestres !

Les OVNI et le temps selon Jacques Bergier

Pour lui, ces derniers n'existaient pas, ou plus exactement ne venaient pas nous rendre visite en OVNI. « Il est possible, écrivait-il, qu'ils soient venus sur la Terre dans un lointain passé et qu'on ait façonné, sur l'image que l’humanité avait d'eux, les divers dieux primitifs.
Mais il est mathématiquement impossible, vu la distance qui nous sépare de planètes éventuellement habitables, qu'ils se manifestent aussi souvent que le prétendent les partisans de l'origine galactique des OVNI... ».
Pour Bergier, les OVNI ne viennent pas de l'espace mais du temps. Ce sont des capsules temporelles mises au point par nos lointains descendants qui font grâce à elles du tourisme dans leur passé. Cela explique pourquoi ils n'interviennent jamais de façon notoire dans les affaires humaines. Leur action interférerait sur le cours du temps et pourrait, à des millénaires de distance, avoir des conséquences catastrophiques sur leur propre présent. Bergier pense que les descriptions données des OVNI par les témoins dignes de foi correspondraient assez bien à ce qu'on pourrait imaginer de la pénétration d'une capsule temporelle dans notre continuum (comme celle vue à Périllos dans l’été 2005 ?). Il invoque pour arguments les thèses d'ores et déjà émises par les physiciens avancés sur une telle entreprise et une éventuelle ‘matérialisation’ d'un véhicule de ce type à notre époque.
La thèse de Bergier se tient même si elle paraît plus fantastique et moins immédiatement plausible que celles des ufologues traditionnels. Si les OVNI viennent vraiment du temps, il y a de fortes chances qu'ils ne prennent jamais de véritables contacts avec nous... sauf bien entendu par le biais de l’expérience ‘Chronodrome’ qui garantirait ainsi un éthique protocole de sécurité pour les deux temps !

Du fantasme à la science de Carl Sagan

Tout ceci, bien entendu, peut, à priori, paraître du domaine du pur phantasme. Aussi, nous tournons notre attention vers un autre chercheur, résolument scientifique celui-ci, Carl Sagan. Celui-ci est-il l’illustre inconnu ou le pionnier qui séparait « l’astronomie de la biologie, les étoiles des cellules, l’Homme de l’Univers » ? Ses travaux, traduits en français, restent ceux accessibles à tous, en offrant « une synthèse merveilleuse des connaissances actuelles de l’Homme sur son monde, son devenir, son évolution - une synthèse digne de celui qui, le premier, a voulu adresser un message réel aux extra-terrestres ». Et à ces mots, nous nous souvenons, pour ceux et celles de cette époque, d’une fameuse plaque en or fixée à jamais sur les flancs des ‘Voyager’ X et XI, lancés un jour de juin 1977 aux extrêmes confins de l’Univers, avec une représentation symbolique de l’humanité, son domaine et son intelligence. Certes, on peut penser que cette forme de ‘minéralogie’ peut s’altérer sous l’effet des rayons cosmiques et des poussières sidérales. Aussi, le véhicule emporte t-il dans ses entrailles un disque de cuivre plaqué or rangé dans un étui d’aluminium recouvert du mode d’emploi avec une pointe de lecture et sa cellule d’audition. Ce disque identique à nos anciens ‘vinyles’ comporte des informations sur notre cortex cérébrale et notre culture, agrémentées d’une heure et demie de musiques différentes et… le chant des baleines mégaptères en forme d’insolite message d’amour à l’attention des profondes immensités. Le disque est réalisé de telle manière qu’il doit résister… un milliard d’années ! Et ‘Voyager’ avance vers son obscur destin à une vitesse désespérément lente en rapport aux ondes d’une émission de télévision. La sonde mettra des dizaines de milliers d’années pour atteindre l’étoile la plus proche de nous alors que cette onde fera ce parcours en moins de quatre ans… De quoi rêver !
L’auteur de ce rêve réalisé nous explique par exemple que le Temps et l’Espace sont indissociables et que la plus simple machine à remonter le temps serait notre regard. Peut-être pour cette raison dit-on « regarder en arrière » ou « porter son regard sur demain » ? A mieux y réfléchir, nous disposons aussi d’un autre ticket pour ce voyage dans le temps, et c’est celui de porter notre regard sur un livre, un document, un manuscrit du type ‘mer morte’. Même pour le lecteur ne disposant pas du savoir de la traduction, notre ‘image-inaire’ nous porte il y a deux mille ans en arrière.

Un cancre nommé Albert Einstein et la vitesse de Vinci

Quant à la relativité, et son approche du temps aux étranges reflets de durée, elle est illustrée par la fameuse théorie de la relativité restreinte d’Albert Einstein (1879-1955), dont les professeurs promettaient que cet élève « n’arriverait à rien ». Mais, nous pourrions nous demander si la prophétie ne s’est pas réalisée au-delà de toutes espérances ? L’homme est fasciné très vite par le voyage à la vitesse de la lumière et il se demande ce que serait le monde si un tel déplacement pouvait se faire. Il sera le précurseur de l’idée des événements simultanés dont l’explication, trop longue malheureusement, n’a pas place ici. Einstein va codifier certaines lois imposées par la Nature. Etrangement, il sera écrit, par exemple que « Tu n’ajouteras pas ta vitesse à celle de la lumière »… comme si le profane ne pouvait se mélanger au sacré… Et plus loin, une sentence encore plus forte nous prévient, pour le Matériel, que « Tu ne voyageras pas à une vitesse égale ou supérieure à celle de la lumière »… Peut-être franchir ce tabou équivaut, toutes proportions gardées, à ne pas essayer de ‘croquer la pomme’, pour éviter une autre chute dans une autre Génération qui serait, pourquoi pas, l’ultime mémoire d’une expérience temporelle tentée par un voyageur du temps dont l’humanité n’oubliera pas le nom… un certain Lucifer… qui peut-être réussit cet impossible exploit de produire la dernière décimale pour accéder à l’innommable vitesse. Il se serait, alors, mis en opposition à cet interdit garant de l’ultime stabilité voulant que « pour que le monde soit logiquement consistant, il faut qu’existe une vitesse cosmique maximale ».
Paradoxalement, Einstein, un autre Lucifer nous ayant révélé d’autres possibles moyens de destruction de l’Humanité, découvre ces impensables lois en se promenant à vélo dans la campagne toscane. Quel étrange paradoxe -puisqu’il est précisément question de paradoxes- que ce panneau visible dans la ville de… VINCI (les amateurs de coïncidences apprécieront ce clin d’œil) où la vitesse est limitée à 40 km par heure, en ce lieu où naquit la vision de vitesses absolues et inimaginables… Mais Vinci (sans que nous précisions s’il s’agit de la ville ou d’un personnage plus âgé de 400 ans que monsieur A. Einstein) avait-il à cet instant enclenché l’hypothèse du voyage dans le temps ???

La fascinante chimère du temps et le projet Orion

vision imaginaire du vaisseau Orion

Le voyage dans le temps serait une chimère pour certains… Aussi, les chasseurs de chimères se sont-ils aussitôt pourvus de montures capables de les entraîner dans cette « chasse faramine ou maligne». Nous ne nous étendrons pas sur différents projets existant au fond de cartons extrêmement scientifiques. Nous ne sommes plus ici dans le domaine du phantasme fiévreux d’un roman de science fiction où un vaisseau du nom de ‘cygne noir’ fonce droit sur un trou noir pour le « prochain arrêt ‘terminus’ où descendent tous les voyageurs »… Nous avons laissé derrière nous les agents spatio-temporels Valérian et Laureline de notre enfance… en même temps que nous ouvrons la dernière aventure de Spirou se trouvant, le temps d’un unique album de Frank Legall, projeté « dans le temps sur les traces du ténébreux Zorglub, coincé en 1865 à la suite d’une expérience hasardeuse » (1865… n’est-ce pas aussi un excellent millésime pour voyager dans le temps de Périllos?). Non… plus scientifiquement, mais avec une certaine stupeur, nous voyons que depuis 1979 de monstrueux vaisseaux sont dessinés au bout du quai d’embarquement pour le temps. Ils ont pour nom « projet Orion » ou « projet Titled Above » ou encore « projet Bussard fusion Ramjet » dont nous donnons une vue ou deux. Le public fut-il au moins averti de ces futurs vaisseaux pour les confins impalpables des contrées oubliées du temps ? Que le lecteur veuille bien s’attarder une seconde sur les extrémités de ces véhicules de l’impossible. Il y verra, simplifiés à l’extrême, des sortes de bourrelets en forme d’entonnoir… comme nos amis - un si beau jour d’un été comme en Toscane - à Périllos, purent suivre le déplacement d’un « tube suivant une traîné comme celle d’un avion à réaction ou d’une fusée »… Avancer plus ici ne reviendrait-il pas à en dire ou admettre beaucoup trop ?

L’ouverture hasardeuse des ‘petite portes basses’ et ses coïncidences

Nous avions débuté ce petit travail, sans la moindre prétention que celle d’entrouvrir à peine quelques ‘petites portes basses’, sur l’expérience ‘Chronodrome’ de Pascal Guillaume et ses collègues. Il est donc de bon ton de refermer ce bref chapitre sur quelques attentions sur ce rendez-vous du temps du premier mai, dans le secteur, si proche de Périllos, du château de Salveterre, si improprement appelé d’Opoul.
A première vue, il ne semble pas y avoir d’autres relations, entre cette expérience et les approches scientifiques trop vite survolées ici, que le thème d’une exploration de la dimension Temps de notre Univers.
Et pourtant… oui, pourtant que pensons-nous de la brève comparaison suivante ? La mission ‘Voyager’ -juin 1977- emporte un disque gravé d’informations dans l’espoir que ‘quelqu’un’, un savant, l’intercepte, le lise et peut-être manifeste sa curiosité envers nous… des millénaires après l’envoi de cette sonde. Que penser d’une autre sonde en forme de satellite qui devrait stabiliser son attente à des milliers de kilomètres de notre planète et qui a pour nom KEO. La capsule emporte des disques du type DVD capables de supporter les attaques du temps… à l’attention, à son retour sur terre, des scientifiques d’alors. Notons l’analogie des supports et principes généraux. Pour ‘Voyager’, il faudra, dans l’hypothèse d’une réussite, des centaines de milliers d’années à des visiteurs pour venir voir qui émit ce message circulaire, doré et bourré d’espoir… en utilisant des moyens hors de nos pensées. Pour KEO, nos ancêtres, s’ils le souhaitent évidemment, devront rebrousser le temps à des vitesses et avec des moyens qui nous sont encore inimaginables… Il serait possible de trouver tant d’autres similitudes que la place nous manquerait !

En retard… pour des pensées quelquefois si profondes

Nous avons choisi de finir cette première partie sur une note dérivative… dans un autre voyage temporel qui nous conduit dans les recoins de notre enfance, en compagnie d’Alice nous entraînant dans ‘le pays des merveilles’ de son papa, monsieur Lewis Carroll.
Alice, enfant sage, douée d’une curiosité phénoménale, par un beau jour d’été (décidément, il s’en passe des choses troublantes par ces journées torrides !), lassée de s’ennuyer, voit passer un lapin blanc aux yeux roses vêtu d’une redingote. L’étrange animal, en courant, répète sans arrêt cette litanie : « En retard, en retard, j'ai rendez-vous quelque part ». Elle va le suivre dans son terrier dans un périple que nous appellerions, en science fiction, la quatrième dimension. Elle tombe dans un puits sombre où sa chute est ralentie par la corolle formée par sa robe. La descente est ralentie au moment où elle franchit un goulet débouchant sur une inversion des dimensions et de l’espace. A partir de ce moment, tout devient paradoxal, répété à l’infini (la séance éternelle du thé pris en présence du chapelier fou avec des objets sans fonds ni fin…), à la poursuite d’un temps que cherche à rattraper désespérément le sympathique gibier. De ce voyage du fond des mers aux royaumes, à celui des cartes et ceux de dimensions déformées, qui aurait duré une éternité, Alice ressort quelques secondes après…
Nous pourrions, en enlevant tout le merveilleux lyrisme de cette aventure apparemment pour enfants sages (ou turbulents !) arriver à ce bref résumé… La notion du temps poursuivi et poursuivant se suit depuis un être impossible représentant la fécondité et la vie… universelle. Les deux véhicules (Alice et monsieur Lapin) sont aspirés par un trou noir dans lequel la sonde Alice se dirige grâce à la corolle (sa robe) qui suit l’avant du trajet… Retournement dès l’instant de l’apparition des lueurs d’un autre monde où le paradoxe est roi et l’absurdité reine (absurde ou logique ?). Là, le temps n’existe plus et devient le royaume du paradoxe, du bizarre et d’une autre vision d’éléments nous échappant… Le retour se fait depuis l’ouverture de la sonde Alice… Elle a fait en quelques minutes un voyage d’une durée inconcevable dans un pays surdimensionné…
Mais alors, quel visionnaire étiez-vous, monsieur le pasteur mathématicien Charles Lutwidge Dodgson, qui écrivîtes, sous le nom de Lewis Carroll, votre fameux « Alice au pays de merveilles » ? Quel message, peut-être ‘divin’, ‘comptiez-vous’ nous transmettre ? Nous resterons admiratifs pour ce hasard numérique qui suivit votre œuvre dont il ne resterait de manière amusante que 22 exemplaires… dont 17 dans certaines chanceuses bibliothèques… et 5 chez de fortunés particuliers. Nous vous lirons et méditerons sur ces aspects spatio-temporels que vous ne destiniez peut-être pas à des enfants si sages que ça… donc des enfants ‘pas-sages’ ? Nous pardonnerez-vous, monsieur Lapin, de ne pas être restés à cette magistrale leçon de chant, langage exclusif des anges, où, sous la houlette d’une superbe IRIS, nous entrevoyions sans nous en rendre compte… « des pensées quelquefois si profondes » ?!

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André Douzet
A Pascal Guillaumes, pour son audace à défier le temps