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Les
voyageurs du Temps (2ème partie) - station Périllos |
“La plus petite intrigue fait dans
un temps
ce que les plus grands ressorts ne peuvent opérer dans un autre”-
Voltaire
Petit
préambule pour un long voyage
Cette
première partie de notre travail concernant certaines observations
peut sembler s'éloigner de notre sujet: « les voyageurs du
temps sur le secteur de Périllos ». Cependant, le détour
ne sera que pour mieux s'approcher de ce dernier, comme nous le verrons
au fil des chapitres de ce petit essai sans autre ambition que de porter
certaines choses à la connaissance de tous.
Puisqu'il nous faut ‘camper’ le thème sur cette contrée
aux confins du Roussillon, nous la fixons arbitrairement depuis une certaine
expérience en cours, qu'au demeurant nous apprécions tous,
envisageant qu'un message lancé vers le futur y déclencherait
un accusé de réception nous revenant sous n'importe quelles
formes.
De ce point, nous devrons nous pencher tout d'abord sur des éléments
d'une complexité telle qu’elle nous dépasse totalement,
comme les notions scientifiques du Temps par exemple. Nous ferons, pour
cette dernière seulement, de petits survols fixant surtout l'aspect
rationnel de ce travail qui restera forcément incomplet sur bien
des points.
Ensuite, nous établirons notre propre ligne de données depuis
d'autres constats, cependant toujours émis depuis d'acceptables,
ou du moins vérifiables, références.
Certains événements ou observations, soigneusement laissés
pour compte, faits sur cette contrée, seront non pas analysés
mais mis en lumière ou au moins signalés, sans pour autant
que nous fassions totalement nôtres leurs possibles conséquences...
Enfin, notre dernière partie sera la présentation d'un autre
travail expérimental inédit, car nous le verrons plus loin,
il est possible qu'une partie ‘d'un’ accusé de réception
soit déjà parvenue dans la plus complète indifférence
de tous.
Les
mots du temps en arrière
Au
début de nos travaux sur le voyage temporel, nous ouvrions, si on
peut s’exprimer ainsi, une porte sur le voyage dans le Temps, avec
un premier chapitre prenant ses racines dans le projet inspiré du
principe ‘temps en arrière’. Cette porte, entrouverte
avec prudence et émerveillement lors de notre première partie
de ce travail en comportant d'autres, il aurait été regrettable
qu’un vague courant d’air, couleur d’oubli, nous la claque
au nez. Aussi, même avec un peu de retard, nous décidons, non
seulement de l’ouvrir un peu plus, mais d’en franchir le seuil…
le perron… au risque de, peut-être, le trouver périlleux,
en raison de l’inconnu qui peut régner dans les méandres
de l’inconnu et de tout ce que nous ignorons.
Dans le prélude de nos travaux, nous présentions quelques
exemples de témoignages d’événements anciens
liés étrangement avec le passé surgissant dans le présent,
et d’autres références au projet et embryonnaires hypothèses
scientifiques sur le vaste sujet de parcourir le temps et surtout le remonter.
Nous avions également, à plusieurs occasions, relevé
et souligné la nuance entre le temps et la durée, souvent
confondus ou mal interprétés, pourtant intimement mêlés
l’un à l’autre.
C’est pourtant par ce point que nous poursuivons notre petite enquête
puisque de temps, et de voyage au sein de celui-ci, il va être question.
On nous dit, dans le dictionnaire, que la durée est l’«
espace de temps que dure quelque chose ». Ceci reviendrait à
dire que le premier est une fraction du second permettant de limiter un
événement aussi court soit-il. Quant au temps, le même
ouvrage de référence nous indique qu’il est une «
durée dans laquelle se succèdent des événements
». Dans ces renvois et emprunts communs, espace et temps semblent
faire bon ménage et dépendre l’un de l’autre.
Au demeurant, les exemples de langage ne manquent pas pour illustrer les
deux éléments imbriqués et pourtant différents.
Le
temps ou la mesure impersonnelle
Le
Temps peut-être significatif de tout autre chose que les passé,
présent et futur, car on peut l’utiliser sur un plan météorologique
(de bon ton en raison de la station radar-météo surplombant
les terres de Périllos) : « quel temps fait-il ? », « il
fait mauvais temps ! ». Le ‘temps’ commence à s’installer
dans le présent au moment où il pose, dans ce dernier, un
acte immédiat : « il est temps de partir ! ».
Mais le temps devient rythme défini ou répété
lorsqu’en musique il est l’unité de mesure d’une
durée musicale qui donnera par dérive en terme populaire «
en deux temps et trois mouvements » signifiant alors une idée
de rapidité.
Notre expression grammaticale fait la part belle au temps lorsqu’il
suggère précisément la notion d’une action dans
le passé, le présent et l’avenir. C’est alors
un verbe qui conjugue l’imparfait et ses dérivés pour
hier, le présent qui reste inflexible, et enfin le futur sous plusieurs
formes distinctes pour un avenir plus ou moins dénoncé…
La langue française est une des plus riches dans l’art de fragmenter
nos actes selon des cadences des plus populaires aux plus ampoulées.
Le temps se rapproche de nos attentions lorsqu’il se profile en tant
que ‘dimension physique’… ou quand, comme ‘unité
internationale’, il devient la seconde définie selon une norme
‘atomique internationale’…
En ce cas, un jour en secondes se définit selon plusieurs critères
: sidéral, solaire, terrestre, de dynamique terrestre et éphéméride.
Il se mesure, le Temps, pour figer un instant d’une journée
depuis des standards bien établis comme : le temps universel coordonné
en vigueur actuellement, puis en fonction de sa position sur le méridien
de Greenwich et enfin son standard décimal.
Pour les années, le temps devient ‘durée’ selon
les calendriers connus : grégorien, julien, hébreu, musulman
et chinois… pour les principaux. Enfin, il est ‘époque
standard’ (J2000.0) lorsqu’on attend qu’il définisse
une référence temporelle internationale.
Sa mesure s’inscrit aussi dans un système de repérage
et de mesure depuis une indication cartographique, topographique, géométrique
et de visée graduelle en degrés, minutes et secondes.
La
durée… humaine
Pour
cette seconde ‘dimension’, il en est tout autrement, car même
si en apparence on l’associe aux notions scientifiques du temps, elle
s’en démarque ‘humainement’ en comparaison au Temps
qui, lui, se déploie sur… ‘l’inhumain’, au
sens technique du mot.
Si nous nous référons à diverses définitions,
nous trouvons qu’elles situent, ou fixent, les ‘moments’
d’un fait ou d’un acte ponctuel.
Par exemple, la durée serait la période pendant laquelle un
effet peut se faire sentir ou subsister, comme ce qui est nécessaire
au rétablissement d'une ressource, d'une espèce ou d'une utilisation
humaine. La durée est encore la limite nécessaire à
l’achèvement d’une tâche comme… « une
durée de vie », un événement… de « courte
durée », un « contrat à durée déterminée
»… la « durée du sommeil » ou une «
durée légale sociale ou administrative ». On voit ici
que cette ‘unité’ gère étroitement la vie
humaine. En résumé, nous voyons que le temps, s’il est
indispensable à l’homme dans ses activités, ne le définit
ni l’inscrit en rien dans son usage… Pour la durée, il
en est tout autre puisqu’elle commence avec la naissance de l’homme
et s’achève avec sa mort, en gérant les actes jalonnant
toute sa vie... ; même si le sujet parfois a la sensation de «
perdre son temps », avoir « tout son temps » ou vouloir
tout à coup « rattraper le temps perdu »… inexorablement
sa durée se réduit jusqu’à l’échéance
ultime. Souvenons-nous des données des anciens problèmes mathématiques
de notre petite enfance qui engageaient un véhicule (le train qui
s’arrête et change de vitesse à chaque ligne droite !),
un liquide s’écoulant (l’horreur du bassin qui fuit et
se remplit !), un travail à fournir (un champ à cultiver !)…
Il fallait alors donner une réponse à une question du genre
« quelle sera la durée de… ? » et, dans ces casse-têtes
scolaires, jamais ne se présentaient alors les termes de «
combien de temps mettra… ». Aujourd’hui, il en est tout
autre avec l’invasion du temps qui nous interdit de savoir s’il
s’agit de la météo ou de la durée!
Passé,
présent et futur
Nous
aurons l’occasion de reprendre ces nuances entre le Temps et la durée
au cours de notre travail suivi du projet que nous envisageons. En attendant,
il faut aborder d’autres détails pouvant soulever des contrariétés
irritantes dans nos notions et les bases du voyage dans le temps, si tant
est qu’il soit accessible un jour à l’homme.
En effet, nous avons le schéma d’une expérience, par
exemple, qui attend un éventuel signal arrivant du futur… donc
selon la trajectoire « futur – passé » qui devient,
de fait, « présent – passé ». Tout cela
est très bien selon notre notion des temps ‘passé’,
‘présent’ et ‘futur’. Cependant, imaginons
un instant que, dans 50.000 ans, la réception de cette demande ‘d’accusé
de réception’ se fasse, et pourquoi pas, dans le contexte d’une
tradition mésopotamienne ancienne… pouvant être celle
choisie comme leur par des scientifiques recevant et exploitant l’insolite
supplique. Tout serait bien jusque là, s’il n’y avait
pas le fait qu’autrefois, pour cette tradition, le présent
se situait devant et le futur derrière ! On imagine l’ennui
si, dans 50.000 ans, la réception d’une sorte de demande d’accusé
de réception se fait dans un pays où une tradition (car on
ne sait rigoureusement rien de ce que pourront penser philosophiquement,
ou religieusement nos descendants) de ce genre soit devenue courante après
avoir supplanté les autres qui eurent, et ont encore, leur temps
de gloire. C’est là que la belle aventure tournerait au vinaigre,
car suivant cette vision philosophique ancienne, l’accusé de
réception partirait logiquement en direction opposée…
et l’expéditeur pourrait toujours attendre le facteur qui vient
de s’en aller à ses antipodes! Mais rassurons-nous face à
ce stupéfiant scénario, car tout finirait par s’arranger
si on sait que, toujours dans cette tradition, les choses se réorienteraient
d’elles-mêmes selon une solution rationnelle -heureuse pour
nous- car dans la mesure où l’intérêt se porte
intensément sur le ‘demain’, le temps nous conduirait,
de manière rassurante, en avant ! Ceci n’était que le
plus petit distrayant exemple d’un ‘grain de sable’, car
il pourrait y en avoir bien d’autres, grippant gravement les rouages
bien huilés d’une rencontre hypothétique de deux temps
différents. Des problèmes de toutes sortes pourraient se dresser
sous tant de formes, dans ce genre d’expérience, qu’il
nous paraît impossible de les imaginer tous. Mais, bien entendu, nous
avons toute confiance en ceux qui tentent l’impensable en s’entourant
des précautions les plus scientifiques qui sont les leurs…
Ces dernières, n‘en doutons pas, veilleront farouchement de
manière à réduire à sa plus simple expression
la liste des possibilités de capotage du projet. Le rationalisme
et la science nous rassureront comme à leur habitude.
Hypothèse
de la flèche du temps
Ensuite,
il resterait à savoir sur quelle définition du ‘temps’
doit reposer une expérience de voyage temporel, si tant est qu’elle
soit jouable ou strictement cadrée. Par exemple, nous lisons, sur
le site Wikipédia,
que précisément : « Le temps n'est ni la durée,
ni le mouvement » ; en clair, il n'est pas le phénomène
temporel. Ce n'est pas parce que des événements se répètent
que le temps est nécessairement cyclique. Cette prise de recul, distinction
entre temps et phénomène, sera relativement effective au cours
de l'histoire en sciences et peut-être moins en philosophie, parfois
victime des apparences sémantiques.
Toutefois, en distinguant ainsi le temps et les événements
portés par lui, surgit une dualité embarrassante : dans quelle
réalité placer ces phénomènes qui surviennent,
si ce n'est dans le temps lui-même ? Le sage dira : « dans le
cours du temps. » Cette scène animée des phénomènes
est séduisante et juste, mais il faut prendre garde au piège
sémantique. Le cours du temps, c'est ce que beaucoup ont figuré
dans leurs cahiers d'écolier par la droite fléchée
: au-delà de l'amalgame trompeur avec le mouvement, il y a l'idée
de la causalité, et aussi de la contrainte. Le cours du temps illustre
la sensation de chronologie imposée, qui est une propriété
du temps pour lui-même. Il faut noter que rien ici n'indique encore
l'idée de changement ou de variation. Il s'agit véritablement
d'un cadre, du Chronos – du devenir rendu possible par Kronos. L'homme,
pour sa part, devient, et les phénomènes, eux, surviennent.
C'est là l'affaire de la flèche du temps, qui modélise
les transformations au cours du temps, ou plutôt, « au cours
du cours du temps. » Elle est une propriété des phénomènes
». (fin de citation)
Les
rayons du temps…
C’est
pourtant là qu'avec regret nous allons nous séparer des ‘savants’
et nos routes vont diverger un petit peu. Nous laissons, certes avec nostalgie,
les rigides mais si apaisantes certitudes scientifiques de la docte expérimentation,
pour nous lancer en quête de faits, rumeurs et traditions pouvant
nous apporter des indices jusque là méprisés…
car « il n’y a de bonne compagnie dont il ne faille se séparer
».
Nous allons tout d’abord nous arrêter sur le principe de l’inversion
du ‘temps’ et de sa mesure dont l’unité est la
seconde universelle. Et cette seconde qui scande nos vies s’inscrit
sur des instruments de mesures, appelés plus communément des
horloges, pendules et aussi montres. Les horloges se trouvaient certes dans
les demeures de nos grands-parents et, comme un cœur, y battaient le
rythme de leurs habitants… d’ailleurs, au décès
du maître de maison, on stoppait le balancier doré et on voilait
parfois le cadran aux douze fractions jusqu’à l’enterrement
du mort. Les horloges sont aussi aux frontons des bâtiments administratifs
ou de fonctions publiques pour rythmer les activités… toutes
les activités humaines. Ceci s’entend pour les foules. Pour
les individus, de manière personnelle, il y a les montres…
Et encore avant, il y eut tout ce que le génie humain put mettre
en action pour marquer ses durées au mieux de ses moyens. Ainsi,
les rayons du petit musée du temps s’emplissent pour notre
émerveillement de clepsydres, sabliers, cadrans solaires et autres
nocturlabes.
…
et la petite machine à le remonter
Si
nous restons nostalgiques devant cette profusion, il nous faut toutefois
passer par l’événement de notre petite machine à
remonter le temps. Si certains de nos propos sont parfois sévèrement
soumis à caution par quelques grincheux de service, cet objet ne
peut l’être car tous nos contestataires l’ont eu en main
et vu fonctionner… surtout ceux intéressés par le ‘temps
à rebrousse poils’. A ce jour, personne n’a pu définir
ou analyser ce fonctionnement inversé mais seulement admettre que
cette banale montre ‘à quartz’, un matin de juillet,
s’est mise brutalement à partir à l’envers pour
ne plus s’arrêter de fonctionner ainsi depuis des années
! Il est utile de rappeler que cet objet, sous garantie et quasiment neuf,
fonctionnait parfaitement jusqu’au moment où l’élastomère
fait depuis le moulage de l’abbé Saunière a été
démoulé devant nos yeux. On ne saura jamais si ce fut l’effet
du hasard ou autres ‘chocs’, mais c’est à l’instant
où cette empreinte inversant parfaitement ce volume, commandé
par le curé en question, montrait la réalité topographique
d’un secteur bien défini des anciennes terres de Périllos.
Dans le cadre qui nous intéresse présentement, les raisons,
s’il y en a, ne sont pas notre premier souci. En échange, nous
retenons le fait incontestable d’un instrument qui, sur une fraction
de seconde, s’est mis à ‘remonter le temps’ de
manière imperturbable. Le responsable de l’expérience
ayant attrait à un ‘contact avec nos descendants’ s’est
lui-même penché sur ce problème en se promettant de
tenter de lui donner une solution. A ce jour, cet honorable ‘incrédule’
a réussi la reproduction du phénomène… en démontant
entièrement une ‘horloge à quartz’ (en raison
d’un mécanisme plus volumineux, donc plus facilement observable)
et en inversant une pièce du mécanisme. Si le résultat
est similaire, il démontre parfaitement l’impossibilité
de reproduire l’expérience sans rien démonter sur les
pièces quasiment microscopiques d’une petite montre, embouties
en force au montage.
Le fait est, même et surtout pour ceux à qui ça ne plaît
pas, que cet instrument de mesure du temps le remonte précisément.
Exception !!!!! nous clameront nos joyeux antagonistes… et mais oui,
pourquoi pas une exception ?! L’important c’est qu’une
exception est une rareté… une « curiosité »…
une pièce de collection quasiment unique dirions-nous. Alors que
si le ‘point focal’ de la « curiosité » mérite
le détour ou l’attention, la banalité, celle qui se
mesure à « plusieurs milliers » d’exemplaires (comme
dit parfois scientifiquement pour certaines anomalies géologiques),
n’offre pas le moindre intérêt, pour nous du moins si
nous ne faisons pas du commun banal à centaines d’exemplaires
notre tasse de thé.
Nous pourrions en rester à ces constats et considérer notre
machine comme une très rare et amusante anomalie en la matière.
Nous pourrions nous en tenir là si nous n’avions pas fait des
recherches sur le sujet et obtenu des résultats pour le moins surprenants
; surprenants car il s’agit d’un document faisant état
d’un fait similaire avec toutefois la différence que le phénomène
était voulu comme nous allons le voir ici.
Les
« Arrests mémorables du Parlement de Paris »
Jacques
Yonnet, lors de recherches documentaires (dans les années 1950) dans
un recueil du nom de « Arrest Mémorables du Parlement
de Paris », découvre un fait insolite dont il prend copie.
Celui-ci ayant fait l’objet d’une enquête et d’un
compte rendu officiel auquel se trouve mêlé un certain François
L'Hermite, descendant du prédicateur de la première croisade,
sieur du Soliers dit Tristan L'Hermite. Ce dernier tenait sous sa protection
un maître artisan qui « vendait et réparait des mécanismes,
à l'époque fort précieux et rares, destinés
à fractionner le fil des heures ». L'homme, un oriental converti
au christianisme, était apprécié pour son art qu'il
exerçait ruelle d'Amboise, près de la place Maubert...
Les autorités en place constatèrent que « le pieux Biber
» avaient certains clients, les plus vieux et fortunés, qui
non seulement semblaient de moins en moins subir l'attaque des années
mais rajeunir considérablement. Après enquête, on apprit
qu'il préparait en grand mystère, pour eux, des horloges dont
la caractéristique essentielle n'était pas d'indiquer laconiquement
les heures, mais bel et bien de tourner à l'envers! Et, pire ou mieux
encore, les propriétaires dont le nom était gravé sur
l'axe des rouages principaux voyaient leur vie suivre le même sens
que l'étrange mécanisme... Ils remontaient leur propre temps.
On dit que certains de ses clients ‘temporels’ furent effrayés
de voir leurs familiers vieillir puis décéder pendant qu'eux-mêmes,
non seulement ne montraient nulle dégradation d'usure... mais, au
contraire, présentaient tous les symptômes d'un étrange
rajeunissement ne pouvant que les faire soupçonner de pacte avec
l'Enfer. Ils vinrent s'enquérir de ce qu'ils subissaient alors que
lui, Oswald Biber, restait imperturbablement le même. S'ils craignaient
ainsi de remonter le temps jusqu'à leur enfance, ils étaient
surtout terrifiés par l'horreur d'atteindre la date de leur naissance
inscrite au cadrant des horloges de jouvence, instant fatal où ils
retourneraient dans les limbes. Le pire pour eux était alors de ne
rien savoir de ce qu'il pouvait advenir de leur âme une fois ce passage
franchi pendant que l'horloge poursuivait son inexorable chemin vers le
passé. Il leur aurait répondu que lui même avait bénéficié
de la science de son propre maître lui ayant fabriqué une horloge,
avec son nom sur les rouages, dont la particularité était
de fonctionner un jour à l'endroit et un autre à l'envers...
détail mécanique qui le figeait dans le temps tant que la
machine pouvait fonctionner. Evidemment, le vieux vénitien lui avait
enseigné son art tout en refusant de donner l'apothéose de
son magistère, c'est à dire le mode de construction d'une
telle mécanique.
La
chronique explique qu'en ayant quelque peu chamaillé le maître,
ils renversèrent et cassèrent ainsi l'objet des convoitises.
Le lendemain, tous les acteurs furent trouvés morts et leurs corps
mis au charnier sous le ‘grand anathème’ et là
ensuite « estoit la terre si pourrissante qu'un corps s'y consumoit
en neuf jours ». Certes, on peut penser à une légende,
un récit imaginaire ou populaire. Le problème est que ceci
est extrait d'un document de la ‘Nationale’ collationnant les
‘Arrests mémorables du Parlement de Paris’, et si on
peut en sourire, on le pourrait de même s'il n'y avait eu des témoins
certains, y compris et surtout parmi nos antagonistes, de notre petite machine
à remonter le temps... L'ennui, en ce qui la concerne, est qu'elle
fonctionne toujours aujourd'hui, veillée avec attention par un professionnel
en horlogerie qui n'a toujours aucune explication à fournir sur ce
phénomène. Il reste que les anomalies de cette mécanique
à dépecer le temps nous posent une question agaçante
au possible: est-elle le fait d'un hasard des plus purs ou celui d'une sorte
de volonté ou de destin sur lesquels nous ne pouvons rien savoir?
Dans ce dernier cas, quel serait le but avoué, et non encore perçu,
de cet événement hors du commun? Bien entendu, de ce point
on peut se demander s'il n'y aurait pas là une forme de ‘programmation’
faite pour attirer l'attention de quelqu'un, pas forcément de notre
‘côté’, pouvant en interpréter l'information...
à toutes fins utiles à propos des énigmes ‘périllossiennes’...
Si rien ne le prouve formellement, il faut en échange tenir compte
que rien ne peut non plus le contredire ou le prendre comme un délire
de notre part!
Nous ajouterons sur le sujet que plusieurs rois, princes et empereurs se
montraient à la recherche de ces machines à inverser le cours
des événements. Nous reviendrons sur ces chefs de nations
de toutes époques pour notre plus grande surprise.
Le
temps aux multiples visages
Nous
ne sommes pas experts en matière de temps pour nous avancer seuls
à définir certaines de ses particularités. Cependant,
ignorer celles-ci nous ferait à nouveau taxer de ne progresser que
sur un empirique terreau. Aussi, avons-nous décider d'inviter le
lecteur à consulter, tout simplement sur un moteur de recherche quelconque,
les travaux d'Albert Einstein et messieurs Stephen Hawking, Franck Tipler,
David Deutsch et autre Kurt Gödel.
Nous voudrions ajouter, à ce stade, que le voyage potentiel au long
du temps ne semble pas forcément dépendre de ce dernier si
on considère qu’il ne nous appartient pas et ne nous gère
pas vraiment. En ce sens, l'illustration la plus simple serait que scientifiquement
il n'y aurait pas de temps absolu, comme le démontrerait l'hypothèse
que des horloges identiques, aux mains d'observateurs différents,
ne devraient pas forcement indiquer la même heure. Ceci pose un réel
problème de rendez-vous du temps s'il ne s'affiche pas identiquement
pour nous et... pour nos descendants, dans le mince créneau de 3600
secondes par an où l'attente se déroule. Plus que le terme
‘rencontre’, il nous faudrait préférer celui de
‘rendez-vous manqués des voyageurs du temps’... ce qui
signifierait que les protagonistes ont fait leur travail... mais pas en
même temps, ce qui serait ennuyeux, si on peut s'exprimer ainsi.
A ceci, il faut ensuite poser quelques questions simples.
La première sera de se demander si la race humaine aura survécu
environ 50.000 ans, depuis notre XXe siècle…
La seconde sera de savoir
si nos descendants ne seront pas redevenus des primates ou des êtres
réduits à s’entretuer pour survivre chichement si un
cataclysme s’est abattu sur notre planète.
La troisième sera, non seulement de supposer que ce voyage dans l’illimité
est au programme des possibilités de l’Homme… mais aussi
à quel stade de son évolution…
La quatrième, plus inquiétante, sera de deviner si notre race
voudra, ou non, nous joindre, tant nous risquons de l’effarer par
nos comportements qui parfois feraient honte aux animaux…
La cinquième, enfin… si ce pari est engagé, sera de
savoir si nous serons, eux et nous, sur les mêmes fréquences
d’une identique échelle du temps, de la durée…
des réalités cartographiques dans 50.000 ans, et des niveaux
technologiques d’alors. Nous maintenons ces remarques aléatoires
car, par exemple, il serait bien prétentieux, et surtout peu scientifique,
de supposer que latitudes et longitudes telles que nous les vivons seront
maintenues en l’espace de 50.000 ans.
Ce qui revient à dire que rien ne prouve que ce genre de projet soit
totalement réalisable… depuis les écarts qui se seront
creusés sur bien des points entre demain et aujourd’hui. Pour
illustrer ceci, nous pouvons supposer que notre ancêtre de Tautavel
communiquait avec ses semblables sans trop que nous sachions comment. Si
on exclut les idéogrammes et les signes, ce qui lui servait, pourquoi
pas, de langage nous serait-il accessible aujourd’hui ??? La réponse
est difficile à deviner, mais elle a de solides chances d’être
un « non » retentissant quand on sait que d’un pays à
un autre on ne peut, sans avoir notions des langues pratiquées, pouvoir
échanger correctement. En matière de langage, toujours sur
ce registre, nous sommes aujourd’hui incapables de traduire correctement
l’écriture des pascuans (Ile de Pâques), pourtant pas
si loin de nous sur l’échelle du temps ou de la durée
! Ce peut être ensuite d'insurmontables incompatibilités quand
on sait qu’en moins de 15 ans, la graphie en termes radio et communication
a changé et que, dans moins de deux siècles, l’usage
de ce mode sera bon pour les oubliettes, tout comme l’usage du ‘tam-tam’,
du sémaphore ou des signaux de fumée par exemple. De même,
nous pourrions nous inquiéter de savoir si on n’utilisera pas
simplement des impulsions cervicales pour communiquer sans plus rien comprendre
du maniement d’instruments de communications obsolètes depuis
des siècles. Il y a moins de 40 ans, les transmissions militaires
utilisaient de lourds moyens du type ‘T.R.P.P.’ pour établir
des liaisons parfois capricieuses, d’un point à un autre en
rase campagne, alors qu’aujourd’hui le matériel E+R est
de plus en plus compact, fiable et peu gourmand en énergie.
La
réduction arbitraire des termes scientifiques
Enfin,
à tout vouloir réduire en terme scientifique, on en oublie,
ou efface volontairement, tout ce qui nous est encore inimaginable et qui
sera peut-être anodin dès demain matin. Si au Moyen-âge,
on avait prophétisé éclairer une pièce, une
demeure entière, seulement en manipulant de petits contacts et à
l’aide de sorte de récipients de verre soudainement luminescents…
on aurait été bon pour le bûcher pour commerce avec
le démon… Aujourd’hui, qui d’entre nous a la sensation
de signer un pacte avec l’Enfer en allumant son poste de TV, en prenant
l’avion, son téléphone ou des antibiotiques ??? Depuis
de possibles constats dissimulés, ou faits insolites, tous d'un aspect
entièrement irrationnels qui nous font sourire, c’est pourtant
d’idiotie, de crétinisme ou d’affabulations éhontés
que nous serions taxés en avançant de possibles fractures
ou ‘accidents’ dans le temps, la durée et l’espace
d’un secteur se réduisant à… un plateau de Salveterra
ou aux terres anciennes de Périllos!
Ce qui nous étonne encore plus, c’est cette résolution
expérimentale à ne prendre en compte que le seul facteur de
la demande et non celui de la réception car tout est fait unilatéralement,
et c'en est pour le moins curieux. On a la sensation que rien n'est laissé
à l'initiative de nos descendants... que tout est limité dans
les marges de la courtoisie et diplomatie élémentaires en
matière de manœuvre, et c'est un premier paradoxe... puisque
de paradoxe on nous entretiendra à certains moments des hypothèses
de bases. Les incontestables limites que nous relevons, sont celles-ci:
Pour le temps, on prend une première durée de 50.000 ans...
puis une autre, plus modeste, de 50 ans... A ces deux durées, on
en ajoute une plus courte, initialement prévue durer plusieurs heures,
pour finir par se réduire à 1 heure... jusqu'à une
peau de chagrin qui serait l'acceptation d'un simple signal émis
durant quelques secondes. Enfin, il y a le choix du ‘créneau’
temporel de l'événement, car en effet tout ceci demande la
précision de l'instant du fameux rendez-vous tant attendu. Ce dernier,
de fait, est arrêté à un seul et unique jour sur notre
calendrier. On est heureux que la série s'arrête là
où nous pouvons encore concevoir l'esprit de durée à
l'échelle d'un humain. Ce n’est pas encore tout car la cerise
sur le gâteau des gourmands du temps est que le satellite emportant
dans son ventre rebondi les messages indispensables à donner l’info
et la demande… n’est toujours pas parti et, depuis dix ans,
on reste haletant de départ de tous nos espoirs scientifiques…
évidemment.
Ensuite, à la dimension ‘Temps’ s'ajoute celle de l'Espace
géographique. A cet effet, les responsables fixent un point de rencontre
ou de réception... que nous avons vu changer plusieurs fois d'emplacements,
depuis le début de l'étude, tout en restant dans un périmètre
général. Il change tant, ce point, que lorsqu'il reste fixe,
il bouge quand même selon ses coordonnées, une fois depuis
les données GPS des satellites américains... et ensuite selon
celles des satellites français!
Officiellement, l'expérience ne commencera qu'avec l'envoi dans l'espace
d'un satellite répondant au beau nom de KEO. Cette dernière,
comme nous l’avons vu, ayant dû débuter il y a déjà
près de 10 ans, c'est dire qu'on a déjà pris une sérieuse
option sur le crédit temps ou... durée !
Nos descendants, s'ils sont un tant soit peu plus minutieux que nous ne
le sommes, et surtout enclins à nous répondre, tableront sans
doute leurs calculs avec une minutie et une rigueur scientifique qui n’est
pas celle du début de cette histoire. En effet, cette dernière
semble adaptée visiblement au gré, non pas des impératifs
scientifiques, mais bel et bien du rythme de tâtonnements dont pourtant
nous ne pouvons douter de l'inflexibilité scientifique voulue et
démontrée dans ce cadre et ses annexes géologiques
alentours. Et si tel est le cas, nous n'y sommes rigoureusement pour rien,
sinon d'en faire la réflexion dans un but éducatif et scientifique.
A suivre : Une porte temporelle ouverte sur les terres de Périllos?
André Douzet